Ecole démocratique de Corse

Ecole democratique de corse ajaccio

Les enseignements alternatifs se popularisent en Corse. Découvrons un nouvel exemple de ces écoles qui repensent le processus d’apprentissage.

Si vous avez des enfants entre 4 et 19 ans , sans doute avez-vous déjà entendu parler ou serez-vous intéressés par le concept alternatif de l’Ecole Démocratique de Corse. Evviva a décidé de s’intéresser à l’exemple d’une de ces écoles alternatives bénéficiant d’un regain d’intérêt ces dernières années.

Comme son nom l’indique l’Ecole Démocratique de Corse (ou E.D.C.) met la prise de décision commune et la responsabilisation au centre de son fonctionnement. Des consultations de chacun sont organisées toutes les semaines. L’acquisition de l’autonomie et la collaboration entre les enfants sont d’autres axes fondamentaux.

Une école pas comme les autres dans la cité impériale

Située dans la Résidence d’Ajaccio (Bât. C – Rue Nicolas Peraldi ) à Ajaccio, votre  web magazine Evviva a visité cette école pour vous. Nous souhaitions :

  • découvrir leurs locaux dans un premier temps
  • puis en apprendre plus sur les méthodes d’apprentissage proposés.

Issue du projet « La boussole », en développement depuis quatre ans, cette école a ouvert ses portes lors de la rentrée 2019.

Allons ensemble explorer ce lieu d’apprentissage. Une école assez unique en son genre et made in Corsica.

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Interview à l’Ecole Démocratique de Corse

Magalie Bartoli, l’une des « encadrante-enseignante », a répondu aux questions de ‘Evviva’

Evviva : « Il y  a-t-il une journée type à l’E.D.C. ? »

Magalie Bartoli : « Non, chaque jour est vraiment différent, les activités sont modulées au gré des envies des membres. Les enfants ont à leur disposition divers éléments matériels : salles, ouvrages divers et variés, jeux pédagogiques, ordinateurs, instruments de musique et matériel de dessin. Les ressources humaines sont qualifiées dans de nombreux domaines. Il y a néanmoins de la récurrence en terme de temporalité. Les enfants arrivent le matin, notent leur heure d’arrivée, mettent leur repas au réfrigérateur, et vont voir ce que les enseignants-encadrants sont en train de faire et choisissent l’activité qu’ils souhaitent »

Evviva : « Quelles sont alors les activités les plus récurrentes ? « 

Magalie Bartoli : « Il y a toujours des temps de propositions d’activités, des temps pour les décisions collectives. De ce fait il y a l’apprentissage de l’argumentation pour défendre ses choix et besoins. Les enfants se familiarisent aussi avec l’abstention. Il y a aussi le comité d’arbitrage pour que tout se déroule toujours bien. Les formulaires apprennent à structurer une pensée. Nos membres se construisent dans et par la vie en communauté, de la justice. On cultive la curiosité et tous s’instruisent à leur rythme, dans le respect de tous. Ils créent eux-même leur organisation et choisissent leurs activités. Les possibilités sont très larges et permettent aux enfants de déployer leur potentiel. Les « encadrants-enseignants » sont toujours là pour les épauler. Notre école accorde également une grande importance aux émotions, de ses acteurs, à leurs identifications et à leurs bonnes utilisation. « 

Evviva : « Pensez-vous que les « élèves » issus de votre école seront bien préparés pour vivre avec les enfants issus du cursus classqiue de l’éducation nationale ? »

Magalie Bartoli : « L’ apprentissage au sein de notre école s’appuie sur les spécificités de l’enfant. En effet, toute pédagogie devrait se faire en se greffant sur les affinités et compétences préexistantes de chaque enfant. C’est une méthode naturelle. Les connaissances par la suite seront ainsi très solidement acquises, durables dans le temps et adaptables à toutes situations de vie . De plus, un inspecteur d’académie peut à tout moment venir évaluer le bon déroulement des compétences de chacun des élèves en vue d’un suivi global de ces derniers. »

D’où viennent les écoles alternatives dites « démocratiques » ?

L’idée d’une autre forme de pédagogie n’est pas nouvelle. Concernant les écoles démocratiques :

La plus ancienne école de ce type est l’école Summerhill, fondée en 1921 en Angleterre, et toujours en activité aujourd’hui.

Ensuite imité par les États-Unis, avec la Sudbury Valley School. Elle fut la première de plusieurs centaines d’écoles similaires.

En France,« La croisée des chemins » fut la première école démocratique à voir le jour en 2014 à Dijon, suivie par « l’École Dynamique » en 2015 à Paris et « l’École Nikola Tesla » en 2016 à Lyon. En 2019, « l’EDC » ouvre à Ajaccio.

