Ecole démocratique de Corse

Ecole democratique de corse ajaccio

Les enseignements alternatifs se popularisent en Corse. Découvrons un nouvel exemple de ces écoles qui repensent le processus d’apprentissage.

Si vous avez des enfants entre 4 et 19 ans , sans doute avez-vous déjà entendu parler ou serez-vous intéressés par le concept alternatif de l’Ecole Démocratique de Corse. Evviva a décidé de s’intéresser à l’exemple d’une de ces écoles alternatives bénéficiant d’un regain d’intérêt ces dernières années.

Comme son nom l’indique l’Ecole Démocratique de Corse (ou E.D.C.) met la prise de décision commune et la responsabilisation au centre de son fonctionnement. Des consultations de chacun sont organisées toutes les semaines. L’acquisition de l’autonomie et la collaboration entre les enfants sont d’autres axes fondamentaux.

Une école pas comme les autres dans la cité impériale

Située dans la Résidence d’Ajaccio (Bât. C – Rue Nicolas Peraldi ) à Ajaccio, votre  web magazine Evviva a visité cette école pour vous. Nous souhaitions :

  • découvrir leurs locaux dans un premier temps
  • puis en apprendre plus sur les méthodes d’apprentissage proposés.

Issue du projet « La boussole », en développement depuis quatre ans, cette école a ouvert ses portes lors de la rentrée 2019.

Allons ensemble explorer ce lieu d’apprentissage. Une école assez unique en son genre et made in Corsica.

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Interview à l’Ecole Démocratique de Corse

Magalie Bartoli, l’une des « encadrante-enseignante », a répondu aux questions de ‘Evviva’

Evviva : « Il y  a-t-il une journée type à l’E.D.C. ? »

Magalie Bartoli : « Non, chaque jour est vraiment différent, les activités sont modulées au gré des envies des membres. Les enfants ont à leur disposition divers éléments matériels : salles, ouvrages divers et variés, jeux pédagogiques, ordinateurs, instruments de musique et matériel de dessin. Les ressources humaines sont qualifiées dans de nombreux domaines. Il y a néanmoins de la récurrence en terme de temporalité. Les enfants arrivent le matin, notent leur heure d’arrivée, mettent leur repas au réfrigérateur, et vont voir ce que les enseignants-encadrants sont en train de faire et choisissent l’activité qu’ils souhaitent »

Evviva : « Quelles sont alors les activités les plus récurrentes ? « 

Magalie Bartoli : « Il y a toujours des temps de propositions d’activités, des temps pour les décisions collectives. De ce fait il y a l’apprentissage de l’argumentation pour défendre ses choix et besoins. Les enfants se familiarisent aussi avec l’abstention. Il y a aussi le comité d’arbitrage pour que tout se déroule toujours bien. Les formulaires apprennent à structurer une pensée. Nos membres se construisent dans et par la vie en communauté, de la justice. On cultive la curiosité et tous s’instruisent à leur rythme, dans le respect de tous. Ils créent eux-même leur organisation et choisissent leurs activités. Les possibilités sont très larges et permettent aux enfants de déployer leur potentiel. Les « encadrants-enseignants » sont toujours là pour les épauler. Notre école accorde également une grande importance aux émotions, de ses acteurs, à leurs identifications et à leurs bonnes utilisation. « 

Evviva : « Pensez-vous que les « élèves » issus de votre école seront bien préparés pour vivre avec les enfants issus du cursus classqiue de l’éducation nationale ? »

Magalie Bartoli : « L’ apprentissage au sein de notre école s’appuie sur les spécificités de l’enfant. En effet, toute pédagogie devrait se faire en se greffant sur les affinités et compétences préexistantes de chaque enfant. C’est une méthode naturelle. Les connaissances par la suite seront ainsi très solidement acquises, durables dans le temps et adaptables à toutes situations de vie . De plus, un inspecteur d’académie peut à tout moment venir évaluer le bon déroulement des compétences de chacun des élèves en vue d’un suivi global de ces derniers. »

D’où viennent les écoles alternatives dites « démocratiques » ?

L’idée d’une autre forme de pédagogie n’est pas nouvelle. Concernant les écoles démocratiques :

La plus ancienne école de ce type est l’école Summerhill, fondée en 1921 en Angleterre, et toujours en activité aujourd’hui.

Ensuite imité par les États-Unis, avec la Sudbury Valley School. Elle fut la première de plusieurs centaines d’écoles similaires.

