Journée internationale de la femme: Le 8 mars et après?

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La Corse a compté 210 procès pour violences conjugales l’année passée (2016).

Pour cet article dédié à une réflexion autour de la Journée internationale de la femme, les Corsettes ont choisit  de laisser la parole un homme, Django, musicien, parolier et vidéaste vivant à Ajaccio. Voici le texte qu’il nous a transmis.

Django, un humain:

8 mars 2017. Journée internationale des droits des femmes. J’assiste à une conférence très intéressante à la bibliothèque municipale d’Ajaccio sur les violences faites aux femmes. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Après un récit sur le destin tragique de Vanina d’Ornano et le témoignage courageux (et rare) d’une victime de maltraitance, un débat entre les organisateurs et le public a lieu. Comme le fait remarquer à voix basse une dame non loin de moi, la jeunesse est quasiment absente. Les quatre-vingt-dix minutes passent très vite et je sors de la conférence avec une question qui me taraude, la condition féminine va-t-elle en s’améliorant ?

Car si on fait un petit tour d’horizon des actualités on ne semble pas être dans l’avancée… Quelques exemples me viennent tout de suite à l’esprit: Denis Baupin va porter plainte contre ses victimes,  l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke assure que « les femmes doivent gagner moins car elles sont moins intelligentes » , le droit à l’avortement est toujours et encore  remis en cause… L’ère moderne est-elle enfin celle de la femme… Je me demande. Car si on observe la situation mondiale, le constat reste effrayant. Viols, mariages forcés, attaques à l’acide … Au total, un tiers de la population féminine mondiale est victime de violences physiques et verbales.

Cela correspond à un milliard de femmes environ.

8 mars 2017. On en est et en tant qu’humain j’ai du mal à y croire.”

 

 

 

 

Les Corsettes remercie très sincèrement les intervenants, ainsi que l’association culturelle Isula Viva et Pierre-Paul Battesti pour avoir organisé cette conférence consacrée aux violences faites aux femmes (et aux hommes parfois), une démarche humaniste qui veut informer et réconcilier ce qu’on sépare sans cesse. Car la journée de la femme ne doit pas être un moment de clivage homme/femme mais bien un moment de réflexion sur l’humain et sur le chemin qu’il doit encore parcourir pour que le respect de la personne et l’épanouissement soient donner à tout un chacun.

 

Remerciement à notre rédacteur invité Django pour son compte rendu ainsi que pour son implication dans la cause humaine dite encore malencontreusement “féminine”.

 

 

 

Hommage à la liberté d’expression

Suite aux événements de ces derniers jours, les Corsettes rendent hommage à la liberté d’expression, à tous  ceux qui ont payé de leur vie pour sa défense et à tous ceux qui ne cesseront de la chérir et de la défendre.

 

L’oisillon que les dévots avaient longtemps enfermé
Grandi et soutenu par ses frères aînés,
Ailes déployées, pelage argenté, s’était échappé
Jusqu’à ce que la mouche le pique et lui ôte sa liberté.

Ses pairs hurlent, son œuvre est glorifiée,
Si le phœnix renaît toujours de ses cendres
Alors le crayon ne peut tomber dans les méandres.
C’est à Charlie qu’ils ont voulu toucher

Les peuples des Nations Unies répliquent,
C’est par les armes qu’ils voudraient tuer les mots
Mais c’est pour ces mots que l’encre coulera à flots
Et c’est grâce à ses mots que vit la République.

Charlie, tu méritais pas ça
T’étais comme un gamin qui nous rendait la foi
Comme Gabriel, tu apportais ta joie
Et de tes commandements reste un combat.

Charlie, tu n’étais pas parce que tu seras demain
En voulant ta mort, ils t’ont rendu éternel
Missionnaires des mots, unissons nos forces contre l’inhumain
En gage de paix, laissons nos écrits sur l’autel

Puisque rabbins, prêtres, imams n’ont pas de cible
Et que rire et liberté sont invincibles
Charlie n’est pas mort car les peuples sont debout!
Charlie n’est pas mort car la République est debout!

Charlie n’est pas mort car tant que nous nous battons pour une cause immortelle,
Charlie n’est pas mort car un mythe est éternel
Nos prophètes ont donné leurs vies,
Alors Charlie n’est pas mort parce que nous sommes tous Charlie.

Anne Laure Marietti

 

 

Les joueurs d’Ingress (jeu en réalité alternée, basé sur la géolocalisation) auquel participe activement l’une de nos Corsettes, ont aussi rendu hommage à leur manière aux victimes des attentats :

“Parce que ce qui s’est passé nous a tous choqués
Parce qu’on ne bafoue pas la liberté d’expression
Parce qu’on ne répond pas à l’encre par le sang
Parce que même si on ne le lisait pas, on le croisait souvent dans les kiosques Charlie
Parce qu’on a tous au moins une fois vu un dessin d’un des dessinateurs assassinés
Parce que ce dessin nous a
– exaspéré
– fait rire
– fait lever les yeux au ciel
– énervé
– choqué
… En tout cas fait réagir !
Parce que, c’était CABU, CHARB, TIGNOUS, WOLINSKI, HONORE, ONCLE BERNARD !
Mais aussi Elsa Cayat, Mustapha Ourrad, Ahmed Merabet, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Frédéric Boisseau !
Parce que certains d’entre nous ont grandi avec Dorothée et les dessins de Cabu ! Notre Cabu !
Parce qu’on avait déja été ébranlés en 2011 par un cocktail molotov
Parce que Charlie Hebdo c’est un phénix qui s’est relevé de ses cendres en 2011
Parce qu’ils étaient impertinents, et franchement, c’est bon l’impertinence, on aime ça !
Parce que même si on pouvait être en désaccord avec eux, ces trublions nous faisaient rire !
Parce qu’aujourd’hui on a envie de pleurer
Parce qu’ils ont touché à un symbole, à la presse et à des artistes, et ça c’est inacceptable
Parce qu’ils seront irremplaçables

Parce qu’en tant que joueur, on a envie de faire un acte symbolique, surtout en cette occasion
Parce qu’on a envie de le crier sur tout les toits, dessinons le partout : NOUS SOMMES CHARLIE / WE ARE CHARLIE !

Et pour cet acte, quoi de mieux que le faire, les deux couleurs réunies, parce que ça nous touche tous ?”

 

 

Designer du projet éphémère : Cyliane

A coups de trajets, à pieds et en voiture, et d’utilisation intensive de leurs smartphones, les joueurs des deux factions d’Ingress, les bleus de la résistance et les verts des éclairés ont dessiné sur la France des crayons qui pointent vers Paris, entre autres hommages pour toutes les victimes de ces derniers jours.

 

Illustration en bannière d’article : NephilimK