Il existe différents modèles d’éducation démocratique. L’École Démocratique de Corse a choisi de se former et de s’appuyer sur le modèle Sudbury qui a remporté le plus de succès sur le plan éducatif.

Le magazine Evviva remercie l ‘Ecole Démocratique de Corse pour son accueil chaleureux.

Pour plus d’information sur l’EDC, rendez-vous directement sur leur site .

Du Lazaret d’Ajaccio à François Ollandini

françois ollandini interieur

‘Les Corsettes’ ont eu le plaisir d’être reçues au Lazaret Ajaccio.

Revenons d’abord sur ce lieu important, et unique en Corse, qu’est le Lazaret.

Histoire du Lazaret d’Ajaccio

Dans le golfe d’Ajaccio, le Lazaret a été construit, comme dans tant d’autres villes portuaires, pour mettre en quarantaine les marins et leurs passagers lors des épidémies. Ce besoin se crée progressivement à partir de 1774, date à laquelle les autorités françaises interdisent aux pêcheurs corses de remonter le corail local (prétextant l’épuisement des fonds marins). Ces pêcheurs s’engagent alors dans la Compagnie royale et perpétuelle d’Afrique qui pêche du corail en « Barbarie » comme on appelait alors les pays de l’Afrique du Nord. À leur retour, ils doivent observer une quarantaine obligatoire à Marseille, Livourne ou Gènes. Ils réclament donc la construction d’un lazaret à Ajaccio pour s’épargner les frais d’un voyage plus long vers les ports français ou italiens. Ce n’est qu’après de nombreuses avaries et naufrages, que le ministre français de la Marine consent enfin à cette construction. Les travaux ne commenceront en définitive qu’en 1843.

Acquis en 1996 par François Ollandini, dont la famille est connue pour être pionnière du développement touristique en Corse, le Lazaret a été entièrement rénové. Le projet est inauguré en 1999, et il s’est depuis imposé comme une place culturelle majeure de la cité impériale d’Ajaccio.

 

Le lazaret et son programme culturel

 En premier lieu, le Lazaret est désormais connu (et reconnu) pour ses fameuses « Rencontres science et humanisme ». On a ainsi pu assister à de superbes conférences emmenées par des philosophes et des scientifiques de renom tel que Michel Onfray, Henri Atlan, Clément Rosset, Alain Finkielkraut, ou Michel Serres, mais également Stephen Hawking, Alain Connes, Hubert Reeves, Étienne Klein et Jean Pierre Luminet pour ne citer qu’eux.
 
Le Lazaret c’est aussi « Jazz in Aiacciu » où se sont produits entre autres Barbara Hendricks, Luz Casal, Michel Legrand, Michel Jonasz, Liz Mc Comb…

 Le Lazaret est une place culturelle majeure dans la cité impériale. C’est la résidence permanente de son propriétaire François Ollandini, et c’est à son initiative que le lieu s’est ouvert au public pour en dévoiler non seulement son cadre exceptionnel, mais aussi en faire un espace propice à l’échange.

L’espace propose une scénographie autour d’une collection permanente des œuvres de Marc Petit, considéré actuellement comme l’un des plus grands sculpteurs vivants.

 

L’Homme derrière le Lazaret : rencontre avec François Ollandini

François Ollandini n’est pas qu’un entrepreneur du tourisme. Tout d’abord, sa famille a rapidement orienté le tourisme vers un tourisme culturel. C’est bien cette notion de culture à laquelle François a porté une attention si particulière. C’est à son entière initiative que ce qui devrait être son lieu d’habitat s’est très vite transformé en un projet culturel. Le Lazaret avec son espace qui respire serait le bastion d’une culture accessible et vibrante. François à travers ce projet dépassait ainsi la notion de tourisme, il crée un lieu notable, un lieu à visiter, un lieu où s’instruire, un lieu qui vaut donc le déplacement.

 
François Ollandini est diplômé en philosophie, en économie et en sociologie. Amateur d’art, il est aujourd’hui un grand collectionneur d’art notamment des maîtres corses. Sa belle collection de pièces d’art contemporaines en fait un mécène important.
C’est également et surtout un grand donateur (que ce soit le musée Fesh, le musée de la Corse à Corte ou le musée national de la Maison-Bonaparte), il a déjà transmis à ces structures de nombreux chefs d’œuvre que ce soit en matière de peintures, de gravures, de meubles que de documents.
 
