Une expo en entrée libre? Climats Artificiels à la Fondation EDF

En plein débat sur le climat et faisant écho à la future conférence Paris climat 2015, l’espace de la Fondation EDF nous invite à réfléchir aux conséquences de l’homme sur son environnement à travers son exposition “Climat artificiels”.

Au travers du regard de divers auteurs, nous plongerons avec poésie dans le lugubre de notre avenir. L’exposition se situe dans une ancienne sous-station électrique au cœur du VIIe arrondissement de Paris (photo de la porte ?) qui accueille depuis toujours des expositions traitant du rapport de l’homme à la nature.

 

 

L’exposition se compose de trois salles avec des thématiques différentes. L’arrivée se fait sur le thème de l’eau : nous pouvons apercevoir diverses œuvres traitant de l’eau comme, par exemple, le « Condensation Cube »  de Hans Haacke qui met en scène de manière perpétuelle le mouvement de condensation de l’eau. Cloudscapes, l’installation centrale de l’architecte japonais Testuo Kondo, nous permet de traverser un nuage dont la composition reproduit celle de nos chers cumulo-nimbus mais les deux œuvres les plus envoûtantes sont sans conteste « La mer » de Ange Leccia et « Présage » de Hicham Berrada .

 

 

Tenant le premier plan, Ange Leccia, pionnier de l’art vidéo français, va mettre en œuvre le mouvement des vagues en bousculant la perspective. Un mouvement vertical se substitue au mouvement horizontal, bouleversant nos habitudes de mise en scène du mouvement. Et l’écume ainsi imagée de créer un espace qui se meut et se défait de manière immuable et poétique nous faisant regarder un paysage d’une autre manière.
En tant qu’insulaire, les éléments de la nature, leur force et leurs mystères sont au centre des recherches de cet artiste. Une fois de plus un écho à l’esthétique nippone nous rappelle que les ponts sont nombreux entre la Corse et le Japon. Vous pouvez découvrir dans un article précédent la collaboration entre l’artiste Yujin Suzuki et Les Corsettes qui mettait justement à l’honneur cette connivence insulaire.

La deuxième œuvre à retenir notre attention est celle de l’artiste Hicham Berrada, « Présage ». De formation scientifique, il va recréer des écosystèmes en atelier et les laisser ensuite évoluer, utilisant dans son laboratoire des mécaniques physiques et chimiques pour rejouer les métamorphoses et mutations de la Nature. De là se dégage un sentiment de beauté et de calme, le tout baignant dans la pénombre de l’installation. Un régal.

 

 

La deuxième partie de l’exposition laisse davantage de place au numérique et a pour thématique les catastrophes ordinaires, c’est-à-dire les calamités, naturelles ou non, telle que l’œuvre de Cécille Beau et Nicolas Mongermont, « Sillage » qui met en scène de manière visuelle et auditive un tremblement de terre. Petit coup de cœur pour Adrien Missika et sa « porte de l’enfer » qui signe là une œuvre onirique qui nous transporte dans un lieu bien insolite : le cratère de Darzava.

 

 

L’étage, quant à lui, est consacré à l’état de notre ciel. Davantage plastique, vous pourrez observer la somptueuse gravure sur verre de Charlotte Charbonnel ou bien l’installation « Village Green » de Vaughn Bell : une sympathique petite biosphère dans laquelle nous pouvons plonger nos têtes, ironisant sur notre besoin de dompter la nature et d’en être le garant. Une petite pensée aussi pour l’artiste Pavel Pepperstein qui parvient à nous subjuguer avec son travail sur les aquarelles, mêlant couleurs et typographie dans des toiles mélancoliques sur la présence de l’homme sur terre.

 

 

L’exposition est bien faite, et se laisse explorer sans désagrément, un peu brève peut-être. Si vous ne savez pas quoi faire de votre dimanche, allez donc vous perdre dans un de leurs nuages tant il est grisant de faire du beau avec quelque chose de si inquiétant .

 

 

“Climats artificiels” Fondation EDF

Adresse: 6 rue Récamier 75007 Paris
Accès Métro: Saint Germain des Près, Sèvres-Babylone
Du mardi au dimanche de 12h à 19h

4 octobre 2015 au 28 février 2016

 

Entrée libre

 

Crédits texte: Ghjulia
Crédits photos: Nephi

 

L’expo du moment à Ajaccio: Jacqueline Desanti à l’Espace Diamant

L’artiste plasticienne Jacqueline Desanti en résidence à Pietrasanta (Italie) et qui expose à l’international depuis 1997, est de passage à l’Espace Diamant Ajaccio du 22 septembre au 02 octobre 2015. Les Corsettes ont sauté sur l’occasion pour l’interviewer.

 

Les Corsettes

– Bonjour Jacqueline. Nous avons adoré votre nouvelle exposition. Pouvez-vous nous parler d’artistes que vous aimez et qui ont pu vous inspirer ?

Jacqueline Desanti

– Les classiques, bien sûr, me parlent par leur technique, mais les mouvements de William  Turner, la couleur pure  de Mark Rothko ou encore la matière chez  Antoni Tàpies me parlent également. J’aime aussi la lumière se nichant dans les creux comme chez Pierre Soulage.

