Expo d’été à la Villette: Felice Varini et l’Expédition Végétale

La Villette est ce qu’on appellerait un parc culturel. Passer l’été à Paris est souvent frustrant car c’est une période où on a qu’une envie: « se mettre au vert ». La Villette est une très bonne idée pour renouer avec la nature;  avec de grandes étendues verdoyantes pour prendre le soleil, des ballades ombragées le long des berges et cerises sur le gâteau, toutes sortes d’animations concomitantes (cinéma en plein air, concerts, expositions…) ce qui en fait un choix des plus judicieux!

En juillet par exemple, le concept atypique de l’Expédition Végétale avait « atterri » à l’entrée de la Villette. La date de son arrivée est restée longtemps imprécise car le vaisseau Aéroflorale II étant en provenance du Pôle Nord cela rendait difficile toute prévision… Les chercheurs aventuriers à son bord ont finalement débarqué le 4 juillet!

La Machine et son « Expédition Végétale »

La conception de toute cette machinerie et la création de ce mystérieux évênement revient à La Compagnie de la Machine (connue notamment pour son Grand Eléphant à Nantes, ville où se situeraient à priori leurs ateliers… qui sait…). Vous pouvez visiter leur site pour avoir un aperçu de leur créations qui valent vraiment le détour… les amateurs de steampunk ne pourront qu’être conquis!

 

En plus de l’impressionnant vaisseau, une quantité de petites machines étaient mises à disposition pour diverses applications, toutes atypiques et imaginatives. Des balancelles à plantes, un système audio pour lire des romans à l’eau de rose aux plantations, un système à l’électrolyse pour permettre aux fleurs de taper à la machine… toutes ces créations sont généralement construites à l’aide de divers matériaux de récupération. Ingéniosité et imaginaire s’y mêlent pour mieux nous émerveiller.

 

Felice Varini jusqu’au 30 septembre: La Villette en Suites

Jusqu’au 30 septembre ne manquez pas de découvrir les diverses installations du peintre plasticien Felice Varini. En extérieur, ainsi que dans la Galerie Est de la grande halle, Varini réinvente l’espace architectural avec des jeux d’optiques ludiques. Le « point de vue » du spectateur est au centre de sa démarche ce qui lui permet de pousser ses recherches sur les illusions d’optiques. Les photos ci-dessous ne peuvent qu’en donner un aperçu, et je vous recommande d’en faire vous-même l’expérience pour en saisir toute la dimension.

Pour découvrir d’autres réalisations, vous pouvez consulter son site officiel.

 

Felice Varini, en cours jusqu’au 30 septembre (visite guidée gratuite du mercredi au dimanche, 16h)

Autre exposition recommandée par les Corsettes: Thom Thom, artiste street art, en cours jusqu’au 19 août. Nombreuses oeuvres consultables ici.

Adresse et Accès: Parc de la Villette: 211, avenue Jean Jaurès, 75019 PARIS

Métro et Tram: Porte de Pantin   Métro: Porte de la Villette

 

Yujin Suzuki, artiste shodo, et NephilimK, artiste symbolique, créent…

calligraphie japonaise tradionnelle et moderne

Le quartier de Saint Germain est toujours en pleine ébullition durant le mois de juin. Chaque jour plusieurs vernissages ont lieu; ce rythme effréné d’expositions précède les calmes latitudes de la période estivale.

C’est donc en fin d’après-midi que les Corsettes firent la rencontre inattendue d’un  maître en shodo.

 

 

Le Shodo ou la Voie de la Calligraphie

Mélant les anciennes techniques du « Suiboku » ( peinture traditionnel à l’encre noir) , du « Hanga » ( gravure sur bois), et du  » Sho », Yujin Suzuki a collaboré avec des réalisateurs tel que Takeshi Kitano (Aniki, mon frère). Réalisant pour l’ouverture de sa première exposition personnelle à Paris une performance live, il avait revêtu sa tenue traditionnelle bouddhiste et on sentait un mélange de gène et de fierté mêlées sous les applaudissements qu’il recevait. Cette attitude étant des plus rafraîchissantes dans une contrée parisienne où la nonchalance altière est généralement de mise, nous avons voulu appréhender l’univers de cet artiste. Après plusieurs rendez-vous il est peu à peu apparu que bien que n’ayant pas de langues communes pour communiquer aisément, de nombreux comportements japonais si exotiques au milieu d’une communauté francilienne étaient pour le moins très souvent similaires aux attitudes corses.. était-ce l’insularité? l’attachement aux traditions?

 

 

Initiation d’un projet plastique de 2 artistes insulaires

C’est donc à Paris que l’artiste japonais Yujin Suzuki  et l’artiste d’origine corse NephilimK se sont rencontrés. Ces 2 insulaires ont au fil du temps relevé tant et tant de connivences entre leurs contrées d’origine qu’ils ont voulu pousser plus loin la réflexion. NephilimK a donc mis en place un concept artistique en adéquation avec leurs recherches et pouvant s’intégrer à la scénographie de l’exposition en cours.

Les Corsettes sont donc revenus quelques jours plus tard à la galerie pour assister en live à la création d’une oeuvre fruit de nombreuses recherches de leur part.

Lors de leur première rencontre Maître Suzuki méconnaissait totalement la Corse, son histoire, ses traditions, ses paysages…  A notre retour, son cahier regorgeait de recherches historiques, de concepts et de points communs qu’ils avaient été eux-même surpris de découvrir entre deux territoires apparemment si différents. Les nombreuses invasions, l’attachement particulier à la nature furent des choses sur lesquels il questionna beaucoup NephilimK. « Il avait noté, entre autres, le terme de « persévérance » qui me surprit et me toucha » ajoute l’artiste.