 

 

À l’occasion de ce petit échange avec ce diplômé de philosophie, nous avons évidemment voulu connaitre ses maîtres à penser. Ses philosophes préférés sont en autres Ricœur, Bachelard, Camus, mais aussi Sartre, Rosset, Alain ou encore Merleau-Ponty. Il n’a pu s’empêcher de nous faire des recommandations de lecture, ce qui dénote un de ces traits de caractère, celui de vouloir partager et de rendre accessible la culture.

 

Réflexion sur le tourisme et la Corse

Pour François Ollandini, la Corse a une culture très riche ; il suffit de la montrer pour qu’elle crée d’elle-même l’attractivité.

 

 

Le touriste vient chercher de l’originalité, la spécificité, l’enchantement et le ravissement. Qui est mieux placé que les locaux pour lui donner un aperçu du « Corsican way of life » ?

À ce sujet, il a écrit un ouvrage entre témoignage et essai sur le tourisme, Le Manifeste touristique.
http://www.albiana.fr/le-manifeste-touristique.html
 

 

Le lazaret et au-delà

François Ollandini travaille désormais à la concrétisation de son projet de musée sous-marin. L’idée fait son chemin à la direction départementale des territoires et de la mer D.D.T.M. Ce serait le troisième musée sous-marin au monde. Voilà un nouveau défi à relever, et François peut évidemment compter sur notre soutien, car ce projet qui relève en quelque sorte du land art ne peut que susciter l’intérêt des Corsettes.
 

Musée de Cancún.
 
 
‘Les Corsettes’ remercient Marie-Jeanne et François Ollandini de nous avoir accueillies chaleureusement chez eux au Lazaret.
Nous vous recommandons ce lieu de culture que vous veniez découvrir la cité impériale ou que vous soyez ajaccien. Les sculptures de Marc Petit qui rythment tout l’espace du Lazaret sont également à découvrir et redécouvrir et nous espérons vous présenter son travail dans un prochain article.

BD: le sanglier Razorbacu répond à nos questions!

razorbacu tome 6 couverture bd corse de sorlin

« Bonjour Razorbacu ! Alors parle-nous un peu de toi, on veut tout savoir !

– Salut, enchanté de vous rencontrer les Corsettes! Et bien je m’appelle Razorbacu et je suis le personnage principal d’une BD qui porte mon nom. Certains me comparent au Coyote de Bip Bip … il faut dire que je suis le sanglier le plus malchanceux de l’île de beauté!

Je suis né en février 2011 au travers d’une série de 9 planches noir et blanc que mon papa, Fabrice Sorlin, a proposé à la maison d’édition Corse de BD, Corsica Comix.

Mes premières aventures consistait en une parodie du film d’horreur de Russell Mulcahy, Razorback.

Ma première apparition publique se fait en Juin 2012 dans l’album « U Tintu ». Sur un ton très cartoon on y retrouve mes mésaventures de sanglier. Traqué par une famille de chasseur qui vie dans le village de Persu Persu, je dois survivre à ma condition de gibier.

Au cours des 6 albums édités chez Corsica Comix, il m’est arrivé de mourir 193 fois. Mais rassurez-vous je suis toujours là! Une fois passé le gag mortel qui fait rire petits et grands, mon papa en profite pour faire passer un message en deuxième lecture. Des thèmes comme l’écologie, le racisme, la spéculation, la maltraitance animal y sont abordés.

Le fil conducteur de tous ces albums est Rosette. Une petite cochonne dont je suis amoureux. Je voudrai bien l’épouser mais son père ne veut pas de sanglier dans leur famille. Avec le temps j’ai fini par me faire accepter. Alors que j’étais enfin heureux, un cochon du nom de Napoléon va prendre le pouvoir et m’accuser du meurtre de Neru, le père de Rosette.

Je vais devoir prendre la fuite afin de prouver mon innocence alors que les chasseurs et les grognards de Napoléon me traqueront. Cette nouvelle aventure vous la retrouverez dans le tome 6 « Wanted » qui sort le 24 juin 2017.

Les Corsettes:

« Merci Razorbacu pour nous avoir accorder son interview, sans oublier Fabrice Sorlin !  »

 

 

Dédicace samedi 24 juin à la librairie des Palmiers à Ajaccio et le 1 juillet à la FNAC Ajaccio

Vous pouvez vous procurer les albums en ligne sur le site de Corsica Comix

Journée internationale de la femme: Le 8 mars et après?

bibliotheque municipale ajaccio conference isula viva les corsettes

La Corse a compté 210 procès pour violences conjugales l’année passée (2016).

Pour cet article dédié à une réflexion autour de la Journée internationale de la femme, les Corsettes ont choisit  de laisser la parole un homme, Django, musicien, parolier et vidéaste vivant à Ajaccio. Voici le texte qu’il nous a transmis.