Ce qui m’importe par-dessus tout, c’est la mise en perspective d’une idée dans la  durée.

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Jacqueline Desanti m’a ensuite parlé avec passion de plusieurs artistes qui ont traversés les époques, telle Niki De Saint Phalle, etc.

 

Les Corsettes

– Quels sont vos projet pour 2016 ?

Jacqueline Desanti

– Une exposition à Brest et à Paris.

Cette exposition « Figures envisagées » à l’Espace Diamant Ajaccio nous a particulièrement interpellées puisqu’il s’agit de portraits en très gros plan où l’émotion vibre au rythme des plis, textures en bas-relief que Jacqueline Desanti crée au préalable pour donner une direction au message délivré par ses « figures ». Horizontal pour le lien entre tous les visages, vertical pour accentuer la tristesse de certains visages et quadrillé pour les morts.

 

 

Merci à Jacqueline Desanti pour cet agréable échange.

En attendant son nouveau site suivez son actualité sur facebook 

Si vous voulez vous tenir au courant de l’actualité culturelle de l’Espace Diamant, suivez le lien.

 

Rencontre de l’artiste-peintre Chantal Maroselli dite “Maro”

 

Vivant à Afa, non loin d’Ajaccio, l’univers de Chantal Maroselli dite “Maro”nous a interpellé et nous sommes parties à sa rencontre… Immersion dans un monde où la force de la couleur exprime les forces de la nature.

 

Rencontre et discussion autour des sources d’inspiration d’une artiste peintre épanouie

LesCorsettes

– Votre univers ne cesse de se renouveler, quelles sont vos inspirations les plus prégnantes?

Chantal Maroselli

– Le ciel, le ciel dans tous ses états, avec ou sans nuage, de jour, de nuit, au crépuscule, à l’aube, au clair de lune, au soleil levant… et bien sûr la mer ! Notre mer Méditerranée, mais aussi l’Atlantique (mon côté breton, sans doute), les vagues, l’écume, les couleurs de la tempête !

Les couleurs. J’essaie des mariages de couleurs, mariages quelquefois un peu “osés”, des mélanges et juxtapositions de couleurs. J’aime y rajouter des matières comme de l’enduit, du sable, de la sciure… J’aime un peu de relief, un peu d’épaisseur…

J’ai, un temps, beaucoup utilisé ce bleu gris que l’on retrouve sur plusieurs de mes toiles. Et le rouge anglais. J’aime bien le rouge anglais avec ce bleu gris.

 

 

– Les Corsettes aiment redécouvrir des peintres oubliés ; pouvez-vous nous parler de quelques peintres que vous aimez?

– Nicolas de Staël : son style, ses couleurs, les thèmes qu’il aborde (“Le Fort carré d’Antibes”, “Ciel à Honfleur”, “Paysage de Vaucluse”…), mais aussi ses natures mortes, ses femmes…

Emil Nolde (Hansen de son vrai nom) : son ciel (ses cieux), ses nuages, la mer… vivante ! Ses paysages ! Ses couleurs !

«Où que se portât mon regard, la nature était animée, le ciel, les nuages : sur chaque pierre et entre les branches, partout mes figures se mouvaient et vivaient leur vie paisible ou violente, suscitant mon enthousiasme et insistant pour être peintes» – Emil Nolde –

 

 

De grands noms auxquels je pense : Frida Kahlo, Juan Miro, Van Gogh, Picasso, Cézanne, Basquiat, Matisse pour sa peinture et ses collages… D’autres comme Olivier Debré ou Jean Miotte (contemporain)

 

– Merci à vous Chantal Maroselli

 

 

L’aspect parfois acidulé de ses productions est là pour immortaliser le réel. Dire la variété infinie du minéral. La vie est révélée par le contraste de couleurs plus vraies que nature. La justesse des couleurs suffit à dire ce qu’elle voit.

Elle signe ses œuvres Maro en souvenir de son père que ses amis surnommait ainsi.

 

Chantal Maroselli a participé à de nombreuses expositions collectives dans la région d’Ajaccio.

Suivez le lien pour en avoir le détail.

Suivez sa page Facebook pour connaître l’actualité liée à sa création.

 

 

Visite de l’expo Hey! L’acte 3 à la Halle Saint Pierre (avis et photos)

La rentrée de septembre à Paris est toujours marquée par son florilège de nouvelles expositions. S’il fallait n’en choisir qu’une? Voici la réponse des Corsettes: courrez voir le dernier volet de l’exposition Hey! Modern Art & Pop culture!

L’Acte 2 avait eu lieu en 2013 et c’est après 2 longues années d’attente que la trilogie Hey! revient… enfin!

La Halle Saint Pierre, écrin de la contre-culture et de l’art brut

Niché au pied du Sacré Coeur, l’espace d’exposition que constitue la Halle Saint Pierre vaut le détour ne serait-ce que si vous affectionnez les architectures de la fin 19ème. Aérienne. Toute de verre et de métal mêlés, cette halle donne sur les arbres foisonnant des jardins de la butte Montmartre. Coincidence ou pas, ce lieu calme et en marge des allées touristiques, est depuis 1995 le centre d’exposition des arts  marginaux, où les artistes ne s’inscrivant pas dans des parcours traditionnels et académiques se révèlent aux visiteurs dans un espace qui les valorise.

