Jacques-André Boiffard, ou le surréaliste oublié

Il y a quelques années je tombais sur un cliché de Boiffard, une prise de vue renversée de sa compagne allongée. Cette mise en scène évoquait la table de dissection mais était tout autant une invitation au rêve. Je la surnommais “La Belle Endormie”.  C’est dans les sous-sols du métro de Paris que je retombais, il y a une semaine, nez à nez avec cette étrange femme.

 

 

En ce moment Paris vit au rythme de la photo: galeries, musées, magasins… les thèmes s’enchevêtrent durant tout ce mois de Novembre, renommé  à ce titre “le mois de la photo”. Le musée Georges Pompidou a donc choisi ce mois événement pour ouvrir un tout nouvel espace de 200m2 “La galerie de la photographie” dans laquelle se succéderont chaque trimestre en entrée libre des expos thématiques ou monographiques.  Quelle ne fût pas ma surprise de voir Jacques-André Boiffard, le surréaliste oublié, programmé pour ce lancement si attendu.

Aucune exposition n’avait encore été consacrée à cette figure pourtant cruciale du surréalisme.  A ce jour, le centre Beaubourg détenant la plus importante collection de photographies de Boiffard, il était tout désigné pour faire connaître tous les axes de son œuvre au grand public.

 

 

Si on connaît Boiffard c’est surtout pour ses photos qui font parti intégrante de  ‘Nadja’ de Breton ou encore pour celles parues dans la fameuse revue ‘Documents’ de George Bataille. Or il s’agit dans ces 2 cas précis de photos dont le sujet lui était extérieur. On découvre dans cette exposition les autres thèmes de son travail: ses photomontages, ses expérimentations abstraites, l’ambiguïté qu’il interroge entre objet réel ou rêvé, et  son goût pour l’étrangeté du corps avec ses tirages disséquant sur un mode inédit leur sujet.

 

 

 

La “Bouche” béante est la photo que la scénographie a fait centrale, elle retient captif le regard et le spectateur ne peut que se sentir happé par ces muqueuses déployées. Au sortir de l’expo, on acquiert la certitude que Boiffard, loin d’être un photographe parmi tant d’autres à avoir participé au mouvement surréaliste, en est avant-tout un membre fondateur et, qu’au même titre que Man Ray, il a contribué à impressionner durablement l’imaginaire collectif, en le dotant d’une identité visuelle prégnante.

 

 

Si le soleil est entre chien et loup et que vous passez du coté du centre Pompidou, n’hésitez pas à faire une plongée dans son sous-sol qui, en parfait écrin, expose actuellement dans ses entrailles le travail irradiant de Jacques-André Boiffard, qui captive tel “un obscur objet du désir” pour reprendre le titre de Buñuel.

 

Jacques André Boiffard, la parenthèse surréaliste

Jusqu’au 5 février 2015

 

Et puisqu’on est dans le surréalisme, ne manquez pas notre citation de la semaine!

A prestu!

 

Crédits: Nephi

Présentation de EVVIVA CORSICA “Liberté Cultivée”-Ligne éditoriale et comité de rédaction – Presse libre

Nous sommes le 9 novembre  et ce jour sera désormais la date anniversaire de ce webzine.

En parcourant les nombreux magazines et blogs axés sur la culture, la mode ou l’événementiel, il nous est apparu que la plupart se contentaient de relayer les informations populaires du moment, réalisaient rarement des interviews, et étaient même parfois uniquement des plateformes de pubs joliment mises en forme.

Au lieu de suivre l’information, nous voulons aller au-devant d’elle, dénicher les talents et les projets originaux pour les soutenir en leur donnant de la visibilité, revenir vers eux plus tard pour continuer de faire partager leur histoire. La Corse fourmille de créativité mais celle-ci ne bénéficie que rarement d’une notoriété médiatique extérieure à sa région, et parfois même sur l’Île on ignore tout son florilège.