 

 

Création de l’oeuvre calligraphique

Lors de la réalisation d’une oeuvre, l’artiste calligraphe injecte dans son trait les concepts qu’il souhaite faire ressortir visuellement. Yujin Suzuki et NephilimK sont donc tombés d’accord pour exploiter le concept protéiforme du « Kachofugetsu ». Ce concept japonais intègre de nombreuses choses mais on peut retenir 2 notions essentielles qui sont d’un côté la beauté et la diversité de la nature et de l’autre le fait d’apprécier les sensations que celle-ci procure. C’est un concept emprunt d’harmonie et de féminité.

Voici l’unique site (en anglais) qui en donne une définition détaillée.

En japonais, la Corse se désigne par le mot anglais « Corsica » et ne s’écrit pas avec des caractères traditionnelles. Parce que le Japon qui se dit « NiHon » c’est à dire littéralement « levé de soleil », le choix d’utiliser l’expression « Ile de Beauté » est apparu naturel.

Je vous laisse donc découvrir la réalisation de l’oeuvre.

Bi no Shima/NiHon            Ile de Beauté/Pays du soleil levant

 

 

 

Voici donc via des techniques traditionnelles, 2 terres liées par un concept commun celui du Kacho-fugetsu. 

N’hésitez pas à me laisser vos impressions sur cette oeuvre et si vous avez des questions j’en déferrerai à l’artiste pour y répondre le plus justement.

 

 

Exposition « Yujin Suzuki, artiste de Shodo »

Jusqu’au 5 juillet, du lundi au samedi, 16h-22h

Galerie Guiq Chaq, rue Mazet quartier Saint Germain Paris

Remerciement à Yujin Suzuki

Site officiel de NephilimK :cliquer ici

 

 

Remerciement à la galeriste Mikiko Enomoto pour son aide à la traduction.

Pour être tenu au courant des prochains événements de cette galerie vous pouvez rejoindre cette page.

 

 

Les lunettes « Cardboard » de Google sont encore à gagner dans l’article précédent. Tirage au sort parmi les 20 premiers participants… Bonne chance et à bientôt!

Un tour au siège de Google France + notre 1er jeu concours en bonus!

Il y a quelques temps déjà, les Corsettes ont été conviées au siège de Google France à l’occasion des WomenTechMakers 2015. Nous ne vous avions pas fait profiter de cette expérience et il est temps de revenir sur cet évènement et surtout partager avec vous quelques photos pour satisfaire votre curiosité!

 

Petit flash-back donc.. La réception d’un mail avec une invitation pour un évènement se tenant le 1er avril au siège parisien de Google me laisse dubitative…  j’avoue avoir craint une blague mesquine!

Heureusement cette date était bien un hasard de calendrier et aucun clin d’œil ne fut fait au « April fool’s day ».

Je me présentais donc le jour dit au 8 rue de Londres. A cette adresse, vous vous retrouverez nez-à-nez avec des barreaux aux couleurs du dieu du web, effet « prison google » garanti… mais on peut déjà entrevoir la cour et les somptueux bâtiments qui laissent présager du meilleur des accueils.

 

 

L’édition 2015 des Women Techmakers se tenait dans l’aile gauche de cet immense hôtel particulier que Google France a investi en 2011. Les WTM15 sont l’occasion d’écouter des intervenantes au succès établi dans le domaine des nouvelles technologies, secteur à large dominante masculine. Google, avec ce partenariat, tient aussi par la même occasion à encourager les femmes à choisir cette voie et à leur montrer que le secteur n’attend qu’elles… Le cahier donné pour la prise de notes m’a permis de faire quelques sketchs et voici même une bannière en prime !

 

 

Environ 500 personnes travaillent au siège français de Google et contrairement à ce qu’on pourrait penser ce ne sont pas que des communicants ! De très nombreux projets sont développés en France, et Google est donc un employeur auquel vous devriez vous intéresser si vous êtes, ou souhaitez être, ingénieur informatique (travailler « dans les techs » comme on se dit dans ce milieu).

 

 

De mon point de vue, cet évènement était une réussite; non seulement j’y ai écouté de nombreuses femmes dont le parcours est inspirant (mention spéciale à Kat Borlongan CEO de Fivebyfive!) mais j’ai également pu y étoffer mon réseau. En effet les contacts et autres soutiens sont une chose dont on peut hélas rarement se passer lorsqu’on vise ou occupe un poste à responsabilité. C’est bien l’une des principales difficultés rencontrées par les femmes du secteur actuellement. C’est pour cela que des initiatives telles que Girlz in Web ont été créées. Cette association organise très souvent des networkings qui sont des occasions renouvelées pour cultiver son réseau.

Bien que l’évènement se tenait dans l’auditorium principal, je suis allée fureter là où cela semblait être permis pour vous livrer quelques photos.

 

J’ai également pu visiter le fameux « Centre Culturel » de Google. Le site web qui va de pair vous permet de consulter des œuvres dans une définition quasi imbattable sur la toile et cela dans le respect des institutions et des droits d’auteur. Le fait de zoomer à un tel niveau de détail permet très souvent d’en découvrir des clés de lecture et ce lieu à Google Paris est dédié justement à cette démonstration. L’ œuvre court soudain sur les murs de la salle, dans un mouvement fluide. Cette initiative de numérisation HD s’enrichit ici d’une nouvelle facette artistique.

 

 

Jeu Concours! Gagnez le Cardboard de Google grâce aux Corsettes!

Lors de WTM15  j’ai eu l’occasion de découvrir le Cardboard de Google (je le surnomme « Oculus Rift en carton » car son nom n’est pas forcément éclairant). Voici le lien vers le site officiel.