 

 

A l’origine de cette exposition temporaire: Hey! Une revue d’art atypique

Créée en 2010 par le duo Anne et Pierre, la revue Hey! est unique en son genre. Cette revue trimestrielle d’art, bilingue (français/anglais), est édité par Ankama. Construite comme un cabinet de curiosités, chaque numero met en lumière le travail de nombreux artistes, dont le point commun est de se situer aux marges des courants artistiques. Underground? Lowbrow art? Art outsider? Street art? Art brut ou populaire? La plupart des artistes qu’on peut y découvrir s’inquiète peu de ces étiquettes puisqu’ils se jouent des codes. L’imaginaire, le figuratif, et des sources d’inspirations populaires et assumés sont peut-être ce qui les rassemblent. On ressent chez chacun d’eux ce besoin d’expression individuelle et libertaire, encore plus à une époque où l’art conceptuel tend à rompre cette relation intime, secrète entre l’artiste et sa création.

Visite de l’expo Hey! Acte III

La scénographie  de cette exposition s’articule sur 2 étages: tout d’abord l’étage du bas, mangé par l’obscurité puis le premier étage, où on redouvre alors la lumière après un acte d’ascension par l’escalier central. Par leur co-existance, ces 2 espaces se valorisent et dialoguent, tel une métaphore du clair-obscur picturale…

 

 

Frisson d’effroi, frisson de plaisir, les yeux s’écarquillent

On aime, on déteste… comment être indifférent? ici rien de désincarné ou d’aseptisé! On se rapproche souvent car la minutie est souvent élevée à son plus haut niveau. Le travail du dessin et les techniques classiques sont assumés.

Voici un aperçu en photo de quelques oeuvres. Bien évidemment on ne veut surtout pas tout vous montrer car on rendrait votre visite moins percutante… cependant pour nos lecteurs corses qui n’auront pas l’occasion de monter sur Paris d’ici janvier nous tenions à vous montrer un aperçu de ce qu’on appelle la contre-culture. Nombreux sont les jeunes artistes (encore plus certainement en Corse) qui se sentent rejeté car les galeries ne veulent pas montrer leur travaux. La nouvelle génération gonflent les bancs de la création marginale. Heureusement internet est là, exposant aux yeux de tous, la création populaire, foncièrement figurative et ne répondant à aucune demande provenant du marché. L’expression individuelle est un besoin fondamental et aucun dictact ne saurait la décourager.

Cliquez pour élargir et voir le nom de l’artiste
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Libre, sincère, sombre ou provocante, merci encore au magazine “Hey!” d’aller sans-cesse à la rencontre de cette création et de nous montrer pour le dernier volet de cette trilogie d’exposition, des artistes qui ont su tracer leur chemin, jusqu’à une forme de reconnaissance, sans jamais faire cas des on-dits.

 

 

Le pays des imaginaires s’exposent jusqu’en janvier 2016, ne manquez pas ce voyage surréel!

Les artistes des visuels de gauche à droite:
Xoang Choi (sculpture)   L’actualité de sa création
Ryden Mark   Voir son site
Menichetti Eudes   Voir son site Galerie d’exposition
Garcia Camille Rose   Voir son site
Partington Claire   Voir son site
Bohnert Hervé   Voir son site
Halili Gregory  En savoir plus
Kokubo Norimitsu (détail)   Voir plus d’oeuvres
Hirakawa Hiroshi   Voir son site
Glendinning Lucy  Voir son site
Simon Deborah  Voir son site
Misemono-Goya
Christopher Conn Askew (oeuvres et portrait au côté de sa “Carmelia“/affiche de Hey! Act3 2015)   Son site

 

La Halle Saint Pierre, 2 rue ronsard  75018 Paris

Accès: Métro Anvers

Exposition Hey! Act3 /Acte 3 du 18 septembre 2015 au 13 mars 2016

Horaires: du lundi au samedi 11h-18h / dimache 12h-18h

 

Crédit texte et photos: Nephilimk

 

Vous avez pu lire notre avis à présent donnez-nous le vôtre!

 

Expo d’été à la Villette: Felice Varini et l’Expédition Végétale

La Villette est ce qu’on appellerait un parc culturel. Passer l’été à Paris est souvent frustrant car c’est une période où on a qu’une envie: “se mettre au vert”. La Villette est une très bonne idée pour renouer avec la nature;  avec de grandes étendues verdoyantes pour prendre le soleil, des ballades ombragées le long des berges et cerises sur le gâteau, toutes sortes d’animations concomitantes (cinéma en plein air, concerts, expositions…) ce qui en fait un choix des plus judicieux!

En juillet par exemple, le concept atypique de l’Expédition Végétale avait “atterri” à l’entrée de la Villette. La date de son arrivée est restée longtemps imprécise car le vaisseau Aéroflorale II étant en provenance du Pôle Nord cela rendait difficile toute prévision… Les chercheurs aventuriers à son bord ont finalement débarqué le 4 juillet!