En France,« La croisée des chemins » fut la première école démocratique à voir le jour en 2014 à Dijon, suivie par « l’École Dynamique » en 2015 à Paris et « l’École Nikola Tesla » en 2016 à Lyon. En 2019, « l’EDC » ouvre à Ajaccio.

Il existe différents modèles d’éducation démocratique. L’École Démocratique de Corse a choisi de se former et de s’appuyer sur le modèle Sudbury qui a remporté le plus de succès sur le plan éducatif.

Le magazine Evviva remercie l ‘Ecole Démocratique de Corse pour son accueil chaleureux.

Pour plus d’information sur l’EDC, rendez-vous directement sur leur site .

« Beauté et émotion » – Pause philo ! #2

apollon et dionysos quel est le peintre de ce tableau

La création artistique révèle-t-elle la dimension tragique du monde ?

Cette question anime La naissance de la tragédie de Nietzsche. Pour ce dernier, la tragédie est

« l’art de la consolation métaphysique »

et ce dans la mesure où celle-ci naît du conflit sempiternel entre l’apollinien et le dionysien (ou le dionysiaque) ; autrement dit entre l’individuel et le sexuel du point de vue de la civilisation hellénistique.

L’individuum (« l’indivisible ») s’oppose fondamentalement au fatum (« destin »). En effet, l’instinct répond certes à des déterminations physiologiques, mais ces dernières sont-elles pour autant détectables à la différence des déterminations mécaniques ? Dans tous les cas, il s’agit pour Nietzsche de créer une différenciation, voire une forme de hiérarchisation, parmi les beaux-arts.

En quoi les arts graphiques et plastiques rivalisent-ils avec la musique ?

Derrière la figure d’Apollon, un des douze dieux de l’Olympe maîtrisant la lumière et l’intelligence, il y a la pensée des phénomènes, c’est-à-dire celle des choses qui nous apparaissent dans le monde sensible. Apollon symbolise la tension de la part des hommes vers l’ordre. Mais dans l’opéra tragique, la figure d’Apollon contraste avec celle de Dionysos, dieu de la vigne, de l’ivresse et de la transe, qui symbolise la tension purement physiologique vers l’oubli de soi et le désordre.

Entre Apollon et Dionysos, se joue précisément le conflit tragique entre le logos et le kaos. La musique est le seul des beaux-arts à chercher la transe, voire l’extase. Pour Nietzsche,

« le seul esprit de la musique nous fait comprendre qu’une joie puisse résulter de l’anéantissement de l’individu » [in La naissance de la tragédie, §16]

Ainsi, de la musique on ne peut retenir que la partition ; et ce, sans compter le fait que des musiciens peuvent jouer d’oreille.

Néanmoins, une question subsiste : L’art serait-il fondamentalement structuré tel un langage ? Rien n’est moins sûr.

[Cf. Esthétique de Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Tome II, trad. par C. Bénard revue et corrigée par B. Timmermans et P. Zaccaria, Paris, Librairie Générale Française, Le livre de poche- classiques de la philosophie, 1997, Troisième partie, Troisième section, Chapitre III, La poésie, Introduction, p.400 sqq.]

Cette série d’articles abordant la Philosophie de l’Art sous un nouvel angle vous sont proposés par :

Henri Feng , écrivain-philosophe, contributeur pour les Corsettes

« L’Art dans le Trait » – Pause philo ! #1

grotte chauvet pont d'arc -30 000 av. JC Ardèche- peinture rupestre

Ecrire, c’est dessiner et dessiner c’est écrire

En parlant au monde dans sa caverne, l’Homme de Cro-Magnon a fini par se parler à lui-même. Ses sons ont trouvé un écho. L’art graphique chinois (hanzi), comme les hiéroglyphes, se devaient de retranscrire ce qui était observé. L’inspection a donné lieu, dans un même geste, à une introspection.

Ecrire, c’est se redessiner. C’est se réinscrire

Si l’art se réalise sans règles précises, il s’agit alors de la création perpétuelle d’un autre univers. L’art est, par essence, idéaliste : il nie la réalité du monde extérieur pour mieux le sublimer, le magnifier.

Ce n’est pas seulement l’artiste, mais bel et bien l’homme, de façon générale, qui se définit comme animal angoissé et angoissant. Le néant est son seul divan. « L’art est un antidestin », affirme Malraux, dans Les voix du silence. Si le monde vécu se vit dans une angoisse infinie, il faut en conclure que l’angoisse est notre ordre universel.

