Lecture au Baron: Frederic Beigbeder & Marco Caramelli

Célèbre club privé, Le Baron semble se lancer dans une nouvelle aventure avec ses séances de « café litté ». En guests dans le très secret haut lieu des soirées parisiennes : Marco Caramelli et Frédéric Beigbeder, venus présenter respectivement Les Nouveaux Monstres et Oona et Salinger. Une première pour Marco Caramelli, docteur de formation, qui se révèle dans son recueil de nouvelles portant sur les relations amoureuses, dans toute leur complexité, vues par l’auteur.

 

L’événement est programmé pour 22h00 mais c’est sans compter sur la ponctualité des artistes. Arrivés à 22h45, on assiste à la présentation de leurs œuvres dans une ambiance « Baron », lumières tamisées rouges et débauche ancrée jusque dans les fauteuils rouge Empire.

Beigbeder présente le recueil de son comparse et inversement. Néanmoins, rien d’officiel, on sent les auteurs comme installés dans leur salon. Évidemment, le choix du lieu n’est pas anodin, le Baron semble être un lieu nocturne propice au débat sur la muse.

Pourquoi avoir choisi le Baron ?

Pour Frédéric Beigbeder, la réponse paraît évidente, il faut sortir du cadre poussiéreux et académique de la bibliothèque et investir tous les lieux nocturnes s’y prêtant. Après tout, c’est la nuit qui a inspiré bon nombre de nos mentors maudits. L’ancien bordel, son arrestation, la blanche colombienne, la vodka-get, tout ici inspire à se livrer sur sa conception de la « muse ».

Marco Caramelli met en exergue la frustration qui passe, entre autres, par l’intimité qu’offrent ces endroits underground. Ce sentiment de privilège alimente le narcissisme des artistes en général nous dit-il.

Après la lecture d’extraits de leurs œuvres, une question survient alors, peut-il y avoir une muse pour plusieurs artistes et plusieurs muses pour un artiste ?

Frédéric Beigbeder prend la parole en nous rappelant les 9 muses de l’Antiquité et sa définition personnelle de la muse. Elle est selon lui une inspiratrice, une égérie. Marco Caramelli identifie une muse « fondatrice » puis d’autres muses « de la maturité ».

 

 

Puisque la vision de la muse diffère chez l’un et l’autre de nos hôtes, il conviendrait de la qualifier. On assiste alors à un combat de qualificatifs propres à chacun :
Pour Frédéric Beigbeder, la muse doit être à la fois insaisissable, salope, pute mais pure tandis que pour Marco Caramelli elle est manipulatrice, mystérieuse mais charmante, nymphe avec de jolis pieds.

 

Mais alors, toute femme peut-elle être muse?

Frédéric Beigbeder a un avis tranchant sur le sujet, il est « contre la démocratie en art », inspirer un artiste ne semble pas pouvoir être à la portée de toutes.
Marco Caramelli défend un tout autre point de vue en avançant que, bien souvent, les femmes capables d’aimer vraiment sont sans artifices, authentiques, pas nécessairement socialement aisées.

En résumé, nous découvrons une « faction » de Frédéric Beigbeder écrite, avec toute la passion que nous lui connaissons, basée sur une relation idyllique et un recueil de Marco Caramelli qui dépeint les relations amoureuses de façon humoristique.

 

Merci encore à Yaël de Toute la culture qui a permis à cet événement de voir le jour.

 

Correction: Aliciane     Bannière de l’article: NephilimK