Django, un humain:

« 8 mars 2017. Journée internationale des droits des femmes. J’assiste à une conférence très intéressante à la bibliothèque municipale d’Ajaccio sur les violences faites aux femmes. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Après un récit sur le destin tragique de Vanina d’Ornano et le témoignage courageux (et rare) d’une victime de maltraitance, un débat entre les organisateurs et le public a lieu. Comme le fait remarquer à voix basse une dame non loin de moi, la jeunesse est quasiment absente. Les quatre-vingt-dix minutes passent très vite et je sors de la conférence avec une question qui me taraude, la condition féminine va-t-elle en s’améliorant ?

Car si on fait un petit tour d’horizon des actualités on ne semble pas être dans l’avancée… Quelques exemples me viennent tout de suite à l’esprit: Denis Baupin va porter plainte contre ses victimes,  l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke assure que « les femmes doivent gagner moins car elles sont moins intelligentes » , le droit à l’avortement est toujours et encore  remis en cause… L’ère moderne est-elle enfin celle de la femme… Je me demande. Car si on observe la situation mondiale, le constat reste effrayant. Viols, mariages forcés, attaques à l’acide … Au total, un tiers de la population féminine mondiale est victime de violences physiques et verbales.

Cela correspond à un milliard de femmes environ.

8 mars 2017. On en est et en tant qu’humain j’ai du mal à y croire. »

 

 

 

 

Les Corsettes remercie très sincèrement les intervenants, ainsi que l’association culturelle Isula Viva et Pierre-Paul Battesti pour avoir organisé cette conférence consacrée aux violences faites aux femmes (et aux hommes parfois), une démarche humaniste qui veut informer et réconcilier ce qu’on sépare sans cesse. Car la journée de la femme ne doit pas être un moment de clivage homme/femme mais bien un moment de réflexion sur l’humain et sur le chemin qu’il doit encore parcourir pour que le respect de la personne et l’épanouissement soient donner à tout un chacun.

 

Remerciement à notre rédacteur invité Django pour son compte rendu ainsi que pour son implication dans la cause humaine dite encore malencontreusement « féminine ».

 

 

 

Rencontre avec le peintre Mario Sepulcre

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Les Corsettes sont allées à la rencontre de Mario Sepulcre, ce peintre Corse prolifique et à la démarche bien spécifique.
Les Corsettes :  Pour commencer, un mot sur votre technique?
Mario Sepulcre : Je peins à l’huile à la manière des peintres italiens de la Renaissance; j’ai été formé en Italie et au Québec où j’ai également étudié trois ans  les arts visuels contemporains. Au Québec j’ai appris au contact de Marius Dubois et Pierre Lissier les techniques figuratives.
J’ai conservé de mon adolescence la même envie de connaître et de travailler les techniques de la peinture a fresco; je me suis lancé dans les années 90 dans cette démarche un peu folle et le hasard de la vie m’a justement fait rencontrer des peintres qui peignaient à la chaux. J’ai travaillé par exemple un mois en total immersion avec Jeanne Marie Bertaux à Manosque.

 


L. C. :  Pourquoi cet attrait pour les techniques de la Renaissance ?
M. S. : Attiré par le surréalisme adolescent, j’ai découvert par la suite Botticelli ainsi que Giovanni Bellini, lors d’un voyage à Londres. S’en est suivi un long cheminement spirituel et des questionnements profonds quant à la démarche de l’idéal de la renaissance. Les créateurs et penseurs de cette époque sont pour moi une motivation poétique, une fenêtre sur l’apogée du Beau et de l’intellect. Cette démarche spirituelle manque aujourd’hui dans l’art contemporain ou le cœur est ignoré au profit de la recherche purement intellectuelle.

 

 

L.C :  L’art contemporain n’est donc pas dans vos bonnes « grâces » si je peux me permettre le jeu de mot ?
M.S : Dans son ensemble je le perçois comme une dictature intellectuelle qui ne cesse de se renforcer depuis 100 ans, une pensée unique mondiale qui occasionne un écran de fumée, rendant invisible la démarche de tant et tant d’ artistes. De plus les gouvernements, de droite ou de gauche confondus, encouragent l’art, mais ils l’encouragent toujours dans des logiques financières. L’Art perd peu à peu de sa portée philosophique et la technique est ammoindrie de ce fait d’une manière regrettable. J’aimerais plus d’ouverture dans l’art contemporain. Pourquoi le musée Fesch n’expose-t-il que le F.R.A.C. ?


