Au bonheur des dames!

Voici que s’achève la journée internationale de la femme, et j’avoue en éprouver un certain soulagement car ce jour tant qu’il sera célébré aura ce goût amer: celui de se sentir désignée comme un corps différent au sein de la société, celui de se voir rappeler les maltraitances diverses et variées subies à chaque instant aux 4 coins du globe. A cela s’ajoute plus vilement, l’engorgement de ma boîte mail, saturée d’offres « hommage » me permettant de bénéficier de réduction X ou Y sur des produits dont le prix de départ est en prévision gonflé… En résumé c’est une journée dédiée « aux femmes victimes/consommatrices ». Il n’y a pas à dire, si cette république me demandait mon avis sur le maintien de cette journée, je voterais « non merci j’ai eu ma part », mais la république si elle sait « fêter » les femmes ne semble pas très encline à les consulter.

 

La journée internationale de la femme c’est avant tout un souvenir. Le souvenir des luttes féministes ménées au début du XXème siècle. En France, aux Etats-Unis, en Russie… c’est à l’initiative de l’allemande Clara Zetkin que la première journée internationale de la femme a lieu le 19 mars 1911. Le droit de vote! Des droits équivalents aux hommes dans le travail! Cette journée est initialement un combat et c’est grâce à une poignée de femmes et d’hommes que le droit d’accéder aux urnes est accordé peu à peu à nous toutes, heureuses occidentales!

 

 

*Pour tous exceptés…

C’est justement en repensant à cette scandaleuse épopée du Droit de Vote* que je me suis souvenue que si les françaises avaient du attendre 1944 (ça me fait toujours un peu froid dans le dos le rappel de cette date), ils n’avaient pas fallu attendre le XXème siècle pour que le sujet soit débattu. Nos bienheureuses ancêtres insulaires furent de part le monde les toutes premières à se voir octroyer le droit de vote. En effet en 1755, la République de Paoli octroie très clairement le droit de vote aux femmes dans sa constitution. Pascal Paoli était inspiré par les lumières de France et d’Europe; les français qui s’emparent de l’île en 1769 suivront d’autres inspirations et supprimeront hélas immédiatement ce droit.

 

 

1755-1769, un record historique

Mais est-ce l’unique symbole historique de l’égalité homme-femme en Corse?

Sur ce point historique plus technique je laisse la main à Anna car elle doit avoir quelques précisions à nous donner.

 

La famille en Corse au 14ème siècle est au centre de la société, elle en est le pilier. Cette conception méditerranéenne dérive du système grec dans lequel il ne peut y avoir de communauté politique (cité) sans communauté domestique. Néanmoins, eu égard au caractère patriarcal et aristocratique de la famille Corse, il est intéressant de constater que les femmes ont bénéficié de droits relativement tôt, notamment en matière de succession, avec les statuts de San Colombano dans un addendum de 1498. Le principe de l’égalité successorale énonce ainsi qu’en l’absence de testament du défunt, le « bien » du père doit être attribué au fils mâle ou à la fille légitime ou au bâtard. Leur acceptation de cette succession est pour eux un devoir, ils ne sauraient y renoncer comme cela était permis dans certains statuts comme ceux de Florence. La coutume traditionnelle Corse admet la succession de pleins droits: les héritiers en sont donc les bénéficiaires réservataires. Ces derniers ne peuvent être que les descendants en ligne direct du père. Dès lors, il semble intéressant de souligner l’égalité entre les descendants, sans privilèges accordés à l’un d’entre eux quelque soit leur âge ou leur sexe. En dépit de la pater familias, il est intéressant d’observer les droits des femmes selon les sociétés et selon les époques. Les sociétés méditerranéennes sont parfois assimilées à tord à des sociétés hostiles aux femmes mais les statuts de San Colombano nous montrent l’avancée du combat pour les droits des femmes sur certains aspects.

Humhum.. Merci Anna pour ce point historique de droit! De mon côté je vais peut-être relire 2 fois ce paragraphe car je ne suis pas encore remise du choc de ce scoop!

A prestu!

 

Crédits texte:

Nephilimk (part1)

 Anna M. (part2)

 

A tous les hommes et les femmes de bonne volonté, allez-en paix!

 

 

 

 

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