La Machine et son “Expédition Végétale”

La conception de toute cette machinerie et la création de ce mystérieux évênement revient à La Compagnie de la Machine (connue notamment pour son Grand Eléphant à Nantes, ville où se situeraient à priori leurs ateliers… qui sait…). Vous pouvez visiter leur site pour avoir un aperçu de leur créations qui valent vraiment le détour… les amateurs de steampunk ne pourront qu’être conquis!

 

En plus de l’impressionnant vaisseau, une quantité de petites machines étaient mises à disposition pour diverses applications, toutes atypiques et imaginatives. Des balancelles à plantes, un système audio pour lire des romans à l’eau de rose aux plantations, un système à l’électrolyse pour permettre aux fleurs de taper à la machine… toutes ces créations sont généralement construites à l’aide de divers matériaux de récupération. Ingéniosité et imaginaire s’y mêlent pour mieux nous émerveiller.

 

Felice Varini jusqu’au 30 septembre: La Villette en Suites

Jusqu’au 30 septembre ne manquez pas de découvrir les diverses installations du peintre plasticien Felice Varini. En extérieur, ainsi que dans la Galerie Est de la grande halle, Varini réinvente l’espace architectural avec des jeux d’optiques ludiques. Le “point de vue” du spectateur est au centre de sa démarche ce qui lui permet de pousser ses recherches sur les illusions d’optiques. Les photos ci-dessous ne peuvent qu’en donner un aperçu, et je vous recommande d’en faire vous-même l’expérience pour en saisir toute la dimension.

Pour découvrir d’autres réalisations, vous pouvez consulter son site officiel.

 

Felice Varini, en cours jusqu’au 30 septembre (visite guidée gratuite du mercredi au dimanche, 16h)

Autre exposition recommandée par les Corsettes: Thom Thom, artiste street art, en cours jusqu’au 19 août. Nombreuses oeuvres consultables ici.

Adresse et Accès: Parc de la Villette: 211, avenue Jean Jaurès, 75019 PARIS

Métro et Tram: Porte de Pantin   Métro: Porte de la Villette

 

Yujin Suzuki, artiste shodo, et NephilimK, artiste symbolique, créent…

calligraphie japonaise tradionnelle et moderne

Le quartier de Saint Germain est toujours en pleine ébullition durant le mois de juin. Chaque jour plusieurs vernissages ont lieu; ce rythme effréné d’expositions précède les calmes latitudes de la période estivale.

C’est donc en fin d’après-midi que les Corsettes firent la rencontre inattendue d’un  maître en shodo.

 

 

Le Shodo ou la Voie de la Calligraphie

Mélant les anciennes techniques du “Suiboku” ( peinture traditionnel à l’encre noir) , du “Hanga” ( gravure sur bois), et du ” Sho”, Yujin Suzuki a collaboré avec des réalisateurs tel que Takeshi Kitano (Aniki, mon frère). Réalisant pour l’ouverture de sa première exposition personnelle à Paris une performance live, il avait revêtu sa tenue traditionnelle bouddhiste et on sentait un mélange de gène et de fierté mêlées sous les applaudissements qu’il recevait. Cette attitude étant des plus rafraîchissantes dans une contrée parisienne où la nonchalance altière est généralement de mise, nous avons voulu appréhender l’univers de cet artiste. Après plusieurs rendez-vous il est peu à peu apparu que bien que n’ayant pas de langues communes pour communiquer aisément, de nombreux comportements japonais si exotiques au milieu d’une communauté francilienne étaient pour le moins très souvent similaires aux attitudes corses.. était-ce l’insularité? l’attachement aux traditions?

 

 

Initiation d’un projet plastique de 2 artistes insulaires

C’est donc à Paris que l’artiste japonais Yujin Suzuki  et l’artiste d’origine corse NephilimK se sont rencontrés. Ces 2 insulaires ont au fil du temps relevé tant et tant de connivences entre leurs contrées d’origine qu’ils ont voulu pousser plus loin la réflexion. NephilimK a donc mis en place un concept artistique en adéquation avec leurs recherches et pouvant s’intégrer à la scénographie de l’exposition en cours.

Les Corsettes sont donc revenus quelques jours plus tard à la galerie pour assister en live à la création d’une oeuvre fruit de nombreuses recherches de leur part.

Lors de leur première rencontre Maître Suzuki méconnaissait totalement la Corse, son histoire, ses traditions, ses paysages…  A notre retour, son cahier regorgeait de recherches historiques, de concepts et de points communs qu’ils avaient été eux-même surpris de découvrir entre deux territoires apparemment si différents. Les nombreuses invasions, l’attachement particulier à la nature furent des choses sur lesquels il questionna beaucoup NephilimK. “Il avait noté, entre autres, le terme de “persévérance” qui me surprit et me toucha” ajoute l’artiste.

 

 

Création de l’oeuvre calligraphique

Lors de la réalisation d’une oeuvre, l’artiste calligraphe injecte dans son trait les concepts qu’il souhaite faire ressortir visuellement. Yujin Suzuki et NephilimK sont donc tombés d’accord pour exploiter le concept protéiforme du “Kachofugetsu”. Ce concept japonais intègre de nombreuses choses mais on peut retenir 2 notions essentielles qui sont d’un côté la beauté et la diversité de la nature et de l’autre le fait d’apprécier les sensations que celle-ci procure. C’est un concept emprunt d’harmonie et de féminité.