Dès lors, l’art, comme l’amour, réagit à un ordre préétabli, un monde nécessairement angoissant. Créer consiste à s’angoisser de son angoisse : faire exploser, autant que possible, le code mathématique déchiffrable et mesurable par le scientifique. L’artiste aime enfin quand les autres s’angoissent. Voilà pourquoi Malraux nous dit encore :

« Comme l’amour, l’art n’est pas plaisir, mais passion »

Les apparences et les règles ne sont pas trompeuses, mais aux yeux de l’artiste, langoureuses et somptueuses. La prose s’impose contre les mauvais coups des haïku. Comment ne pas songer ici au courant surréaliste, notamment aux tableaux de Salvador Dali (1904-1989) ?

En matière de musique également, les accords se tordent dans les désaccords. L’album musical intitulé Medúlla de Björk (chanteuse islandaise née en 1965) donne l’exemple parfait d’une musique qui se réinvente perpétuellement : la chanteuse islandaise ne fait résonner autour d’elles que des voix au lieu de faire jouer des instruments.

La musique est définitivement chamanique. L’ordre artistique est clairement celui de la liberté. Cette dernière, ici, ne s’enferme ni dans le champ infini des possibilités ni dans les structures définies de la nécessité. Enfin, en littérature, les ratures ne sont pas tant des structures que des conjectures.

Ces articles abordant la Philosophie de l’Art sous un nouvel angle vous sont proposés par :

Henri Feng , écrivain-philosophe, contributeur pour les Corsettes

Prévision de la publication Pause Philosophie #2 : 10 mars 2018

Du Lazaret d’Ajaccio à François Ollandini

françois ollandini interieur

‘Les Corsettes’ ont eu le plaisir d’être reçues au Lazaret Ajaccio.

Revenons d’abord sur ce lieu important, et unique en Corse, qu’est le Lazaret.

Histoire du Lazaret d’Ajaccio

Dans le golfe d’Ajaccio, le Lazaret a été construit, comme dans tant d’autres villes portuaires, pour mettre en quarantaine les marins et leurs passagers lors des épidémies. Ce besoin se crée progressivement à partir de 1774, date à laquelle les autorités françaises interdisent aux pêcheurs corses de remonter le corail local (prétextant l’épuisement des fonds marins). Ces pêcheurs s’engagent alors dans la Compagnie royale et perpétuelle d’Afrique qui pêche du corail en « Barbarie » comme on appelait alors les pays de l’Afrique du Nord. À leur retour, ils doivent observer une quarantaine obligatoire à Marseille, Livourne ou Gènes. Ils réclament donc la construction d’un lazaret à Ajaccio pour s’épargner les frais d’un voyage plus long vers les ports français ou italiens. Ce n’est qu’après de nombreuses avaries et naufrages, que le ministre français de la Marine consent enfin à cette construction. Les travaux ne commenceront en définitive qu’en 1843.

Acquis en 1996 par François Ollandini, dont la famille est connue pour être pionnière du développement touristique en Corse, le Lazaret a été entièrement rénové. Le projet est inauguré en 1999, et il s’est depuis imposé comme une place culturelle majeure de la cité impériale d’Ajaccio.

 

Le lazaret et son programme culturel

 En premier lieu, le Lazaret est désormais connu (et reconnu) pour ses fameuses « Rencontres science et humanisme ». On a ainsi pu assister à de superbes conférences emmenées par des philosophes et des scientifiques de renom tel que Michel Onfray, Henri Atlan, Clément Rosset, Alain Finkielkraut, ou Michel Serres, mais également Stephen Hawking, Alain Connes, Hubert Reeves, Étienne Klein et Jean Pierre Luminet pour ne citer qu’eux.
 
Le Lazaret c’est aussi « Jazz in Aiacciu » où se sont produits entre autres Barbara Hendricks, Luz Casal, Michel Legrand, Michel Jonasz, Liz Mc Comb…

 Le Lazaret est une place culturelle majeure dans la cité impériale. C’est la résidence permanente de son propriétaire François Ollandini, et c’est à son initiative que le lieu s’est ouvert au public pour en dévoiler non seulement son cadre exceptionnel, mais aussi en faire un espace propice à l’échange.

L’espace propose une scénographie autour d’une collection permanente des œuvres de Marc Petit, considéré actuellement comme l’un des plus grands sculpteurs vivants.