Les petits malins de Google ont pris à contre-pied les propositions fort coûteuses de lunettes ou de casque de réalité virtuelle. Une carte postale de 2 cm d’épaisseur en carton? Non c’est un cardboard à monter comme un grand avec vos petites mimines! Au final vous aurez le plaisir d’y insérer votre smartphone (la taille de mon S4 est l’une des tailles idéales je pense) et en téléchargeant les applications dédiées vous aurez le plaisir de découvrir les sensations de l’immersion totale!

 

 

Le concept est parti de Google France ce qui explique que l’une des premières app’ ait pour thème Versailles. Remercions donc l’ingénieur David Coz et son ami Damien Henry qui sont à la source de cette idée éco-friendly s’il en est! C’est au final grâce à eux que Les Corsettes vous proposent aujourd’hui de gagner un Cardboard…

 

 

Gagnez un cardbord tout beau tout neuf et épatez vos amis!

Modalités:

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2. Laissez un commentaire sur cet article

 

Le gagnant sera contacté par mail et recevra un Cardboard à monter avec sa petite nièce !

Bonne chance et à bientôt dans la réalité virtualisée 😉

 

 

 

Le PS de la pinailleuse : Messieurs et mes quelques dames qui travaillez au 8 rue de Londres, enjoignez à qui de droit de repenser votre grille d’entrée… des formes plus originales ou des ajouts à l’existante peut-être… Vous emploierez à bon escient le savoir-faire d’un ferronnier qui vous donnera le meilleur de lui-même… ou encore proposez-le à l’un des artistes que vous hébergez. Ils pourront j’en suis sûre, tout en conservant votre code couleur, transformer votre grille « effet prison » en un portail s’harmonisant mieux aux magnifiques bâtiments dont il a la garde et que vous avez la chance d’occuper ^^.

 

Découverte! C’est quoi Fashion Scout?

Le monde de la mode est toujours en mouvement, qu’il aille de l’avant ou qu’il tourne en rond, qu’il nous ennuie puis nous émerveille, il se veut élitiste pour mieux entretenir le rêve. Les Corsettes sont des gourmandes, et si elles s’intéressent aux tendances, et à ce que la mode peut avoir de pointu ce n’est pas par snobisme. Nous adulons la beauté c’est un fait. Si le monde des apparences vous désintéresse, laissez-lui une dernière chance de vous captiver. Notre magazine n’est pas une revue de mode à but lucratif. Nous cherchons toujours à aller au-delà de la surface, là où les trésors se cachent; c’est la seule chose qui nous intéresse.

 

La Fashion Week de Paris s’est achevée il y a peu. En marge des défilés des grands créateurs dont la réputation n’est plus à faire et qui bénéficient d’une excellente visibilité via tous les supports média une quantité d’autres évènements annexes sont boudés par la presse. Voici notre petite découverte de l’année!

 

 

Le showroom Fashion Scout dans le marais

 

Cette année c’est un showroom qui nous a tapé dans l’oeil car il regroupait sous la bannière « Fashion Scout » les étoiles montantes du prêt-à-porter haut-de-gamme répérés dans le monde entier puis plébicités par cet organisme anglais. La plupart de leurs défilés se tiennent donc à Londres. Fashion Scout en est à sa 18ème saison mais sa notoriété bien qu’assise en Angleterre peine à se faire connaître dans l’une des places forte (pour ne pas dire fortifiée) du goût et du stylisme.

 

Paris Paris! Es-tu prête pour les crus Fashion Scout?!!

 

2 constats sur ce showroom parisien:

-une telle quantité de talents venus de divers horizons et regroupés dans un seul et même espace est presque difficile à croire, on est subjugué dès l’entrée par la palette qui s’offre à nous! Vu la jeunesse de ces créateurs, on a hâte de voir ce qu’ils nous réserveront dans les années qui viennent.

-mais second constat: peu (très peu) de visiteurs! Paris bouderait-il les jeunes créateurs? Ou la communication sur l’événement exclusivement anglophone coupe-t-elle les créateurs de possibles contacts de poids? Situé dans le marais les showroom font le buzz les uns après les autres, mais après 2 visites je n’ai croisé dans l’espace aucun francophone.

Une référence en termes d’exigence, Anna Wintour, est très souvent présente lors des défilés Fashion Scout, et fait également acquisitions de pièces. Les prix sont donnés sur demande mais pour la qualité seule des matières, on est souvent agréablement surpris; en effet la jeunesse de ces créateurs laisse envisageable l’acquisition de nombreuses pièces.

Focus sur 2 coups de coeur/découvertes à suivre de très près:

 

PETRA PTACKOVA

 

 

Une volée de cheveux blond, l’œil pétillant, le charme et le mystère des collections de Petra, se retrouve déjà dans sa personne. Aborder ses collections, c’est mettre le pied dans un monde qui joue et déjoue la réalité. Portées, ses créations vous habitent et vous transportent dans un monde qui généralement se dissimule et dont ces vêtements seraient la clef. Les vêtements de Petra suggère un environnement, ils se joue également des sexes.

 

 

La grande majorité de ses pièces peuvent être portées de manière très variée. Une pièce portée par un homme aura un tombé viril pour ne pas dire guerrier, la même pièce resserrée à la taille sera tout à coup très féminine. Certaines de ces créations sont des 2 en un, avec par exemple une seconde veste qui se porte repliée dans le dos. A tout moment les créations de Petra peuvent nous permettre de changer de peau, de réalité, de brouiller les pistes. Et elle a le tact de nous laisser choisir…

 

 

Oh I see twice, la collection de la résilience

La styliste prend son point de départ dans des créations plastiques, des tâches de couleurs en transparence, des coulures tout en verticalité, des motifs se répétant et mutant peu à peu. La collection d’hiver choisit de repousser la couleur, le vêtement se fait armure, carapace. Une jeune fille seule au milieu de la forêt est-elle la proie ou le prédateur? En jouant sur l’imaginaire, Petra engage à la réflexion et devant chacune de ces collections nous nous retrouvons comme devant certaines œuvres plastiques qui plus on les contemple, plus gagne en sens.

 

 

Je vous conseille vivement de faire un tour sur son site qui est une pure merveille ou sur son e-shop qui fait parti du collectif renommé Not just a label.

 

 

INJURY

Injury n’est pas à proprement parlé une étoile montante car la marque a été fondée en 2004 à Sydney (Australie) par Eugene Leung. Repérée plus récemment à la Mercedes-Benz Fashion Week de Sydney puis à celle de Beijing, Injury avec son style très graphique et son usage de matières modernes fait office d’exception au milieu de la création australienne assez décevante de ces dernières années; conséquence logique, les médias internationaux se déplacent de moins en moins à Sydney et c’est tout à l’honneur de Fashion Scout d’avoir pris sous son aile ce petit nouveau qui n’en est plus un, car sans cela nous n’aurions sûrement jamais entendu parlé d’eux!

 

 

La rencontre des 2 créatifs complémentaires

Injury c’est avant-tout la rencontre réussie de 2 univers distincts. D’une part les influences architecturale et organique de Eugene Leung et de l’autre la précision des coupes, la féminité de sa collaboratrice Dan Tse.

Eugene dans son jeune âge ne s’est pas tout de suite orienté vers le stylisme, il commence par étudier avec passion l’architecture et cette influence reste toujours perceptible dans les collections. Il parle parfois de ses pièces comme des habitats, il pense avant tout à la structure pour pouvoir ensuite l’habiller. Le design suit donc un modus operandi qui se rapproche assez de celui de l’architecte qui après avoir posé des bases stables, laisse la main à l’architecture d’intérieur puis au décorateur. Les matériaux qui se modernisent, nous tiennent chaud, des coupes qui nous protège de part leur design propre, tout cela semble la parfaite métaphore de l’habitat transportable. Il faut également ajouter à cela ce soucis de marier des formes, des motifs, des textures aux effets organiques à des matériaux très modernes/techniques qui pour l’instant sont rarement utilisé en ce sens. On pourrait donc continuer ici le parallèle avec l’urbanisme qui fait s’accorder architecture et paysage.

 

 

Si Injury m’a aussi tapé dans l’œil, c’est aussi à cause mon fanatisme du noir (non je n’ai pas du tout un « perfecto complex »! oui bon peut-être…).  Rappelons que le noir, comme le blanc d’ailleurs n’est pas une couleur. C’est pour cela qu’il a cette capacité de sublimer le  moindre détail de couleur qui s’y superpose. Il engouffre, il retient la lumière, et crée des silhouettes qui captive l’oeil. Si vous aimez les contrastes de noir et blanc, ou de noir et de couleurs, Injury vous séduira à coup sûr car la marque ne cesse de rechercher comment sublimer le potentiel de l’obscurité…

 

 

Faites un tour sur le site de TheInjury et dites-moi ce que vous pensez de ce label qui hésite encore à venir tenter l’aventure en France… Après avoir discuté avec leurs dirigeants ils seraient peut-être tenter par l’idée d’un pop-shop sur Paris (si vous ne connaissez pas le concept de « magasin éphèmère » vous pouvez lire notre article sur le sujet). Je pourrais leur remonter vos avis à ce sujet qui auront plus de poids que le mien seul. Un showroom à Ajaccio pourrait aussi être une bonne idée, les rockers de bon goût pourraient y trouver leur compte!

 

 

Ici s’arrête cet aperçu de 2 Fashion Scouters cru 2015. De nombreux autres auraient pu avoir leur place dans cette chronique mais le but était avant-tout de vous faire connaître Fashion Scout pour que vous ne passiez à côté de leur prochain événement; vous pouvez pour cela suivre notre page Facebook pour être convié aux events.

Je tiens  pour finir à rappeler que cet article n’est sponsorisé par aucune marque #libertédelapressesubjective. Le seul sponsor est notre curiosité, nos coups de cœur et le fait que vous nous lisiez! N’hésitez pas à nous laisser des com’ si cet article vous a intéressé, merci merci et à très vite!

 

Remerciements à Marie-Hélène de TheMinimalista pour nous avoir présenté Petra Ptackova

 

 

Crédits texte/photos: @NephilimK

Exposition Yves Saint Laurent: 1971 la collection du SCANDALE

Du 19 mars au 19 juillet

Les prochains mois s’annoncent ensoleillés et je vous propose de faire un tour à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. Vous pourrez y découvrir une collection printemps/été hors du commun puisqu’elle a influé sur toutes les années 70 particulièrement dans la rue mais a aussi ouvert une nouvelle voie à la haute-couture.

 

Que vous réserve cette nouvelle exposition?

La scénographie joue avec bonheur sur 2 plans, celui de la pièce et celui de son esquisse. En toile de fond nous avons les silhouettes fluides et élancées esquissées par Saint Laurent; elles ne sont pas que la genèse des pièces, au contraire elles permettent d’insuffler de la vie aux pièces présentées au-devant d’elles. Si les voiles des robes resteront retombés, ils sont tout en légéreté et retrouvent leur liberté sur les murs des allées.

 

 

« Libération » la collection qui déplait aux bien-pensants

Jusqu’à cette collection de 1971 Yves Saint Laurent s’est imposé comme le digne héritier de la tradition française de la haute-couture. Depuis la « robe Mondrian » le monde entier a les yeux rivés sur ses collections qui mêlent comme par magie l’innovation et le classicisme des lignes. Cette nouvelle collection vient contrarier les attentes; si Yves Saint Laurent va se réapproprier d’une part la mode des années 40, époque encore trop proche pour ne pas rappeler à certains des souvenirs difficiles, il ne désigne pas clairement cette période en utilisant le terme de « libération ». C’est un mot qui s’applique tout autant à lui-même qu’à toutes les jeunes femmes qu’il veut habiller.

 

 

En se libérant Yves donne naissance au look frondeur de la jeune femme des années 70, celle qui s’assume en tout. On parlait de l’élégance de la femme YSL, l’année 71 resplendit de force en revisitant l’élégant vestiaire des années 40. Cette femme moderne qu’il présente joue de ses pouvoirs avec nonchalance, elle ne sourie pas pour plaire mais parce qu’elle jouit d’elle-même. Le rouge de l’anémone, la fourure… la femme est passionnée, sauvage, effrontée, elle porte un rouge franc sur les lèvres, le vêtement ne prend pas le dessus sur elle mais l’encourage à se libérer.

 

Le public lors du défilé est offusqué, il Déteste, il Hue. Si Saint Laurent s’attendait à créer la suprise, il ne s’attendait pas à une telle déferlante de critiques. La presse l’incendie. Il se dira « triste et flatté ». Aux questions il répondra tour à tour

« Ce n’est pas tant visuellement que moralement que les gens ont été choqués. »

« Les jeunes, eux, n’ ont pas de mémoire »

Il choisit de poser nu devant l’objectif de JeanLoup Sieff pour le lancement de son premier parfum pour homme. Le scandale joue les prolongations pour mieux plaire à toute la nouvelle génération. En effet la jeunesse s’empare de ce style, le retro sera bientôt partout.

 

 

Dans la contreverse, YSL renaît idôle et cette collection « Libération » sera a posteriori la « libération de la haute-couture ». Il la pousse à entrer dans la modernité qui marquait déjà , elle exceptée, toutes les autres formes d’arts.

 

En complément, je ne saurais que trop vous conseiller le film « Saint Laurent » de Bertrand Bonello qui parcourt les années 1967/1976 et qui est une pure merveille. Le public lui a réservé un accueil très mitigé à sa sortie (alors que la critique l’encensait) et leurs critiques sont encore plus dures sur AlloCiné. Je ne me l’explique que parce que Bonello est autant un réalisateur qu’un artiste plasticien. Ce film est un chef d’oeuvre a bien des niveaux et Gaspard Ulliel joue un YSL complexe, impertinent, très séduisant… En espérant que vous aurez l’occasion d’en juger par vous-même. Voici le lien de la bande-annonce.

 

Je vous laisse avec ces 2 portraits rêveurs réalisés par Andy Warhol (vous me pardonnerez les reflets…) qui ne font pas partie de l’expo mais sont accrochés dans un salon privé de la fondation. Je trouve que ces esquisses au fusain du maître du pop art répondent de manière touchante aux crayonnés préparatoires du maître de l’élégance. Le crayon ne fige jamais vraiment les choses et il laisse toujours ouverte la possibilité de les voir reprendre vie sous nos yeux.

 

 

 

Crédits texte et photos: NephilimK

 

 

Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

Yves Saint Laurent 1971: La collection du scandale (du 19mars au 19 juillet 2015)

Commissaire d’exposition: Olivier Saillard

Scénographie (très réussie!): Nathalie Crinière, agence NC

Adresse: 3 rue Léonce Reynaud, Paris 16ème   Métro9 Alma-Marceau

Tarifs: 7€ /réduit 5€ / gratuité enfant de moins de 10ans et demandeur d’emploi

Horaires: 11h/18h (fermé le lundi)

 

Ne manquez pas également le 16 avril à 19h

Yves Saint Laurent 1961 – 1971 : 10 ans pour révolutionner la mode

Avec Pierre Bergé, président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent

Le projet BD « Popi Blues » avant l’arrivée du Festival BD à Bastia 2015

Le mois de Mars marque les réjouissances annuelles du festival de la BD à Bastia qui révèle les nouveaux talents qu’il serait triste de méconnaître et rend aussi hommage à des icônes.

 

 

Je me rappelle encore avec émotion de l’exposition d’Enki Bilal en 2007 qui nous avait permis de découvrir le virage illustratif de l’auteur avec des œuvres poignantes cherchant à répondre aux possibles interrogations quant au classement de la BD dans les arts mineurs ou majeurs…

Cette reconnaissance de la BD comme un art (même si elle est dite 9ème art depuis 1964) reste toujours un combat dont seuls quelques élus bénéficient. Enki Bilal reste une exception puisque la plupart des auteurs qui remportent cette reconnaissance ne sont plus de ce monde (Hergé reste l’indétrônable figure sacralisée de la BD). J’ai récemment appris que cette expositions des calques d’Enki Bilal que nous avions pu découvrir en avant-première à Bastia (avant même Angoulême ou Paris qui bénéficient généralement de la primauté sur bien des évènements) était le fait de Pascal Orsini. Bien avant les autres, il a choisi de militer pour la reconnaissance de la BD en tant qu’art, et a choisi de faire de Bilal cet artiste-symbole. Commissaire de nombreuses expositions, il a donc propulsé cet auteur de BD au rang d’artiste de renommée internationale et, avec lui, permis d’ouvrir la perspective que nos albums illustrés sagement rangés dans nos bibliothèques pouvaient être le fruit de personnes au génie sous-estimé.

 

 

BD à Bastia, pour cette édition 2015, se déroulera du 26 au 29 mars et je vous invite à aller consulter le programme sur le site du centre culturel Una Volta.

 

Étant dans ma phase BD, je vais pouvoir en profiter pour vous parler d’un projet d’un jeune corse Polobor Risterucci! C’est un auteur de BD talentueux dont j’ai pu découvrir récemment le travail en ligne. Il fait montre d’une maturité étonnante et, voulant soutenir son projet de financement (déjà très bien parti!) visant une publication papier, j’ai voulu qu’il réponde à toutes mes questions pour pouvoir vous faire partager avec justesse son univers. Allez c’est parti pour le monde de Popi Blues!

 

 

L’histoire est une sorte de road movie qui suit 2 protagonistes « échappés » de maison de retraite. Le personnage principal est un vieux monsieur qui, bien qu’ayant été passionné de musique toute sa vie, n’a jamais sauté le pas et osé vivre pleinement sa passion. L’action débute sur un satellite gravitant autour de la lune mais où les pratiques vis-à-vis des personnes âgées sont une projection des pratiques actuelles.

Le héros, Albert, bien qu’encore vaillant, se résigne peu à peu à y finir ses jours, mais la rencontre avec Jeanne fait prendre tout à coup un tournant à sa vie. Cette vieille dame, qui refuse la fatalité à laquelle on les promet, l’embarque avec elle dans une aventure à la Thelma et Louise. Les deux croulants encore verts s’échappent et ouvrent devant eux (et nous lecteurs) le champ des possibles. Avec Jeanne, Albert accède peu à peu à ce sentiment enivrant de liberté, seul l’auteur sait où cela va le mener…

Cette histoire a germé il y a quelques années dans l’esprit de l’auteur mais c’est une version revue et murie qu’il nous offre désormais avec ce titre.

 

 

Polobor Risterucci est originaire de Saint Pierre de Venaco et a passé sa scolarité à Corté puis à Bastia. Depuis tout petit il se passionne pour des auteurs tels que Moebius, Régis Loisel ou encore Frederic Peters. Il ne passe pas un jour sans son carnet de croquis à la main et a partagé avec moi l’anecdote de son exil étudiant sur le continent qui est suffisamment drôle pour que je vous en fasse part à mon tour…

L’été de son BAC, Polo le passe en compagnie de ses amis au village, il pense que ses rêves de BD ne sont pas à sa portée et semble se faire une raison au fil des semaines. Sa mère l’appelle « Mon fils je t’ai inscrit dans une école en Belgique, tu passes l’entretien la semaine prochaine ». C’est ainsi que Polo Risterucci débarque en short le 1er septembre à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Tournai. Reçu au concours d’entrée on lui indique que les cours commencent dans 3 jours… le temps d’acheter pulls et chaussettes en laine!

Si j’ai voulu reporter ici l’histoire de cette arrivée sur le continent c’est qu’elle a aussi une subtile influence sur le thème de son roman graphique en cours. Le regard d’un Corse se porte sur certains détails du vieux continent que seule une personne extérieure peut avoir. Ainsi Polo remarque peu à peu et avec étonnement que les personnes âgées se retrouvent très tôt remisées en maison de retraite, bien avant qu’il ne soit plus possible à leurs familles de s’occuper d’elles. Lui, dont les grands-parents vivent toujours avec sa famille, s’interroge sur toutes ces vies dont on fige définitivement l’essor, ces rêves à peine réalisés, la résignation consentie, les regrets…

 

 

Si graphiquement le style de Polobor Risterucci est clairement celui du roman graphique franco-belge, ses influences principales restent cinématographiques. J’ai déjà cité Thelma et Louise pour son côté road movie mais, plus évidents, il faudra citer les hommages non dissimulés à Blade Runner (encore un film des talentueux débuts de Ridley Scott!). Polo est d’ailleurs souvent surnommé par ses amis « Popi Runner ». Le statut des robots, leur intégration à la société voilà encore des thèmes abordés.

Le scénario est finalisé, et sur les 92 pages prévues, nombreuses sont celles déjà consultables (en voici quelques unes ci-dessous).

 

 

Parce que les grandes maisons d’édition telles que Casterman, Soleil… prennent rarement au sérieux les auteurs sans qu’ils passent par la case auto-édition, j’espère que vous vous joindrez à nous pour soutenir son projet en crowdfunding. La date limite est fixée au 25 mai et le projet est déjà financé à 25%. Avec une participation de 20 euros vous obtenez la version papier, ce qui sera au final très proche du prix de vente de l’album! Et si vous voulez vraiment aider cet auteur, les paliers supérieurs rajoutent des dessins dédicacés, des gravures numérotées, voire même une planche originale pour la plus haute dotation…des collectors que vous pourrez fièrement exposer, d’autant que cet auteur est appelé à une belle et longue carrière vu la passion qui l’anime!

 

 

Lien du financement participatif/crowdfounding

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Si vos finances sont au plus bas, partager cet article sera également une participation notable!

 

Crédit texte: NephilimK

1755: la constitution de Paoli donne le droit de vote aux femmes corses

Au bonheur des dames!

Voici que s’achève la journée internationale de la femme, et j’avoue en éprouver un certain soulagement car ce jour tant qu’il sera célébré aura ce goût amer: celui de se sentir désignée comme un corps différent au sein de la société, celui de se voir rappeler les maltraitances diverses et variées subies à chaque instant aux 4 coins du globe. A cela s’ajoute plus vilement, l’engorgement de ma boîte mail, saturée d’offres « hommage » me permettant de bénéficier de réduction X ou Y sur des produits dont le prix de départ est en prévision gonflé… En résumé c’est une journée dédiée « aux femmes victimes/consommatrices ». Il n’y a pas à dire, si cette république me demandait mon avis sur le maintien de cette journée, je voterais « non merci j’ai eu ma part », mais la république si elle sait « fêter » les femmes ne semble pas très encline à les consulter.

 

La journée internationale de la femme c’est avant tout un souvenir. Le souvenir des luttes féministes ménées au début du XXème siècle. En France, aux Etats-Unis, en Russie… c’est à l’initiative de l’allemande Clara Zetkin que la première journée internationale de la femme a lieu le 19 mars 1911. Le droit de vote! Des droits équivalents aux hommes dans le travail! Cette journée est initialement un combat et c’est grâce à une poignée de femmes et d’hommes que le droit d’accéder aux urnes est accordé peu à peu à nous toutes, heureuses occidentales!

 

 

*Pour tous exceptés…

C’est justement en repensant à cette scandaleuse épopée du Droit de Vote* que je me suis souvenue que si les françaises avaient du attendre 1944 (ça me fait toujours un peu froid dans le dos le rappel de cette date), ils n’avaient pas fallu attendre le XXème siècle pour que le sujet soit débattu. Nos bienheureuses ancêtres insulaires furent de part le monde les toutes premières à se voir octroyer le droit de vote. En effet en 1755, la République de Paoli octroie très clairement le droit de vote aux femmes dans sa constitution. Pascal Paoli était inspiré par les lumières de France et d’Europe; les français qui s’emparent de l’île en 1769 suivront d’autres inspirations et supprimeront hélas immédiatement ce droit.

 

 

1755-1769, un record historique

Mais est-ce l’unique symbole historique de l’égalité homme-femme en Corse?

Sur ce point historique plus technique je laisse la main à Anna car elle doit avoir quelques précisions à nous donner.

 

La famille en Corse au 14ème siècle est au centre de la société, elle en est le pilier. Cette conception méditerranéenne dérive du système grec dans lequel il ne peut y avoir de communauté politique (cité) sans communauté domestique. Néanmoins, eu égard au caractère patriarcal et aristocratique de la famille Corse, il est intéressant de constater que les femmes ont bénéficié de droits relativement tôt, notamment en matière de succession, avec les statuts de San Colombano dans un addendum de 1498. Le principe de l’égalité successorale énonce ainsi qu’en l’absence de testament du défunt, le « bien » du père doit être attribué au fils mâle ou à la fille légitime ou au bâtard. Leur acceptation de cette succession est pour eux un devoir, ils ne sauraient y renoncer comme cela était permis dans certains statuts comme ceux de Florence. La coutume traditionnelle Corse admet la succession de pleins droits: les héritiers en sont donc les bénéficiaires réservataires. Ces derniers ne peuvent être que les descendants en ligne direct du père. Dès lors, il semble intéressant de souligner l’égalité entre les descendants, sans privilèges accordés à l’un d’entre eux quelque soit leur âge ou leur sexe. En dépit de la pater familias, il est intéressant d’observer les droits des femmes selon les sociétés et selon les époques. Les sociétés méditerranéennes sont parfois assimilées à tord à des sociétés hostiles aux femmes mais les statuts de San Colombano nous montrent l’avancée du combat pour les droits des femmes sur certains aspects.

Humhum.. Merci Anna pour ce point historique de droit! De mon côté je vais peut-être relire 2 fois ce paragraphe car je ne suis pas encore remise du choc de ce scoop!

A prestu!

 

Crédits texte:

Nephilimk (part1)

 Anna M. (part2)

 

A tous les hommes et les femmes de bonne volonté, allez-en paix!

 

 

 

 

La femme en sait un peu plus que le diable.

Ce proverbe s’applique particulièrement aux femmes et aux jeunes filles corses. Craignez-nous ou adorez-nous!

 

 

 

Bannière:

Gravure du XIX ème siècle de Charles-Alan Gilbert, cette anamorphose qu’on désigne souvent par « la femme devant son miroir qui forme une tête de mort » à pour titre « Tout n’est que vanité »

MiniARTextil, un concept d’expo atypique

Les amoureux de la culture vivant ou séjournant à Paris savent bien une chose, pour accéder au dernier évènement en vogue il faut commencer par s’armer de patience. Les files d’attente sont parfois en elles-même d’incongru happening auquel le visiteur se doit de participer bon gré mal gré. Venue de ma petite île et ayant conservé mon côté flegmatique j’avoue portant ne pas parvenir à me plier à cette épreuve du piétinement consenti; peut-être l’engouement des parisiens pour le yoga ou d’autres pratiques de relaxation annexes trouverait-il ici un début d’explication… voilà un excellent thème pour un article d’investigation!

Si vous êtes du même tempéramment que moi, et que vous ne pouvez malgré tout vous passer de votre dose régulière de découvertes culturelles, voici mes 3 astuces:

-pour les musées nationaux et autres structures importantes, ne jamais manquer de consulter leur site qui présente souvent les jours et les heures les plus creuses pour les visites

-acheter ses billets « coupe-file » en ligne en accord avec ces heures

-débusquer sur internet les expositions moins médiatisées qui pourront se révéler être de pur moment de bonheur aussi bien pour leur contenu que par leur accessibilité (ô joie! il n’y a pas de file d’attente… il y a bien une exposition ici?!!)

En ce 2 mars, j’ai choisi de vous parlez de mon exposition coup de coeur correspondant à ce dernier critère.

MiniARTextil se tient jusqu’au 21 mars au Beffroi de Montrouge.  C’est une exposition qui a lieu chaque année courant mars et qui a eu le mérite de me charmer il y a 3 ans et de n’avoir cessé par la suite de m’enthousiasmer. Cette année marque la 11ème édition et est à ce jour la plus réussie sur le plan scénographique.