Voici l’unique site (en anglais) qui en donne une définition détaillée.

En japonais, la Corse se désigne par le mot anglais “Corsica” et ne s’écrit pas avec des caractères traditionnelles. Parce que le Japon qui se dit “NiHon” c’est à dire littéralement “levé de soleil”, le choix d’utiliser l’expression “Ile de Beauté” est apparu naturel.

Je vous laisse donc découvrir la réalisation de l’oeuvre.

Bi no Shima/NiHon            Ile de Beauté/Pays du soleil levant

 

 

 

Voici donc via des techniques traditionnelles, 2 terres liées par un concept commun celui du Kacho-fugetsu. 

N’hésitez pas à me laisser vos impressions sur cette oeuvre et si vous avez des questions j’en déferrerai à l’artiste pour y répondre le plus justement.

 

 

Exposition “Yujin Suzuki, artiste de Shodo”

Jusqu’au 5 juillet, du lundi au samedi, 16h-22h

Galerie Guiq Chaq, rue Mazet quartier Saint Germain Paris

Remerciement à Yujin Suzuki

Site officiel de NephilimK :cliquer ici

 

 

Remerciement à la galeriste Mikiko Enomoto pour son aide à la traduction.

Pour être tenu au courant des prochains événements de cette galerie vous pouvez rejoindre cette page.

 

 

Les lunettes “Cardboard” de Google sont encore à gagner dans l’article précédent. Tirage au sort parmi les 20 premiers participants… Bonne chance et à bientôt!

Un tour au siège de Google France + notre 1er jeu concours en bonus!

Il y a quelques temps déjà, les Corsettes ont été conviées au siège de Google France à l’occasion des WomenTechMakers 2015. Nous ne vous avions pas fait profiter de cette expérience et il est temps de revenir sur cet évènement et surtout partager avec vous quelques photos pour satisfaire votre curiosité!

 

Petit flash-back donc.. La réception d’un mail avec une invitation pour un évènement se tenant le 1er avril au siège parisien de Google me laisse dubitative…  j’avoue avoir craint une blague mesquine!

Heureusement cette date était bien un hasard de calendrier et aucun clin d’œil ne fut fait au “April fool’s day”.

Je me présentais donc le jour dit au 8 rue de Londres. A cette adresse, vous vous retrouverez nez-à-nez avec des barreaux aux couleurs du dieu du web, effet “prison google” garanti… mais on peut déjà entrevoir la cour et les somptueux bâtiments qui laissent présager du meilleur des accueils.

 

 

L’édition 2015 des Women Techmakers se tenait dans l’aile gauche de cet immense hôtel particulier que Google France a investi en 2011. Les WTM15 sont l’occasion d’écouter des intervenantes au succès établi dans le domaine des nouvelles technologies, secteur à large dominante masculine. Google, avec ce partenariat, tient aussi par la même occasion à encourager les femmes à choisir cette voie et à leur montrer que le secteur n’attend qu’elles… Le cahier donné pour la prise de notes m’a permis de faire quelques sketchs et voici même une bannière en prime !

 

 

Environ 500 personnes travaillent au siège français de Google et contrairement à ce qu’on pourrait penser ce ne sont pas que des communicants ! De très nombreux projets sont développés en France, et Google est donc un employeur auquel vous devriez vous intéresser si vous êtes, ou souhaitez être, ingénieur informatique (travailler “dans les techs” comme on se dit dans ce milieu).

 

 

De mon point de vue, cet évènement était une réussite; non seulement j’y ai écouté de nombreuses femmes dont le parcours est inspirant (mention spéciale à Kat Borlongan CEO de Fivebyfive!) mais j’ai également pu y étoffer mon réseau. En effet les contacts et autres soutiens sont une chose dont on peut hélas rarement se passer lorsqu’on vise ou occupe un poste à responsabilité. C’est bien l’une des principales difficultés rencontrées par les femmes du secteur actuellement. C’est pour cela que des initiatives telles que Girlz in Web ont été créées. Cette association organise très souvent des networkings qui sont des occasions renouvelées pour cultiver son réseau.

Bien que l’évènement se tenait dans l’auditorium principal, je suis allée fureter là où cela semblait être permis pour vous livrer quelques photos.

 

J’ai également pu visiter le fameux “Centre Culturel” de Google. Le site web qui va de pair vous permet de consulter des œuvres dans une définition quasi imbattable sur la toile et cela dans le respect des institutions et des droits d’auteur. Le fait de zoomer à un tel niveau de détail permet très souvent d’en découvrir des clés de lecture et ce lieu à Google Paris est dédié justement à cette démonstration. L’ œuvre court soudain sur les murs de la salle, dans un mouvement fluide. Cette initiative de numérisation HD s’enrichit ici d’une nouvelle facette artistique.

 

 

Jeu Concours! Gagnez le Cardboard de Google grâce aux Corsettes!