 

L’Homme derrière le Lazaret : rencontre avec François Ollandini

François Ollandini n’est pas qu’un entrepreneur du tourisme. Tout d’abord, sa famille a rapidement orienté le tourisme vers un tourisme culturel. C’est bien cette notion de culture à laquelle François a porté une attention si particulière. C’est à son entière initiative que ce qui devrait être son lieu d’habitat s’est très vite transformé en un projet culturel. Le Lazaret avec son espace qui respire serait le bastion d’une culture accessible et vibrante. François à travers ce projet dépassait ainsi la notion de tourisme, il crée un lieu notable, un lieu à visiter, un lieu où s’instruire, un lieu qui vaut donc le déplacement.

 
François Ollandini est diplômé en philosophie, en économie et en sociologie. Amateur d’art, il est aujourd’hui un grand collectionneur d’art notamment des maîtres corses. Sa belle collection de pièces d’art contemporaines en fait un mécène important.
C’est également et surtout un grand donateur (que ce soit le musée Fesh, le musée de la Corse à Corte ou le musée national de la Maison-Bonaparte), il a déjà transmis à ces structures de nombreux chefs d’œuvre que ce soit en matière de peintures, de gravures, de meubles que de documents.
 
 

 

À l’occasion de ce petit échange avec ce diplômé de philosophie, nous avons évidemment voulu connaitre ses maîtres à penser. Ses philosophes préférés sont en autres Ricœur, Bachelard, Camus, mais aussi Sartre, Rosset, Alain ou encore Merleau-Ponty. Il n’a pu s’empêcher de nous faire des recommandations de lecture, ce qui dénote un de ces traits de caractère, celui de vouloir partager et de rendre accessible la culture.

 

Réflexion sur le tourisme et la Corse

Pour François Ollandini, la Corse a une culture très riche ; il suffit de la montrer pour qu’elle crée d’elle-même l’attractivité.

 

 

Le touriste vient chercher de l’originalité, la spécificité, l’enchantement et le ravissement. Qui est mieux placé que les locaux pour lui donner un aperçu du « Corsican way of life » ?

À ce sujet, il a écrit un ouvrage entre témoignage et essai sur le tourisme, Le Manifeste touristique.
http://www.albiana.fr/le-manifeste-touristique.html
 

 

Le lazaret et au-delà

François Ollandini travaille désormais à la concrétisation de son projet de musée sous-marin. L’idée fait son chemin à la direction départementale des territoires et de la mer D.D.T.M. Ce serait le troisième musée sous-marin au monde. Voilà un nouveau défi à relever, et François peut évidemment compter sur notre soutien, car ce projet qui relève en quelque sorte du land art ne peut que susciter l’intérêt des Corsettes.
 

Musée de Cancún.
 
 
‘Les Corsettes’ remercient Marie-Jeanne et François Ollandini de nous avoir accueillies chaleureusement chez eux au Lazaret.
Nous vous recommandons ce lieu de culture que vous veniez découvrir la cité impériale ou que vous soyez ajaccien. Les sculptures de Marc Petit qui rythment tout l’espace du Lazaret sont également à découvrir et redécouvrir et nous espérons vous présenter son travail dans un prochain article.

Raffiné moderne et ludique: le Grand Musée du Parfum

nephilimk au grand musee du parfum

Ouvert au public depuis décembre dernier, le grand Musée du Parfum, installé dans les anciens murs de la maison de couture Christian Lacroix, s’est donné pour mission de valoriser l’un des savoir-faire qui continuent de faire resplendir à la France de part le monde.

Un musée loin des sentiers battus

Si vous vous attendiez à longer des allées de flacons vous comprendrez vite que ce n’est pas la direction qui a été choisie. Le parfum n’est pas traité comme un bel objet à exposer mais au sens de fragrance. La magie des odeurs et de leurs savants mélanges voilà un défi astucieusement relevé par ce musée.

Tout le parcours est dédié à l’expérimentation, aux sensations. On va donc pointer le nez de-ci de-là au gré des installations. Ces expériences sont souvent soutenues par les nouvelles technologies, de façon plus ou moins discrète mais toujours avec l’élégance de la mise en forme.

Pour ce qui de la scénographie la partie « jardin des parfum » est une oeuvre d’art en soi. La « galerie des séducteurs » nous rappelle que le parfum a traversé l’histoire. Que ce soit Cléôpatre et Marc-Antoine, ou encore Napoléon et Eugénie, on découvre leurs usages du parfum. Le peintre Bruno Bressolin a entièrement illustré cette section, et son usage des couleurs vives fait de cette galerie un bel accord entre plaisir des yeux et intérêt culturel.

Le Grand Musée du Parfum, j’y vais?

Le point très positif à retenir c’est que mon appréhension à me retrouver submerger de mélanges odorants a vite fait place à un agréable constat.