 

 

MiniArtTextil est une exposition sur le textile contemporain qui a été initiée en 1991 en Lombardie dans la ville de Côme par l’association Arte&Arte. C’est en partenariat avec cette ville que l’exposition ne cesse depuis de se développer (2015 correspondant plutôt donc à la 24ème édition) en s’intéressant à des artistes aux nationalités de plus en plus diversifiées.

Hormis le thème (cette année c’est celui de « Géa » qui signifie la Terre en grec), une contrainte toute particulière est donnée aux artistes participants, celle d’élaborer une petite pièce ne dépassant pas les 20cm3. 54 créations qui mêlent divers matériaux et techniques de tissage sont ainsi présentées dans le cadre d’une scénographie très moderne à l’éclairage bien étudié. Ici on ne prend surtout pas de recul devant les oeuvres, au contraire! Plus on s’approche, plus on s’émerveille devant les détails et la finesse que recèle chaque cm2 , l’étrangeté des matières et les innovations auxquelles on a fait appel; on se questionne sur les techniques, et on se réjouit devant ces ouvrages tissés qui les uns après les autres se dévoilent à ceux qui veulent bien prendre le temps de les observer minutieusement.

Si les miniatures sont le cœur révélateur de cette manifestation, elles ont pour écrin 10 installations textiles dont les proportions paraissent monumentales comparées à la réjouissante petitesse qu’elles enserrent.

Pour vous donner un aperçu voici quelques photos qui peuvent donner une idée de ce que vous pourrez découvrir. Je vous conseille au moins de cliquer sur les photos pour les agrandir, même si mes prises de vue ne font que suggérer les impressions qu’on peut avoir face à elles.

 

De gauche à droite:

Lina Ringeliene « Abloom » (viscères d’animaux, pierres volcaniques)

Monica Hengel « La comucopia di Gea » (soie, cocons de Bombyx Mori, fil métal)

Yoshiko Sashida « Shell IV » (argile, fils, couleurs acryliques)

Hiromi Murotani « Pangaea » (fil et chiffon de coton)

Irina Kolosnikova « Growing up » (organdis et fil métallique)

Sumiko Tasaka « A vessel for share » Prix Arte&Arte 2014 (papier de métal, aluminium, soie)

Frank Connet « Untitled » (cuivre galvanisé et tissu shibori)

 

Evidemment j’ai eu un coup de cœur pour la grande installation centrale du japonais Manabu Hangai « Wonder Forest ». On appréciera les jeux d’ombres créés par cette accueillante forêt mouvante et onirique. Je n’ai pu m’empêcher de me sentir tel un insouciant Totoro dans sa retraite boisée. Ceux qui n’auront pas la même dévotion que moi pour l’oeuvre de Miyazaki pourront avoir des ressentis moins enfantins,  d’ailleurs n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires!

 

 

Autres installations intéressantes, l’immense tenture en fil de coton avec ses inclusions de céramique « Mother » de Junko Imada  (la photo en bannière de l’article n’en montre qu’une partie et je vous conseille fortement de faire un tour sur son site officiel pour en avoir un meilleur aperçu) ou encore les papillons de Patricia Polese « I love you I » qui mêlent fils de métal et tissage en chanvre. Les ajouts de jeux d’ombres liés à la scénographie sont encore ici en parfaite adéquation.  6 galeries sont partenaires de l’évènement avec des oeuvres présentées d’une part au Beffroi et d’autre part dans leur enceinte respective.

Ci-dessous à droite on peut voir un détail de l’oeuvre « Sound of nature » de Noriko Narahira et je vous invite à aller découvrir une autre de ses installations qui joue davantage sur la spatialité à la galerie Yukiko Kawase dans le 11ème. Noriko Narahira qui était présente lors de ma visite au Beffroi a pu me parler de l’une des techniques qu’elle utilise. Avec ces créations tissées, elle offre au visiteur des sensations visuelles qui font écho à la nature, à son caractère changeant et à l’ordre qui naît du désordre.  Pour cela, elle sélectionne avec soin des tissus de coton américain qu’elle choisit pour leurs imprimés à fleurs ou à pois dans des teintes chatoyantes; la torsion va créer de nouveaux motifs, de nouveaux contrastes dans le tissu lui-même puis d’autres nouveaux quand elle les nouera les uns aux autres. L’articulation de tous ces éléments finit par créer un tout très vivant et plein d’harmonie.

 

 

De nombreuses autres découvertes vous attendent, alors j’attends vos retours. Vous pouvez  prolonger la visite avec un parcours hors-les-murs. Cette année une visite guidée dans les fondations participantes de la Cité Universitaire est aussi proposée. La prochaine aura lieu le 14 mars à 16h. J’ai participé à celle du 28 février et je rédige un article à ce sujet. Par la suite je pourrais peut-être vous parlez  également de ce lieu encore peu connu des parisiens qu’est le Beffroi situé à 200 mètres des limites de la capitale. Pour ceux qu’un exil temporaire de Paris effraierait, il faut noter que la sortie du M4 « Mairie de Montrouge » y donne directement accès:)

 

 

MiniARTextil  « GEA » 11ème édition

Adresse et horaires:

Beffroi- Montrouge- 2 place Emile Cresp

Du 27 février au 21 mars 2015

Ouvert tous les jours de 12h à 19h

Détail parcours Hors-les-murs

Entrée libre

 

Remerciements à Andrea Volpi et à Andrea Ponsini commissaire de l’exposition

 

Crédits photos et texte: NephilimK