Lors de WTM15  j’ai eu l’occasion de découvrir le Cardboard de Google (je le surnomme “Oculus Rift en carton” car son nom n’est pas forcément éclairant). Voici le lien vers le site officiel.

Les petits malins de Google ont pris à contre-pied les propositions fort coûteuses de lunettes ou de casque de réalité virtuelle. Une carte postale de 2 cm d’épaisseur en carton? Non c’est un cardboard à monter comme un grand avec vos petites mimines! Au final vous aurez le plaisir d’y insérer votre smartphone (la taille de mon S4 est l’une des tailles idéales je pense) et en téléchargeant les applications dédiées vous aurez le plaisir de découvrir les sensations de l’immersion totale!

 

 

Le concept est parti de Google France ce qui explique que l’une des premières app’ ait pour thème Versailles. Remercions donc l’ingénieur David Coz et son ami Damien Henry qui sont à la source de cette idée éco-friendly s’il en est! C’est au final grâce à eux que Les Corsettes vous proposent aujourd’hui de gagner un Cardboard…

 

 

Gagnez un cardbord tout beau tout neuf et épatez vos amis!

Modalités:

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2. Laissez un commentaire sur cet article

 

Le gagnant sera contacté par mail et recevra un Cardboard à monter avec sa petite nièce !

Bonne chance et à bientôt dans la réalité virtualisée 😉

 

 

 

Le PS de la pinailleuse : Messieurs et mes quelques dames qui travaillez au 8 rue de Londres, enjoignez à qui de droit de repenser votre grille d’entrée… des formes plus originales ou des ajouts à l’existante peut-être… Vous emploierez à bon escient le savoir-faire d’un ferronnier qui vous donnera le meilleur de lui-même… ou encore proposez-le à l’un des artistes que vous hébergez. Ils pourront j’en suis sûre, tout en conservant votre code couleur, transformer votre grille “effet prison” en un portail s’harmonisant mieux aux magnifiques bâtiments dont il a la garde et que vous avez la chance d’occuper ^^.

 

Découverte! C’est quoi Fashion Scout?

Le monde de la mode est toujours en mouvement, qu’il aille de l’avant ou qu’il tourne en rond, qu’il nous ennuie puis nous émerveille, il se veut élitiste pour mieux entretenir le rêve. Les Corsettes sont des gourmandes, et si elles s’intéressent aux tendances, et à ce que la mode peut avoir de pointu ce n’est pas par snobisme. Nous adulons la beauté c’est un fait. Si le monde des apparences vous désintéresse, laissez-lui une dernière chance de vous captiver. Notre magazine n’est pas une revue de mode à but lucratif. Nous cherchons toujours à aller au-delà de la surface, là où les trésors se cachent; c’est la seule chose qui nous intéresse.

 

La Fashion Week de Paris s’est achevée il y a peu. En marge des défilés des grands créateurs dont la réputation n’est plus à faire et qui bénéficient d’une excellente visibilité via tous les supports média une quantité d’autres évènements annexes sont boudés par la presse. Voici notre petite découverte de l’année!

 

 

Le showroom Fashion Scout dans le marais

 

Cette année c’est un showroom qui nous a tapé dans l’oeil car il regroupait sous la bannière “Fashion Scout” les étoiles montantes du prêt-à-porter haut-de-gamme répérés dans le monde entier puis plébicités par cet organisme anglais. La plupart de leurs défilés se tiennent donc à Londres. Fashion Scout en est à sa 18ème saison mais sa notoriété bien qu’assise en Angleterre peine à se faire connaître dans l’une des places forte (pour ne pas dire fortifiée) du goût et du stylisme.

 

Paris Paris! Es-tu prête pour les crus Fashion Scout?!!

 

2 constats sur ce showroom parisien:

-une telle quantité de talents venus de divers horizons et regroupés dans un seul et même espace est presque difficile à croire, on est subjugué dès l’entrée par la palette qui s’offre à nous! Vu la jeunesse de ces créateurs, on a hâte de voir ce qu’ils nous réserveront dans les années qui viennent.

-mais second constat: peu (très peu) de visiteurs! Paris bouderait-il les jeunes créateurs? Ou la communication sur l’événement exclusivement anglophone coupe-t-elle les créateurs de possibles contacts de poids? Situé dans le marais les showroom font le buzz les uns après les autres, mais après 2 visites je n’ai croisé dans l’espace aucun francophone.

Une référence en termes d’exigence, Anna Wintour, est très souvent présente lors des défilés Fashion Scout, et fait également acquisitions de pièces. Les prix sont donnés sur demande mais pour la qualité seule des matières, on est souvent agréablement surpris; en effet la jeunesse de ces créateurs laisse envisageable l’acquisition de nombreuses pièces.

Focus sur 2 coups de coeur/découvertes à suivre de très près:

 

PETRA PTACKOVA

 

 

Une volée de cheveux blond, l’œil pétillant, le charme et le mystère des collections de Petra, se retrouve déjà dans sa personne. Aborder ses collections, c’est mettre le pied dans un monde qui joue et déjoue la réalité. Portées, ses créations vous habitent et vous transportent dans un monde qui généralement se dissimule et dont ces vêtements seraient la clef. Les vêtements de Petra suggère un environnement, ils se joue également des sexes.