Au Grand Musée du Parfum vous êtes totalement à l’opposé d’une visite dans une grande chaîne de parfumerie, ici toutes les senteurs sont très (très) subtiles. Pas de maux de tête, vous ne garderez en souvenir que des odeurs que votre odorat aura fait l’exercice de repérer et d’appréhender.
L’autre point positif, c’est que ce musée reste encore assez confidentiel. Si, comme moi, vous tournez les talons devant les files d’attente des grands musée si vous n’êtes pas muni d’un coupe-file (Louvre, Orsay, Grand Palais…), voilà une nouvelle adresse à inscrire parmi celles que je vous ai proposées jusqu’ici sur ce site.

Le but d’un tel musée? Bien sûr celui de valoriser le patrimoine, mais aussi peut-être créer des vocations car, au sortir de votre visite, vous serez fixés sur la finesse de votre sens olfactif.

Le Grand Musée du Parfum
73 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Plus d’infos sur leur site ou leur page Facebook
De 10h30 à 19h – fermé le lundi
Métro Miromesnil / Champs Elysées Clemenceau

Consulter également:
Hors série « Connaissance des Arts »  dédié au Musée

Texte par Nephi

Photos par Romain Vives
(envoyez nous un message pour faire appel à ses services)

Journée internationale de la femme: Le 8 mars et après?

bibliotheque municipale ajaccio conference isula viva les corsettes

La Corse a compté 210 procès pour violences conjugales l’année passée (2016).

Pour cet article dédié à une réflexion autour de la Journée internationale de la femme, les Corsettes ont choisit  de laisser la parole un homme, Django, musicien, parolier et vidéaste vivant à Ajaccio. Voici le texte qu’il nous a transmis.

Django, un humain:

« 8 mars 2017. Journée internationale des droits des femmes. J’assiste à une conférence très intéressante à la bibliothèque municipale d’Ajaccio sur les violences faites aux femmes. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Après un récit sur le destin tragique de Vanina d’Ornano et le témoignage courageux (et rare) d’une victime de maltraitance, un débat entre les organisateurs et le public a lieu. Comme le fait remarquer à voix basse une dame non loin de moi, la jeunesse est quasiment absente. Les quatre-vingt-dix minutes passent très vite et je sors de la conférence avec une question qui me taraude, la condition féminine va-t-elle en s’améliorant ?

Car si on fait un petit tour d’horizon des actualités on ne semble pas être dans l’avancée… Quelques exemples me viennent tout de suite à l’esprit: Denis Baupin va porter plainte contre ses victimes,  l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke assure que « les femmes doivent gagner moins car elles sont moins intelligentes » , le droit à l’avortement est toujours et encore  remis en cause… L’ère moderne est-elle enfin celle de la femme… Je me demande. Car si on observe la situation mondiale, le constat reste effrayant. Viols, mariages forcés, attaques à l’acide … Au total, un tiers de la population féminine mondiale est victime de violences physiques et verbales.

Cela correspond à un milliard de femmes environ.

8 mars 2017. On en est et en tant qu’humain j’ai du mal à y croire. »

 

 

 

 

Les Corsettes remercie très sincèrement les intervenants, ainsi que l’association culturelle Isula Viva et Pierre-Paul Battesti pour avoir organisé cette conférence consacrée aux violences faites aux femmes (et aux hommes parfois), une démarche humaniste qui veut informer et réconcilier ce qu’on sépare sans cesse. Car la journée de la femme ne doit pas être un moment de clivage homme/femme mais bien un moment de réflexion sur l’humain et sur le chemin qu’il doit encore parcourir pour que le respect de la personne et l’épanouissement soient donner à tout un chacun.

 

Remerciement à notre rédacteur invité Django pour son compte rendu ainsi que pour son implication dans la cause humaine dite encore malencontreusement « féminine ».

 

 

 

Rencontre avec le peintre Mario Sepulcre

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Les Corsettes sont allées à la rencontre de Mario Sepulcre, ce peintre Corse prolifique et à la démarche bien spécifique.
Les Corsettes :  Pour commencer, un mot sur votre technique?
Mario Sepulcre : Je peins à l’huile à la manière des peintres italiens de la Renaissance; j’ai été formé en Italie et au Québec où j’ai également étudié trois ans  les arts visuels contemporains. Au Québec j’ai appris au contact de Marius Dubois et Pierre Lissier les techniques figuratives.
J’ai conservé de mon adolescence la même envie de connaître et de travailler les techniques de la peinture a fresco; je me suis lancé dans les années 90 dans cette démarche un peu folle et le hasard de la vie m’a justement fait rencontrer des peintres qui peignaient à la chaux. J’ai travaillé par exemple un mois en total immersion avec Jeanne Marie Bertaux à Manosque.

 


L. C. :  Pourquoi cet attrait pour les techniques de la Renaissance ?
M. S. : Attiré par le surréalisme adolescent, j’ai découvert par la suite Botticelli ainsi que Giovanni Bellini, lors d’un voyage à Londres. S’en est suivi un long cheminement spirituel et des questionnements profonds quant à la démarche de l’idéal de la renaissance. Les créateurs et penseurs de cette époque sont pour moi une motivation poétique, une fenêtre sur l’apogée du Beau et de l’intellect. Cette démarche spirituelle manque aujourd’hui dans l’art contemporain ou le cœur est ignoré au profit de la recherche purement intellectuelle.

 

 

L.C :  L’art contemporain n’est donc pas dans vos bonnes « grâces » si je peux me permettre le jeu de mot ?
M.S : Dans son ensemble je le perçois comme une dictature intellectuelle qui ne cesse de se renforcer depuis 100 ans, une pensée unique mondiale qui occasionne un écran de fumée, rendant invisible la démarche de tant et tant d’ artistes. De plus les gouvernements, de droite ou de gauche confondus, encouragent l’art, mais ils l’encouragent toujours dans des logiques financières. L’Art perd peu à peu de sa portée philosophique et la technique est ammoindrie de ce fait d’une manière regrettable. J’aimerais plus d’ouverture dans l’art contemporain. Pourquoi le musée Fesch n’expose-t-il que le F.R.A.C. ?


L. C. : Question intéressante, nous essayeront de la leur soumettre. Passez ce préambule, parlez-nous maintenant de votre démarche.
M.S. : La peinture est une production figée qui questionne l’intimité du monde. Mes personnages religieux et mes natures mortes figurent la fragilité du monde et l’impermanence de l’existence, à la manière des ‘Vanités’.

Avec l’art pictural il s’agit de se confronter à une matière, à des lois physiques et chimiques où l’artiste procède par essai-erreur; les pigments, liants et supports nous mettent à l’épreuve constamment. La technique et le sujet ne cesse ainsi jamais de se répondre.

L’actualité 2017 du peintre Mario Sepulcre

L.C. : Vous avez réalisées des fresques, notamment peinture a fresco, dans la cour anglaise de la mairie d’Ajaccio, à Olmeto, à Saint Pierre de Venaco, à Zerubia et à Casabianca, entre-autre ; vous avez aussi participé aux « Arts s’affichent » à plusieurs reprises… une actualité?

 

 

M. S.: Oui j’expose jusqu’au dimanche 15 janvier un tableau sur le thème de Saint Sébastien dans le chœur de l’église St Roch d’Ajaccio. Ce tableau rejoindra par la suite la chapelle San Bastianu de Saint Pierre de Venaco.

 

Les Corsettes remercie Mario Sepulcre de leur avoir accordé cette interview.

Vous pouvez avoir plus de détail sur le travail de Mario Sepulcre via son site internet.

Et pour son actualité, n’hésitez pas à suivre sa page Facebook.

Les superbes théâtres du 14ème arrondissement

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Allez au théâtre quand on vit dans les arrondissements du Sud de Paris  n’est pas particulièrement dans les habitudes de vie. Aujourd’hui les Corsettes vous ouvrent les portes de 2 somptueux théâtres du 14ème qui sont bien connus des parisiens mais beaucoup moins des nouveaux arrivants.

Tous 2 situés à deux pas du métro Gaîté, leurs devantures respectives ne font pas particulièrement rêver ou du moins ne laisse présager, comme c’est souvent le cas pour les théâtres parisiens, de la qualité et du charme de leurs installations.

C’est donc non seulement pour leur programmation mais vous l’aurez compris également pour leur cadre que les Corsettes sont tombées sous le charme de ses 2 théâtres et ont si hâtes de vous les faire découvrir.

Plus besoin d ‘aller dans le 18ème pour rire aux éclats ou essuyer discrètement une petite larme d’émotion… si vous habitez le 15e, 14e ou encore 13e le quartier de Montparnasse vous est tout particulièrement accessible alors n’hésitez plus une seconde, il est grand temps de découvrir les joies d’une sortie théâtre dans le quartier qui au siècle dernier fut l’épicentre de la création artistique parisienne.

Le Théâtre de la Gaîté Montparnasse

Haut lieu de la distraction, la rue de la Gaité portait bien son nom au XIXème. En 1867, c’est donc une salle de café-concert qui ouvre ses portes pour mieux contribuer à animer les soirées des noctambules. Après la seconde guerre, c’est une salle dédiée au théâtre d’avant-garde. Juliette Greco y fait d’ailleurs ses débuts à tout juste 19 ans. Le théâtre a depuis été rénové et on a eu soin de garder en l’état le cadre de l’époque.

 

 

L’affiche est toujours variée. Actuellement vous pouvez par exemple assisté à Ivo Livi ou Le destin d’Yves Montand  qui rencontre un beau succès. Vous avez peut-être déjà remarqué cette affiche au détour d’un couloir de métro… c’est donc au Théâtre de la Gaité jusqu’à fin décembre et tarifs commencent à 18€.

En ses périodes de fête, nous avons également eu de bons échos sur Le Bossu de Notre Dame. C’est un spectacle pour toute la famille qui a tout pour plaire et divertir; les Corsettes essayeront d’y assister pour vous en dire un peu plus. Les places commencent à 14€ seulement.

Le Théâtre Montparnasse

Toujours dans le 14ème arrondissement de Paris et juste à côté du Théâtre de la Gaîté Montparnasse, on trouve le Théatre Montparnasse. Il y aurait de quoi les confondre de part leur nom mais leur style de programmation est cependant différent. La Gaîté aime à distraire; le  Montparnasse aime plus souvent à nous pousser à la réflexion. On peut donc y trouver des représentations plus axées « culture ». De grands auteurs et de très grands comédiens font ici vibrer les planches et les velours semblent amplis des échos de leur voix; la salle existe depuis le tout début du XIXe… c’est dire si c’est vrai!

 

Jusqu’à fin février, on a l’alléchante création « Poésie? » Fabrice Lucchini se laisse habiter par les vers de Rimbaud, le rythme de Céline, de Flaubert ou encore de Molière. Cette création est à voir jusqu’à fin février. C’est probablement un spectacle très couru, donc mieux vaut réserver à l’avance.

 

Les théâtres parisiens associés

La majorité des théâtres à Paris font parti de ce réseau. Pour trouver un spectacle ou une pièce de théâtre le plus simple est donc de garder un oeil sur leur site: www.theatresparisiensassocies.com

On peut d’ailleurs facilement consulter les spectacles par arrondissement ce qui est très pratique. Pour le 14ème arrondissement de Paris, d’autres salles existent (dont 2 du côté du métro Edgar Quinet: le Théâtre Rive Gauche et le Théâtre Edgar) mais nous n’avons pas encore poussé leur porte.

 

Idées et infos pratiques pour sortir une sortie théâtre dans le 14ème :

Consulter tous les spectacles du Théâtre Gaîté-Montparnasse

Consulter tous les spectacles du Théâtre Montparnasse

 

Que vous soyez en Corse ou à Paris, pas de jaloux découvrez par exemple dans cet article ce que Marianna Nativi et le Locu Teatrale ont à nous offrir actuellement à Ajaccio. Alors, on se fait une petite pièce ce soir les amis?

 

Adepte d’atypique? Ne manquez pas Gibert Peyre et ses automates

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L’univers de Gilbert Peyre est à découvrir grâce à la nouvelle exposition de la Halle Saint Pierre.

Inaugurée à la rentrée et courant jusqu’au 26 février, cette exposition monographique saura ravir tous les adeptes d’atypique et d’art singulier. La scénographie habituelle de la Halle Saint Pierre qui, en deux étages, nous fait passer de l’enfer au paradis, avec son rez-de-chaussée tout habillé de noir et à la lumière diffuse, et son premier étage tout de blanc vêtu, nous offre une nouvelle fois un parcours surprenant dans la création d’un artiste peu connu.

Gilbert Peyre crée des automates comme on en voit rarement. Grâce à des connaissances en mécanique et en électronique, cet artiste nous invite dans un univers poétique où le mécanique se mêle à l’organique. Toute l’exposition est donc en branle…  elle tape, crie, marche. Elle captive tout en dérangeant parfois. l’ambiance foraine n’est pas loin ! Les rouages sont mis à nu comme si la scène et les coulisses se mêlaient pour mieux brouiller les frontières.

 

 

Gilbert Peyre, qui travaille et réside à Paris, est né en 1947 en Haute-Provence. Il exerce tout d’abord divers métiers manuels puis monte à Paris à l’âge de 22 ans. Il gagne sa vie comme garçon de café et réalise à ce moment-là ses premières sculptures (en argile et papier) puis des jouets à roulette. Il s’installe finalement à Montmartre où il présente ses premières « sculptures-jouets » qui commencent à attirer l’attention grâce également à leur valeur artistique. Dans les années 90, il s’initie à l’électro-mécanique via un ami ingénieur puis apprend par lui-même la programmation informatique. Ses créations prennent de plus et plus d’envergure pour aboutir à une chorégraphie d’objets, à nulle autre pareille, telle qu’on peut la découvrir dans cette exposition.

 

 

Drôle, poétique, cinglante pour ne pas dire sanglante parfois… Préparez-vous à rentrer dans un conte enfantin et cruel. La récup’ se mêle à des dispositifs informatiques dans une chorégraphie où l’inerte se transforme et prend vie. Gilbert Peyre est un peu comme le père de Pinocchio qui d’un bout de bois tire un petit bonhomme qui marche et parle mais qui est aussi particulièrement espiègle.

On ne peut que saluer une nouvelle fois le choix de programmation de la Halle Saint Pierre qui offre de la visibilité à un artiste issu de cet art populaire, un art tout à la fois contemporain, accessible et qui par son unicité sait si bien nous faire vibrer.

 

Infos pratiques:

Gilbert Peyre- « L’électromécanomaniaque »

Jusqu’au 27 février 2017

Commissaire d’exposition: Martine Lusardy

La Halle Saint Pierre – 2 rue Ronsard, Paris 75018

Tous les jours – de 11h à 18h

Tarifs: 9€ (7€ en tarif réduit)

 

Crédits texte: Nephi

Crédits photo: Romain Vives (cf: http://manjari-partners.com/portfolios/romain-vives/)

 

 

L’éducation et la culture par Filu d’Amparera et Scénina.

Les Corsettes ont porté leurs investigations vers un centre culturel et éducatif, situé 15 boulevard Maglioli 20000 Ajaccio, dont le président est Rinatu Coti.

Depuis 10 ans déjà, Filu D’Amparera, qui a vu naître « la petite scène » tandis que Scénina, il y a  trois ans, développe un concept de distillation de la culture Corse.

Les Corsettes ont passé une semaine au contact des professeurs et des élèves. Les cours se déroulent dans une grande convivialité et une atmosphère chaleureuse.

 

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Interview de Jean-Pierre Godinat, professeur de chant de l’association Filu d’Amparera, et qui est l’un des instigateurs de Scénina.

Les Corsettes :

– Comment est née la petite scène : Scénina ?

Jean-Pierre Godinat :

– Née il y a 3 ans, à un moment difficile pour l’association Filu d’Amparera, il fallait créer une nouvelle trésorerie pour maintenir les ateliers et les tarifs de cette structure, car les baisses de subventions ne nous permettaient plus de boucler le budget.

Les Corsettes :

– Comment voyez-vous l’avenir de Scénina, ses évolutions?

Jean-Pierre Godinat :

– Déjà j’aimerais que cela continue et, pour ce faire, toute l’équipe essaie d’innover, de proposer des choses qui ne se font pas ailleurs, la grande convivialité du lieu permet des échanges et une dynamique intéressants pour cela.

 

Voici les membres de l’équipe pédagogique, les matières proposées sont très diverses.

Les cours auxquels vous pouvez vous inscrire:

Jean-Pierre Godinat: cours de chant

François Jandolo: guitare et piano

Antoine Tramini : cours de cetera

Jean Marc Leca : cours de corse Niveau I

Ghjuivan Santu Placenzotti:  langue Corse Niveau II et II

Jacques Maton : atelier et cours photo

Livia Stromboni  : atelier théâtre

Ceux-ci forment et animent également la troupe « Cabaret des Arts« .

Hélène Mattei : chant et éveil musical

Elle chante dans  le groupe polyphonique féminin I Maistrelli, groupe né au sein de Filu D’Amparera, composé de sept femmes qui viennent des quatre coins de la Corse.

 

Venez constater par vous-même l’élan de créativité qui est insufflé dans cet espace de création et de transmission.

Au vu de la palette des matières, le plus dur sera de choisir. Les cours s’adressent aussi bien aux adultes qu’aux enfants.

Pour plus d’informations,  pour vous inscrire ou pour les soutenir, vous pouvez les suivre sur leurs facebook respectifs : Scénina et Filu D’Amparera.

 

Les  Corsettes remercient toute l’équipe de Filu D’Amparéra et de Scénina pour son accueil très chaleureux.