L. C. : Question intéressante, nous essayeront de la leur soumettre. Passez ce préambule, parlez-nous maintenant de votre démarche.
M.S. : La peinture est une production figée qui questionne l’intimité du monde. Mes personnages religieux et mes natures mortes figurent la fragilité du monde et l’impermanence de l’existence, à la manière des ‘Vanités’.

Avec l’art pictural il s’agit de se confronter à une matière, à des lois physiques et chimiques où l’artiste procède par essai-erreur; les pigments, liants et supports nous mettent à l’épreuve constamment. La technique et le sujet ne cesse ainsi jamais de se répondre.

L’actualité 2017 du peintre Mario Sepulcre

L.C. : Vous avez réalisées des fresques, notamment peinture a fresco, dans la cour anglaise de la mairie d’Ajaccio, à Olmeto, à Saint Pierre de Venaco, à Zerubia et à Casabianca, entre-autre ; vous avez aussi participé aux « Arts s’affichent » à plusieurs reprises… une actualité?

 

 

M. S.: Oui j’expose jusqu’au dimanche 15 janvier un tableau sur le thème de Saint Sébastien dans le chœur de l’église St Roch d’Ajaccio. Ce tableau rejoindra par la suite la chapelle San Bastianu de Saint Pierre de Venaco.

 

Les Corsettes remercie Mario Sepulcre de leur avoir accordé cette interview.

Vous pouvez avoir plus de détail sur le travail de Mario Sepulcre via son site internet.

Et pour son actualité, n’hésitez pas à suivre sa page Facebook.

Rencontre avec Marianna Nativi du Locu Teatrale

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Les Corsettes vont consacrer plusieurs épisodes à l’espace culturel Locu Teatrale, lieu devenu déjà depuis plusieurs années un incontournable de la vie culturelle à Ajaccio.

Pour ce premier volet, nous sommes heureuses d’avoir recueilli les propos de  l’un de ses piliers: l’artiste militante  Marianna Nativi

 

Les Corsettes :

Bonjour Marianna. Nous aimerions que vous nous en disiez un peu plus sur votre formation.

Marianna Nativi :

Je me suis formée au théâtre classique à Québec et en parallèle au théâtre de recherche de Jerzy Grotowski (précurseur du travail sur l’acteur dont l’ouvrage majeure est « Vers un théâtre pauvre »). Les précurseurs de ma démarche actuelle ont été en Corse Dumenicu Togniotti et Saveriu Valentinu qui avait créé à l’époque le « teatru paisanu » et qui m’ont poussé à croire en cette démarche dépouillée où le centre du propos est l’acteur et son corps. Revenue du canada j’ai fondé le Locu Teatrale qui en 1999 a été reconnu compagnie professionnelle et subventionnée par la collectivité ainsi que les affaires culturelles, la ville. Il ne faut pas que j’oublie de mentionner ma rencontre avec Rinatu Coti qui, à partir d’une trame que j’ai imaginée, d’écrire la première pièce de théâtre « Sonniu di Raffaedda » qui a tourné dans tous les villages et a été prsenté au Avignon off. Cette pièce a inauguré le moteur de ma recherche vocale, corporelle, musicale, sonore, théâtrale. Elle a été parçue par l’inspecteur du théâtre de l’époque comme une recherche expérimentale originale et d’avant-garde. J’ai continué avec de nombreuses créations en langue corse, bilingues et méditerranéennes. A 2 reprises le co-fondateur du théâtre Grotowski est venu en corse faire la mise en scène d’un texte de Rinatu Coti que l’on a traduit pour l’occasion en quatre langues : corse, français, italien et espagnol. Ce co-fondateur, conseillé littéraire de Grotowski, référence international pour le théâtre nationale se nomme Ludwic Flaszen.

Mais, comment une artiste professionnelle ayant une démarche si spécifique et particulière, peut-elle être appréciée à sa juste valeur, au moment où la Corse a évolué vers, ce que j’appelle dans Azeza « Le complexe du colonisé » ?!!

Toutes les pièces sont des créations à part entière : écriture, musique, scénographie

… Pour moi les adaptations en langue corse sont un simple outil pédagogique. J’adapte donc pour le jeune public des textes connus du répertoire classique et contemporain.

 

Ces dernières années avec l’ouverture en 2007 de ce lieu, le Spaziu culturali, les créations ont été très diverses. Il y a eu par exemple la création d’après un texte de Christian Maïni « Francalossu » création nommée : « A muredda » et mise en scène par Nathanael Maïni. Ensuite, ont suivis  « Des raisons… des tas » en 2011, commande à Christian Maïni, sur le thème de l’enfermement , qui je peux désormais le dire a eu pour inspiration le cas d’Yvan Colonna avec lequel je correspond.

En décembre 2013 , inspirée par la résistante Danielle Casanova, une demande d’écriture a été faite à Rinatu Coti qui a travaillé à cette création pendant près d’un. « L’indomita Donna » est désormais en tournée et sera à l’affiche le 3 décembre 2016 avec des programmateurs venues de Sardaigne, de Marseille et de Corse pour une tournée en Italie et en Avignon. La mise en scène est de Saveriu Valentinu. La prochaine création 2017 se nomme « Ultimus » et portera sur la barbarie dans le monde et la disparition des petits peuples à forte identité . »

Les Corsettes :

Pouvez-vous nosu dire juste quelque mot au sujet de l’enseignement ?

M.N. :

Ce chemin de création mis à part, je dispense des stages et des cours en langue corse dans les écoles et collèges et ici au Locu Teatrale même. J’inaugure, cette année, ce que j’appelle des chantiers théâtraux qui sont des mis en espace de textes méconnus à redécouvrir. Le premier sera le texte du jeune comédiens Vincent Tray : « Carnets intimes » où il livre un réflexion personnelle autour d’une jeunesse tourmentée où cependant l’art et le théâtre maintienne l’individu dans le positif.

Les Corsettes remercie Marianna Nativi un femme exceptionnelle au grand cœur qui fait chaque jour vivre et vibrer la culture corse.

 

La Corse à des ressources inépuisables et Les Corsettes se font une joie de vous les faire partager via le web . Contactez-nous pour que les Corsettes vous mettent en lumière. Merci encore à tous ceux qui nous encouragent.

 

L’éducation et la culture par Filu d’Amparera et Scénina.

Les Corsettes ont porté leurs investigations vers un centre culturel et éducatif, situé 15 boulevard Maglioli 20000 Ajaccio, dont le président est Rinatu Coti.

Depuis 10 ans déjà, Filu D’Amparera, qui a vu naître « la petite scène » tandis que Scénina, il y a  trois ans, développe un concept de distillation de la culture Corse.

Les Corsettes ont passé une semaine au contact des professeurs et des élèves. Les cours se déroulent dans une grande convivialité et une atmosphère chaleureuse.

 

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Interview de Jean-Pierre Godinat, professeur de chant de l’association Filu d’Amparera, et qui est l’un des instigateurs de Scénina.

Les Corsettes :

– Comment est née la petite scène : Scénina ?

Jean-Pierre Godinat :

– Née il y a 3 ans, à un moment difficile pour l’association Filu d’Amparera, il fallait créer une nouvelle trésorerie pour maintenir les ateliers et les tarifs de cette structure, car les baisses de subventions ne nous permettaient plus de boucler le budget.

Les Corsettes :

– Comment voyez-vous l’avenir de Scénina, ses évolutions?

Jean-Pierre Godinat :

– Déjà j’aimerais que cela continue et, pour ce faire, toute l’équipe essaie d’innover, de proposer des choses qui ne se font pas ailleurs, la grande convivialité du lieu permet des échanges et une dynamique intéressants pour cela.

 

Voici les membres de l’équipe pédagogique, les matières proposées sont très diverses.

Les cours auxquels vous pouvez vous inscrire:

Jean-Pierre Godinat: cours de chant

François Jandolo: guitare et piano

Antoine Tramini : cours de cetera

Jean Marc Leca : cours de corse Niveau I

Ghjuivan Santu Placenzotti:  langue Corse Niveau II et II

Jacques Maton : atelier et cours photo

Livia Stromboni  : atelier théâtre

Ceux-ci forment et animent également la troupe « Cabaret des Arts« .

Hélène Mattei : chant et éveil musical

Elle chante dans  le groupe polyphonique féminin I Maistrelli, groupe né au sein de Filu D’Amparera, composé de sept femmes qui viennent des quatre coins de la Corse.

 

Venez constater par vous-même l’élan de créativité qui est insufflé dans cet espace de création et de transmission.

Au vu de la palette des matières, le plus dur sera de choisir. Les cours s’adressent aussi bien aux adultes qu’aux enfants.

Pour plus d’informations,  pour vous inscrire ou pour les soutenir, vous pouvez les suivre sur leurs facebook respectifs : Scénina et Filu D’Amparera.

 

Les  Corsettes remercient toute l’équipe de Filu D’Amparéra et de Scénina pour son accueil très chaleureux.