 

 

La grande majorité de ses pièces peuvent être portées de manière très variée. Une pièce portée par un homme aura un tombé viril pour ne pas dire guerrier, la même pièce resserrée à la taille sera tout à coup très féminine. Certaines de ces créations sont des 2 en un, avec par exemple une seconde veste qui se porte repliée dans le dos. A tout moment les créations de Petra peuvent nous permettre de changer de peau, de réalité, de brouiller les pistes. Et elle a le tact de nous laisser choisir…

 

 

Oh I see twice, la collection de la résilience

La styliste prend son point de départ dans des créations plastiques, des tâches de couleurs en transparence, des coulures tout en verticalité, des motifs se répétant et mutant peu à peu. La collection d’hiver choisit de repousser la couleur, le vêtement se fait armure, carapace. Une jeune fille seule au milieu de la forêt est-elle la proie ou le prédateur? En jouant sur l’imaginaire, Petra engage à la réflexion et devant chacune de ces collections nous nous retrouvons comme devant certaines œuvres plastiques qui plus on les contemple, plus gagne en sens.

 

 

Je vous conseille vivement de faire un tour sur son site qui est une pure merveille ou sur son e-shop qui fait parti du collectif renommé Not just a label.

 

 

INJURY

Injury n’est pas à proprement parlé une étoile montante car la marque a été fondée en 2004 à Sydney (Australie) par Eugene Leung. Repérée plus récemment à la Mercedes-Benz Fashion Week de Sydney puis à celle de Beijing, Injury avec son style très graphique et son usage de matières modernes fait office d’exception au milieu de la création australienne assez décevante de ces dernières années; conséquence logique, les médias internationaux se déplacent de moins en moins à Sydney et c’est tout à l’honneur de Fashion Scout d’avoir pris sous son aile ce petit nouveau qui n’en est plus un, car sans cela nous n’aurions sûrement jamais entendu parlé d’eux!

 

 

La rencontre des 2 créatifs complémentaires

Injury c’est avant-tout la rencontre réussie de 2 univers distincts. D’une part les influences architecturale et organique de Eugene Leung et de l’autre la précision des coupes, la féminité de sa collaboratrice Dan Tse.

Eugene dans son jeune âge ne s’est pas tout de suite orienté vers le stylisme, il commence par étudier avec passion l’architecture et cette influence reste toujours perceptible dans les collections. Il parle parfois de ses pièces comme des habitats, il pense avant tout à la structure pour pouvoir ensuite l’habiller. Le design suit donc un modus operandi qui se rapproche assez de celui de l’architecte qui après avoir posé des bases stables, laisse la main à l’architecture d’intérieur puis au décorateur. Les matériaux qui se modernisent, nous tiennent chaud, des coupes qui nous protège de part leur design propre, tout cela semble la parfaite métaphore de l’habitat transportable. Il faut également ajouter à cela ce soucis de marier des formes, des motifs, des textures aux effets organiques à des matériaux très modernes/techniques qui pour l’instant sont rarement utilisé en ce sens. On pourrait donc continuer ici le parallèle avec l’urbanisme qui fait s’accorder architecture et paysage.

 

 

Si Injury m’a aussi tapé dans l’œil, c’est aussi à cause mon fanatisme du noir (non je n’ai pas du tout un “perfecto complex”! oui bon peut-être…).  Rappelons que le noir, comme le blanc d’ailleurs n’est pas une couleur. C’est pour cela qu’il a cette capacité de sublimer le  moindre détail de couleur qui s’y superpose. Il engouffre, il retient la lumière, et crée des silhouettes qui captive l’oeil. Si vous aimez les contrastes de noir et blanc, ou de noir et de couleurs, Injury vous séduira à coup sûr car la marque ne cesse de rechercher comment sublimer le potentiel de l’obscurité…

 

 

Faites un tour sur le site de TheInjury et dites-moi ce que vous pensez de ce label qui hésite encore à venir tenter l’aventure en France… Après avoir discuté avec leurs dirigeants ils seraient peut-être tenter par l’idée d’un pop-shop sur Paris (si vous ne connaissez pas le concept de “magasin éphèmère” vous pouvez lire notre article sur le sujet). Je pourrais leur remonter vos avis à ce sujet qui auront plus de poids que le mien seul. Un showroom à Ajaccio pourrait aussi être une bonne idée, les rockers de bon goût pourraient y trouver leur compte!

 

 

Ici s’arrête cet aperçu de 2 Fashion Scouters cru 2015. De nombreux autres auraient pu avoir leur place dans cette chronique mais le but était avant-tout de vous faire connaître Fashion Scout pour que vous ne passiez à côté de leur prochain événement; vous pouvez pour cela suivre notre page Facebook pour être convié aux events.

Je tiens  pour finir à rappeler que cet article n’est sponsorisé par aucune marque #libertédelapressesubjective. Le seul sponsor est notre curiosité, nos coups de cœur et le fait que vous nous lisiez! N’hésitez pas à nous laisser des com’ si cet article vous a intéressé, merci merci et à très vite!