De nombreux corses partent à ce titre pour la capitale pour bénéficier de cet aspect d’émulation ou de promotion. Or un nouveau problème se pose alors, car si Paris ouvre facilement ses portes au premier abord, la dureté du mode de vie qu’elle impose est parfois insoutenable pour les non-initiés.

 

 

Ce webzine a donc 2 buts vers lesquels il veut tendre : mettre en valeur les projets et les parcours des insulaires, qu’ils prennent place sur l’île, sur le continent, ou les 2 à la fois, mais également mettre en exergue les aspects positifs de la vie parisienne pour permettre à tous ceux qui nous lisent de ressentir malgré tout une certaine douceur à y vivre.

Pour la petite histoire, ce site c’est avant tout l’histoire d’une amitié. 2 filles de l’Île de Beauté se rencontrent et c’est un coup de cœur mutuel ; elles partent ensemble pour la capitale, mais l’une finit par rentrer en Corse tandis que l’autre reste travailler à Paris. Au jour du lancement, l’équipe est pour moitié en Corse, et pour moitié à Paris. Ce sont 3 rédactrices -Nephilimk, Mapie, Anna- et une correctrice -Aliciane- qui, bien qu’ayant des journées chargées, ont souhaité trouver la meilleure solution pour retranscrire les trésors d’inventivité qui les entourent et les rendre facilement accessibles.

 

Bienvenue dans un lieu qui fait fi de la distance et qui porte un regard ému et passionné sur ce qui l’entoure pour vous livrer un contenu original et sincère.  Au programme: une perf’ de gaîté contre le blues de la vie parisienne et un tsunami sur le train-train insulaire !

Tous vos commentaires sont les bienvenus  et nous vous encourageons dès aujourd’hui à nous contacter pour nous parler de vos coups de cœur, de vos projets ou de ceux de votre entourage qui pourront possiblement faire l’objet de l’un de nos prochains articles. En attendant ceux à venir, vous pouvez jeter un coup d’œil à nos articles tests publiés durant la phase de construction du site. Remarquez que si vous nous lisez sur smartphone, on a pensé à votre confort de lecture !

Les Corsettes sont lancées ! Suivez nos réseaux sociaux ou inscrivez-vous à la newsletter pour nous lire très prochainement ! Soutenez-nous en partageant et en participant à notre actualité !

Basgi a tutti !

 

 

Crédits texte et visuels: NephilimK

Orientalisme couture lors du défilé Andrei V

Les voiles voluptueux font le tour de la courbe de mes yeux, la chaleur lourde m’enivre et m’emporte en Orient. Du Maroc à l’Iran en passant par l’Égypte, je vous décris mes impressions du défilé de Andrei V Couture.

Pour son premier défilé, c’est sans nul doute un projet mature mené à bien par Denis qui arrive à peine à l’aube de ses 18 ans. Passionné par la mode depuis ses 6 ans, Denis rejoint Juliette F création implantée à Saint Germain-en-Laye, après un baccalauréat professionnel en couture.

C’est sur le thème du Harem que le jeune créateur Denis nous ouvre les portes sur son travail largement inspiré du film Angélique et le Sultan.

Il nous présente une collection en crêpe georgette et en jersey, des matières nobles travaillées avec grand soin. Rien n’est laissé au hasard. L’air désinvolte des mannequins, mises en beauté par MAAP, le tombé du tissu ou les couleurs chaudes; tout dans cette collection nous rappelle l’opulence du charme oriental.

Le soutien inconditionnel de sa mère, Hélène Béchet semble être à l’origine de l’ouverture d’esprit et de la passion de Denis.
Il me confie la place importante qu’occupe la musique dans son travail préparatoire, qu’il effectue souvent de nuit. Ce sont des voix de femmes aux tonalités graves et sensuelles telle celle de Sia qui ont inspiré Denis pour cette première collection. Mais l’artiste est visionnaire et pense déjà sa prochaine collection qui portera sur le thème des tribus Maasaï. Derrière ce nouveau projet, une muse, qui défile pour Denis et réveille sans conteste la beauté sauvage africaine.

Cet article est, j’y compte bien, le premier d’une longue série grâce au talent et à la passion de Denis. Les Corsettes vous feront part de son évolution, car c’est avant tout un réel plaisir d’assister au lancement d’un artiste.

 

Crédits photos: NephilimK

Lecture au Baron: Frederic Beigbeder & Marco Caramelli

Célèbre club privé, Le Baron semble se lancer dans une nouvelle aventure avec ses séances de « café litté ». En guests dans le très secret haut lieu des soirées parisiennes : Marco Caramelli et Frédéric Beigbeder, venus présenter respectivement Les Nouveaux Monstres et Oona et Salinger. Une première pour Marco Caramelli, docteur de formation, qui se révèle dans son recueil de nouvelles portant sur les relations amoureuses, dans toute leur complexité, vues par l’auteur.

 

L’événement est programmé pour 22h00 mais c’est sans compter sur la ponctualité des artistes. Arrivés à 22h45, on assiste à la présentation de leurs œuvres dans une ambiance « Baron », lumières tamisées rouges et débauche ancrée jusque dans les fauteuils rouge Empire.

Beigbeder présente le recueil de son comparse et inversement. Néanmoins, rien d’officiel, on sent les auteurs comme installés dans leur salon. Évidemment, le choix du lieu n’est pas anodin, le Baron semble être un lieu nocturne propice au débat sur la muse.

Pourquoi avoir choisi le Baron ?

Pour Frédéric Beigbeder, la réponse paraît évidente, il faut sortir du cadre poussiéreux et académique de la bibliothèque et investir tous les lieux nocturnes s’y prêtant. Après tout, c’est la nuit qui a inspiré bon nombre de nos mentors maudits. L’ancien bordel, son arrestation, la blanche colombienne, la vodka-get, tout ici inspire à se livrer sur sa conception de la « muse ».

Marco Caramelli met en exergue la frustration qui passe, entre autres, par l’intimité qu’offrent ces endroits underground. Ce sentiment de privilège alimente le narcissisme des artistes en général nous dit-il.

Après la lecture d’extraits de leurs œuvres, une question survient alors, peut-il y avoir une muse pour plusieurs artistes et plusieurs muses pour un artiste ?

Frédéric Beigbeder prend la parole en nous rappelant les 9 muses de l’Antiquité et sa définition personnelle de la muse. Elle est selon lui une inspiratrice, une égérie. Marco Caramelli identifie une muse « fondatrice » puis d’autres muses « de la maturité ».

 

 

Puisque la vision de la muse diffère chez l’un et l’autre de nos hôtes, il conviendrait de la qualifier. On assiste alors à un combat de qualificatifs propres à chacun :
Pour Frédéric Beigbeder, la muse doit être à la fois insaisissable, salope, pute mais pure tandis que pour Marco Caramelli elle est manipulatrice, mystérieuse mais charmante, nymphe avec de jolis pieds.

 

Mais alors, toute femme peut-elle être muse?

Frédéric Beigbeder a un avis tranchant sur le sujet, il est « contre la démocratie en art », inspirer un artiste ne semble pas pouvoir être à la portée de toutes.
Marco Caramelli défend un tout autre point de vue en avançant que, bien souvent, les femmes capables d’aimer vraiment sont sans artifices, authentiques, pas nécessairement socialement aisées.

En résumé, nous découvrons une « faction » de Frédéric Beigbeder écrite, avec toute la passion que nous lui connaissons, basée sur une relation idyllique et un recueil de Marco Caramelli qui dépeint les relations amoureuses de façon humoristique.

 

Merci encore à Yaël de Toute la culture qui a permis à cet événement de voir le jour.

 

Correction: Aliciane     Bannière de l’article: NephilimK