 

Le film Subluna: court-métrage corse à soutenir

Le film Subluna est leur premier court-métrage deux artistes corses:  Emmeline Cambrils d’Ajaccio à la production, réalisation et montage et Dominique Birraldacci de Bastia également à la production, réalisation et musique, collaboratrices sur de nombreux projets en projection digitales, musique et vidéos artistiques. Elle créent ensemble l’association Sannataprod en 2015 pour la diffusion d’art audio visuel.

Subluna a été inscrit sur KissKissBankBank, un site participatif permettant à tout le monde de soutenir le projet. Des contreparties selon les dons permettent de remercier les gens pour leur participation.

Aperçu du film Subluna:

SUBLUNA est un court-métrage de 12 minutes s’inscrivant dans un genre fiction-expérimental. Le film est tourné majoritairement en Corse. Le film sera présenté dans de nombreux festivals dans la catégorie court-métrage (-15 min)

Deux rôles féminins racontent une rencontre à travers un voyage dans différentes dimensions. Á chaque rencontre, les deux femmes vont se perdre un peu plus, jusqu’à la mort. Inspiré du genre néo noir et des drames psychologiques. Le film SUBLUNA est un drame, un cauchemar qui nous échappe, qui nous est caché, mais qui existe partout, tout autour de nous, d’un bout à l’autre de la Terre.

L’intrigue :

Une allée énigmatique. Une ouverture. Elle est une cible que l’on enferme dans une nouvelle réalité…Que c’est-t-il passé?

 

 

Les Corsettes :

Comment l’idée de ce projet vous est-elle venue?

Emmeline Cambrils:

Après plusieurs années de collaboration avec Dominique Birraldacci autour du son et de l’image, nous avons eu envie de réaliser un court-métrage. Cela nous permettait enfin d’aborder la notion de l’écriture et de mêler nos influences cinématographiques qui s’articulent autour de la science fiction du virtuel et des ambiances de film néo-noir. De plus, cela nous permettait de parler d’un sujet qui nous tient à cœur : la libération animale.

Les C. :

Où pourrons-nous voir le court-métrage?

 

E. C.:

Le court-métrage est en post-production, il sera terminé au mois d’août, il sera envoyé dans des festivals corses et internationaux, c’est en majorité pour cela que nous l’avons inscrit sur KissKissBankBank, afin de financer les inscriptions. Les gens qui choisiront de soutenir le projet pourront le voir en exclusivité sur un lien privé (selon le don).

Pour ceux qui veulent avoir un avant-goût, la bande-annonce :

https://youtu.be/tu9o-YtwVfQ

Les C.:

Quels sont vos futurs projets?

E. C.:

Nous écrivons avec Dominique un long métrage qui sera tourné en Corse, le sujet portera sur une héroïne qui vivra une aventure étrange toujours inspirée par la science fiction.

Pour ceux et celles qui veulent soutenir un projet et aider à finaliser la réalisation d’un court-métrage corse, vous pouvez faire un don (de 5 euros à 500 euros) sur la plateforme participative de KissKissBankBank : https://www.kisskissbankbank.com/subluna

Pour contacter directement le duo à l’origine du projet pouvez passer par le site de leur association: http://www.sannata.org/

Les projets féminins sont des entités assez rares et précieuses pour qu’il soit important de les soutenir et de les faire connaître.

On compte sur vous pour en parler et partager l’information.

 

Théâtre : Performance scénique avec Paul Grenier

Quand on parle de théâtre sur la Corse, comment ne pas parler de Paul Grenier ? Depuis longtemps investi dans la vie culturelle et sociale Corse, il est un des piliers des arts scéniques insulaires.

Les Corsettes sont allées rencontrer ce chercheur en art vivant, amoureux des mots et de l’enseignement.

Nous avons assisté à l’une de ses répétitions. Chaque mot, intonation, geste, intention, placement dans l’espace est questionné. Il est du type « metteur en scène hyper-actif » et ses répétitions sont toujours pleines de rebondissements.

Paul Grenier est né au Québec. Formé à l’art clownesque dans la rue puis au travail de la voix et du chant, avec une licence théâtre/psychosociologie de la communication (Université du Québec à Montréal), il arrive finalement en Corse en 1987 et travaille à Ajaccio au sein de la troupe « Théâtre Point » (Francis Aïqui). Pendant cinq ans, il participe à toutes les créations de la compagnie et dirige ses deux premières pièces : SLM et Ile ou elles / opéra de roc. Il collabore avec « Stonde Danse Compagnie » (Albine Lombard).

En 1993, il fonde « Le Thé à Trois » avec Rachel Grenier. La compagnie a à son actif une vingtaine de créations, dont la moitié pour jeune public, jouées aux quatre coins de l’île. Il enseigne l’art dramatique auprès de publics amateurs (adultes et adolescents) sous forme de cours réguliers ou de stages. Il se consacre également à l’écriture, à la mise en scène et à la scénographie.

Depuis l’automne 2015, en partenariat avec le CSJC d’Ajaccio, il anime les ateliers « Hybride(s) » : un espace d’exploration de tous les croisements possibles entre la vidéo, la photo, la danse, les arts plastiques, la musique et le chant, le théâtre d’ombres et d’objet, le masque, le cirque, le body-painting et l’écriture en direct.

 

 

– Les Corsettes :

« Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ? »

– Paul Grenier :

« La recherche. Je travaille beaucoup avec des acteurs amateurs et, ensemble, nous formons un laboratoire expérimental. Je me nourris du panel hétéroclite de mes acteurs et stagiaires, ce qui diversifie nos créations. J’apprends avec les acteurs, et j’apprends encore aujourd’hui. Chaque journée de répétition est l’occasion d’une nouvelle découverte. Je me transforme en présence de l’autre. »

– Les Corsettes :

« Quel est le chemin qui vous a conduit à cette manière de travailler ? »

– Paul Grenier :

« Parents hostiles aux métiers artistiques. J’ai toujours été happé par le monde du spectacle, clown de rue, danse, musique, arts plastiques et ma formation en psychosociologie aussi. J’ai toujours voulu changer le monde, je le souhaite encore aujourd’hui. Pour cela, la poétique me semble plus efficace que la politique. Je suis un agitateur poétique. L’art est un facteur de constructions sociales. L’art permet de transcender les difficultés. Le théâtre est un art social. »

 

 

 

Paul Grenier, metteur en scène interdisciplinaire (théâtre, nouveau cirque, danse et musique), scénographe, acteur, auteur, compositeur et formateur, a à son actif une vingtaine de créations, dont la moitié pour jeune public.

Les Corsettes remercient Paul Grenier pour ce cours de théâtre et cette interview.

 

Son site ainsi que son Facebook vous permettront de suivre son actualité.

 

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Coup de coeur BD au festival d’Ajaccio: « Chevalier des Sables » prix jeunesse

Fabien Grolleau, scénariste, et  Robin Raffalli, talentueux dessinateur corse, viennent de remporter le prix « Jeunesse » du Festival  International de la BD d’Ajaccio pour leur BD « Chevalier des Sables ». Les Corsettes, séduites par son graphisme si particulier à fort potentiel ludique, sont donc allées entre deux séances de dédicaces,  à la rencontre de son dessinateur Robin Raffalli. Le caractère enfantin de son trait saura captiver les petits et les grands enfants; c’est une ode à l’imagination dans laquelle on se laissera glisser avec plaisir.

 

 

 

                            Chevalier des sables,     Volume 1, Le colosse de Jéricho

 

Les Corsettes :

« Depuis quand dessinez-vous ? »

Robin Raffalli :

– J’ai toujours dessiné.  J’ai toujours aimé ce medium.

– Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

– Après un baccalauréat  Scientifique, je me suis formé à L’@telier  ; cette formation en animation fut des plus bénéfiques grâce à des collaborations très enrichissantes.  A Angoulême, j’ai travaillé sur la série  Mandarine & Cow qu’on peut voir sur Fance 4. J’étais « layoutman ». J’ai travaillé sur des animés durant cinq ans.

– Quels sont les dessinateurs qui vous inspirent ?

– André Franquin , Jaques Azam et  Christophe Blain.

– Comment avez-vous rencontré Fabien Grolleau, le scénariste sur « Chevalier de Sables ? »

– C’est  un ami commun qui nous a mis en contact.

– Merci Robin Raffalli et encore bravo!

La BD « Chevalier des Sables » mêle Histoire (Godefroy de Bouillon, les croisades…) et fiction; un lecteur adulte pourra y déceler un thème toujours d’actualité : les conquêtes et les batailles qui se dénouent par des forces inattendues, et les solutions au conflit qui n’en sont pas moins préjudiciables…

 

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

Les lecteurs auxquels j’ai pu m’adresser étaient conquis et c’est donc tout naturellement que cette BD a remporté le prix « Jeunesse » de cette année au Festival Internional de BD d’Ajaccio  .

Le tome 2 sortira en mars 2016, et Les Corsettes ont hâte de le lire!

 

 

Le chevalier des sables, éditions Sarbacane, est disponible dans toutes les bonnes librairies (Album d’Ajaccio et de Bastia notamment)

Vous pouvez prendre connaissance du travail de Robin Raffalli sur son site internet .

Et aussi l’encourager via son Facebook : Robin Raffalli