 

Remerciements à Marie-Hélène de TheMinimalista pour nous avoir présenté Petra Ptackova

 

 

Crédits texte/photos: @NephilimK

Exposition Yves Saint Laurent: 1971 la collection du SCANDALE

Du 19 mars au 19 juillet

Les prochains mois s’annoncent ensoleillés et je vous propose de faire un tour à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. Vous pourrez y découvrir une collection printemps/été hors du commun puisqu’elle a influé sur toutes les années 70 particulièrement dans la rue mais a aussi ouvert une nouvelle voie à la haute-couture.

 

Que vous réserve cette nouvelle exposition?

La scénographie joue avec bonheur sur 2 plans, celui de la pièce et celui de son esquisse. En toile de fond nous avons les silhouettes fluides et élancées esquissées par Saint Laurent; elles ne sont pas que la genèse des pièces, au contraire elles permettent d’insuffler de la vie aux pièces présentées au-devant d’elles. Si les voiles des robes resteront retombés, ils sont tout en légéreté et retrouvent leur liberté sur les murs des allées.

 

 

“Libération” la collection qui déplait aux bien-pensants

Jusqu’à cette collection de 1971 Yves Saint Laurent s’est imposé comme le digne héritier de la tradition française de la haute-couture. Depuis la “robe Mondrian” le monde entier a les yeux rivés sur ses collections qui mêlent comme par magie l’innovation et le classicisme des lignes. Cette nouvelle collection vient contrarier les attentes; si Yves Saint Laurent va se réapproprier d’une part la mode des années 40, époque encore trop proche pour ne pas rappeler à certains des souvenirs difficiles, il ne désigne pas clairement cette période en utilisant le terme de “libération”. C’est un mot qui s’applique tout autant à lui-même qu’à toutes les jeunes femmes qu’il veut habiller.

 

 

En se libérant Yves donne naissance au look frondeur de la jeune femme des années 70, celle qui s’assume en tout. On parlait de l’élégance de la femme YSL, l’année 71 resplendit de force en revisitant l’élégant vestiaire des années 40. Cette femme moderne qu’il présente joue de ses pouvoirs avec nonchalance, elle ne sourie pas pour plaire mais parce qu’elle jouit d’elle-même. Le rouge de l’anémone, la fourure… la femme est passionnée, sauvage, effrontée, elle porte un rouge franc sur les lèvres, le vêtement ne prend pas le dessus sur elle mais l’encourage à se libérer.

 

Le public lors du défilé est offusqué, il Déteste, il Hue. Si Saint Laurent s’attendait à créer la suprise, il ne s’attendait pas à une telle déferlante de critiques. La presse l’incendie. Il se dira “triste et flatté”. Aux questions il répondra tour à tour

“Ce n’est pas tant visuellement que moralement que les gens ont été choqués.”

“Les jeunes, eux, n’ ont pas de mémoire”

Il choisit de poser nu devant l’objectif de JeanLoup Sieff pour le lancement de son premier parfum pour homme. Le scandale joue les prolongations pour mieux plaire à toute la nouvelle génération. En effet la jeunesse s’empare de ce style, le retro sera bientôt partout.

 

 

Dans la contreverse, YSL renaît idôle et cette collection “Libération” sera a posteriori la “libération de la haute-couture”. Il la pousse à entrer dans la modernité qui marquait déjà , elle exceptée, toutes les autres formes d’arts.

 

En complément, je ne saurais que trop vous conseiller le film “Saint Laurent” de Bertrand Bonello qui parcourt les années 1967/1976 et qui est une pure merveille. Le public lui a réservé un accueil très mitigé à sa sortie (alors que la critique l’encensait) et leurs critiques sont encore plus dures sur AlloCiné. Je ne me l’explique que parce que Bonello est autant un réalisateur qu’un artiste plasticien. Ce film est un chef d’oeuvre a bien des niveaux et Gaspard Ulliel joue un YSL complexe, impertinent, très séduisant… En espérant que vous aurez l’occasion d’en juger par vous-même. Voici le lien de la bande-annonce.

 

Je vous laisse avec ces 2 portraits rêveurs réalisés par Andy Warhol (vous me pardonnerez les reflets…) qui ne font pas partie de l’expo mais sont accrochés dans un salon privé de la fondation. Je trouve que ces esquisses au fusain du maître du pop art répondent de manière touchante aux crayonnés préparatoires du maître de l’élégance. Le crayon ne fige jamais vraiment les choses et il laisse toujours ouverte la possibilité de les voir reprendre vie sous nos yeux.

 

 

 

Crédits texte et photos: NephilimK

 

 

Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

Yves Saint Laurent 1971: La collection du scandale (du 19mars au 19 juillet 2015)

Commissaire d’exposition: Olivier Saillard

Scénographie (très réussie!): Nathalie Crinière, agence NC

Adresse: 3 rue Léonce Reynaud, Paris 16ème   Métro9 Alma-Marceau

Tarifs: 7€ /réduit 5€ / gratuité enfant de moins de 10ans et demandeur d’emploi

Horaires: 11h/18h (fermé le lundi)

 

Ne manquez pas également le 16 avril à 19h

Yves Saint Laurent 1961 – 1971 : 10 ans pour révolutionner la mode

Avec Pierre Bergé, président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent