Ecole démocratique de Corse

Ecole democratique de corse ajaccio

Les enseignements alternatifs se popularisent en Corse. Découvrons un nouvel exemple de ces écoles qui repensent le processus d’apprentissage.

Si vous avez des enfants entre 4 et 19 ans , sans doute avez-vous déjà entendu parler ou serez-vous intéressés par le concept alternatif de l’Ecole Démocratique de Corse. Evviva a décidé de s’intéresser à l’exemple d’une de ces écoles alternatives bénéficiant d’un regain d’intérêt ces dernières années.

Comme son nom l’indique l’Ecole Démocratique de Corse (ou E.D.C.) met la prise de décision commune et la responsabilisation au centre de son fonctionnement. Des consultations de chacun sont organisées toutes les semaines. L’acquisition de l’autonomie et la collaboration entre les enfants sont d’autres axes fondamentaux.

Une école pas comme les autres dans la cité impériale

Située dans la Résidence d’Ajaccio (Bât. C – Rue Nicolas Peraldi ) à Ajaccio, votre  web magazine Evviva a visité cette école pour vous. Nous souhaitions :

  • découvrir leurs locaux dans un premier temps
  • puis en apprendre plus sur les méthodes d’apprentissage proposés.

Issue du projet « La boussole », en développement depuis quatre ans, cette école a ouvert ses portes lors de la rentrée 2019.

Allons ensemble explorer ce lieu d’apprentissage. Une école assez unique en son genre et made in Corsica.

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Interview à l’Ecole Démocratique de Corse

Magalie Bartoli, l’une des “encadrante-enseignante”, a répondu aux questions de ‘Evviva’

Evviva : « Il y  a-t-il une journée type à l’E.D.C. ? »

Magalie Bartoli : « Non, chaque jour est vraiment différent, les activités sont modulées au gré des envies des membres. Les enfants ont à leur disposition divers éléments matériels : salles, ouvrages divers et variés, jeux pédagogiques, ordinateurs, instruments de musique et matériel de dessin. Les ressources humaines sont qualifiées dans de nombreux domaines. Il y a néanmoins de la récurrence en terme de temporalité. Les enfants arrivent le matin, notent leur heure d’arrivée, mettent leur repas au réfrigérateur, et vont voir ce que les enseignants-encadrants sont en train de faire et choisissent l’activité qu’ils souhaitent »

Evviva : « Quelles sont alors les activités les plus récurrentes ? “

Magalie Bartoli : « Il y a toujours des temps de propositions d’activités, des temps pour les décisions collectives. De ce fait il y a l’apprentissage de l’argumentation pour défendre ses choix et besoins. Les enfants se familiarisent aussi avec l’abstention. Il y a aussi le comité d’arbitrage pour que tout se déroule toujours bien. Les formulaires apprennent à structurer une pensée. Nos membres se construisent dans et par la vie en communauté, de la justice. On cultive la curiosité et tous s’instruisent à leur rythme, dans le respect de tous. Ils créent eux-même leur organisation et choisissent leurs activités. Les possibilités sont très larges et permettent aux enfants de déployer leur potentiel. Les “encadrants-enseignants” sont toujours là pour les épauler. Notre école accorde également une grande importance aux émotions, de ses acteurs, à leurs identifications et à leurs bonnes utilisation. “

Evviva : « Pensez-vous que les “élèves” issus de votre école seront bien préparés pour vivre avec les enfants issus du cursus classqiue de l’éducation nationale ?”

Magalie Bartoli : « L’ apprentissage au sein de notre école s’appuie sur les spécificités de l’enfant. En effet, toute pédagogie devrait se faire en se greffant sur les affinités et compétences préexistantes de chaque enfant. C’est une méthode naturelle. Les connaissances par la suite seront ainsi très solidement acquises, durables dans le temps et adaptables à toutes situations de vie . De plus, un inspecteur d’académie peut à tout moment venir évaluer le bon déroulement des compétences de chacun des élèves en vue d’un suivi global de ces derniers. »

D’où viennent les écoles alternatives dites “démocratiques” ?

L’idée d’une autre forme de pédagogie n’est pas nouvelle. Concernant les écoles démocratiques :

La plus ancienne école de ce type est l’école Summerhill, fondée en 1921 en Angleterre, et toujours en activité aujourd’hui.

Ensuite imité par les États-Unis, avec la Sudbury Valley School. Elle fut la première de plusieurs centaines d’écoles similaires.

En France,“La croisée des chemins” fut la première école démocratique à voir le jour en 2014 à Dijon, suivie par “l’École Dynamique” en 2015 à Paris et “l’École Nikola Tesla” en 2016 à Lyon. En 2019, “l’EDC” ouvre à Ajaccio.

Il existe différents modèles d’éducation démocratique. L’École Démocratique de Corse a choisi de se former et de s’appuyer sur le modèle Sudbury qui a remporté le plus de succès sur le plan éducatif.

Le magazine Evviva remercie l ‘Ecole Démocratique de Corse pour son accueil chaleureux.

Pour plus d’information sur l’EDC, rendez-vous directement sur leur site .

BD: le sanglier Razorbacu répond à nos questions!

razorbacu tome 6 couverture bd corse de sorlin

“Bonjour Razorbacu ! Alors parle-nous un peu de toi, on veut tout savoir !

– Salut, enchanté de vous rencontrer les Corsettes! Et bien je m’appelle Razorbacu et je suis le personnage principal d’une BD qui porte mon nom. Certains me comparent au Coyote de Bip Bip … il faut dire que je suis le sanglier le plus malchanceux de l’île de beauté!

Je suis né en février 2011 au travers d’une série de 9 planches noir et blanc que mon papa, Fabrice Sorlin, a proposé à la maison d’édition Corse de BD, Corsica Comix.

Mes premières aventures consistait en une parodie du film d’horreur de Russell Mulcahy, Razorback.

Ma première apparition publique se fait en Juin 2012 dans l’album « U Tintu ». Sur un ton très cartoon on y retrouve mes mésaventures de sanglier. Traqué par une famille de chasseur qui vie dans le village de Persu Persu, je dois survivre à ma condition de gibier.

Au cours des 6 albums édités chez Corsica Comix, il m’est arrivé de mourir 193 fois. Mais rassurez-vous je suis toujours là! Une fois passé le gag mortel qui fait rire petits et grands, mon papa en profite pour faire passer un message en deuxième lecture. Des thèmes comme l’écologie, le racisme, la spéculation, la maltraitance animal y sont abordés.

Le fil conducteur de tous ces albums est Rosette. Une petite cochonne dont je suis amoureux. Je voudrai bien l’épouser mais son père ne veut pas de sanglier dans leur famille. Avec le temps j’ai fini par me faire accepter. Alors que j’étais enfin heureux, un cochon du nom de Napoléon va prendre le pouvoir et m’accuser du meurtre de Neru, le père de Rosette.

Je vais devoir prendre la fuite afin de prouver mon innocence alors que les chasseurs et les grognards de Napoléon me traqueront. Cette nouvelle aventure vous la retrouverez dans le tome 6 « Wanted » qui sort le 24 juin 2017.

Les Corsettes:

Merci Razorbacu pour nous avoir accorder son interview, sans oublier Fabrice Sorlin ! ”

 

 

Dédicace samedi 24 juin à la librairie des Palmiers à Ajaccio et le 1 juillet à la FNAC Ajaccio

Vous pouvez vous procurer les albums en ligne sur le site de Corsica Comix

Journée internationale de la femme: Le 8 mars et après?

bibliotheque municipale ajaccio conference isula viva les corsettes

La Corse a compté 210 procès pour violences conjugales l’année passée (2016).

Pour cet article dédié à une réflexion autour de la Journée internationale de la femme, les Corsettes ont choisit  de laisser la parole un homme, Django, musicien, parolier et vidéaste vivant à Ajaccio. Voici le texte qu’il nous a transmis.

Django, un humain:

8 mars 2017. Journée internationale des droits des femmes. J’assiste à une conférence très intéressante à la bibliothèque municipale d’Ajaccio sur les violences faites aux femmes. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Après un récit sur le destin tragique de Vanina d’Ornano et le témoignage courageux (et rare) d’une victime de maltraitance, un débat entre les organisateurs et le public a lieu. Comme le fait remarquer à voix basse une dame non loin de moi, la jeunesse est quasiment absente. Les quatre-vingt-dix minutes passent très vite et je sors de la conférence avec une question qui me taraude, la condition féminine va-t-elle en s’améliorant ?

Car si on fait un petit tour d’horizon des actualités on ne semble pas être dans l’avancée… Quelques exemples me viennent tout de suite à l’esprit: Denis Baupin va porter plainte contre ses victimes,  l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke assure que « les femmes doivent gagner moins car elles sont moins intelligentes » , le droit à l’avortement est toujours et encore  remis en cause… L’ère moderne est-elle enfin celle de la femme… Je me demande. Car si on observe la situation mondiale, le constat reste effrayant. Viols, mariages forcés, attaques à l’acide … Au total, un tiers de la population féminine mondiale est victime de violences physiques et verbales.

Cela correspond à un milliard de femmes environ.

8 mars 2017. On en est et en tant qu’humain j’ai du mal à y croire.”

 

 

 

 

Les Corsettes remercie très sincèrement les intervenants, ainsi que l’association culturelle Isula Viva et Pierre-Paul Battesti pour avoir organisé cette conférence consacrée aux violences faites aux femmes (et aux hommes parfois), une démarche humaniste qui veut informer et réconcilier ce qu’on sépare sans cesse. Car la journée de la femme ne doit pas être un moment de clivage homme/femme mais bien un moment de réflexion sur l’humain et sur le chemin qu’il doit encore parcourir pour que le respect de la personne et l’épanouissement soient donner à tout un chacun.

 

Remerciement à notre rédacteur invité Django pour son compte rendu ainsi que pour son implication dans la cause humaine dite encore malencontreusement “féminine”.

 

 

 

Rencontre avec Marianna Nativi du Locu Teatrale

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Les Corsettes vont consacrer plusieurs épisodes à l’espace culturel Locu Teatrale, lieu devenu déjà depuis plusieurs années un incontournable de la vie culturelle à Ajaccio.

Pour ce premier volet, nous sommes heureuses d’avoir recueilli les propos de  l’un de ses piliers: l’artiste militante  Marianna Nativi

 

Les Corsettes :

Bonjour Marianna. Nous aimerions que vous nous en disiez un peu plus sur votre formation.

Marianna Nativi :

Je me suis formée au théâtre classique à Québec et en parallèle au théâtre de recherche de Jerzy Grotowski (précurseur du travail sur l’acteur dont l’ouvrage majeure est Vers un théâtre pauvre”). Les précurseurs de ma démarche actuelle ont été en Corse Dumenicu Togniotti et Saveriu Valentinu qui avait créé à l’époque le teatru paisanu” et qui m’ont poussé à croire en cette démarche dépouillée où le centre du propos est l’acteur et son corps. Revenue du canada j’ai fondé le Locu Teatrale qui en 1999 a été reconnu compagnie professionnelle et subventionnée par la collectivité ainsi que les affaires culturelles, la ville. Il ne faut pas que j’oublie de mentionner ma rencontre avec Rinatu Coti qui, à partir d’une trame que j’ai imaginée, d’écrire la première pièce de théâtre Sonniu di Raffaedda” qui a tourné dans tous les villages et a été prsenté au Avignon off. Cette pièce a inauguré le moteur de ma recherche vocale, corporelle, musicale, sonore, théâtrale. Elle a été parçue par l’inspecteur du théâtre de l’époque comme une recherche expérimentale originale et d’avant-garde. J’ai continué avec de nombreuses créations en langue corse, bilingues et méditerranéennes. A 2 reprises le co-fondateur du théâtre Grotowski est venu en corse faire la mise en scène d’un texte de Rinatu Coti que l’on a traduit pour l’occasion en quatre langues : corse, français, italien et espagnol. Ce co-fondateur, conseillé littéraire de Grotowski, référence international pour le théâtre nationale se nomme Ludwic Flaszen.

Mais, comment une artiste professionnelle ayant une démarche si spécifique et particulière, peut-elle être appréciée à sa juste valeur, au moment où la Corse a évolué vers, ce que j’appelle dans Azeza « Le complexe du colonisé » ?!!

Toutes les pièces sont des créations à part entière : écriture, musique, scénographie

… Pour moi les adaptations en langue corse sont un simple outil pédagogique. J’adapte donc pour le jeune public des textes connus du répertoire classique et contemporain.

 

Ces dernières années avec l’ouverture en 2007 de ce lieu, le Spaziu culturali, les créations ont été très diverses. Il y a eu par exemple la création d’après un texte de Christian Maïni « Francalossu » création nommée : « A muredda » et mise en scène par Nathanael Maïni. Ensuite, ont suivis  “Des raisons… des tas” en 2011, commande à Christian Maïni, sur le thème de l’enfermement , qui je peux désormais le dire a eu pour inspiration le cas d’Yvan Colonna avec lequel je correspond.

En décembre 2013 , inspirée par la résistante Danielle Casanova, une demande d’écriture a été faite à Rinatu Coti qui a travaillé à cette création pendant près d’un. “L’indomita Donna” est désormais en tournée et sera à l’affiche le 3 décembre 2016 avec des programmateurs venues de Sardaigne, de Marseille et de Corse pour une tournée en Italie et en Avignon. La mise en scène est de Saveriu Valentinu. La prochaine création 2017 se nomme “Ultimus” et portera sur la barbarie dans le monde et la disparition des petits peuples à forte identité . »

Les Corsettes :

Pouvez-vous nosu dire juste quelque mot au sujet de l’enseignement ?

M.N. :

Ce chemin de création mis à part, je dispense des stages et des cours en langue corse dans les écoles et collèges et ici au Locu Teatrale même. J’inaugure, cette année, ce que j’appelle des chantiers théâtraux qui sont des mis en espace de textes méconnus à redécouvrir. Le premier sera le texte du jeune comédiens Vincent Tray : Carnets intimes” où il livre un réflexion personnelle autour d’une jeunesse tourmentée où cependant l’art et le théâtre maintienne l’individu dans le positif.

Les Corsettes remercie Marianna Nativi un femme exceptionnelle au grand cœur qui fait chaque jour vivre et vibrer la culture corse.

 

La Corse à des ressources inépuisables et Les Corsettes se font une joie de vous les faire partager via le web . Contactez-nous pour que les Corsettes vous mettent en lumière. Merci encore à tous ceux qui nous encouragent.

 

Le film Subluna: court-métrage corse à soutenir

Le film Subluna est leur premier court-métrage deux artistes corses:  Emmeline Cambrils d’Ajaccio à la production, réalisation et montage et Dominique Birraldacci de Bastia également à la production, réalisation et musique, collaboratrices sur de nombreux projets en projection digitales, musique et vidéos artistiques. Elle créent ensemble l’association Sannataprod en 2015 pour la diffusion d’art audio visuel.

Subluna a été inscrit sur KissKissBankBank, un site participatif permettant à tout le monde de soutenir le projet. Des contreparties selon les dons permettent de remercier les gens pour leur participation.

Aperçu du film Subluna:

SUBLUNA est un court-métrage de 12 minutes s’inscrivant dans un genre fiction-expérimental. Le film est tourné majoritairement en Corse. Le film sera présenté dans de nombreux festivals dans la catégorie court-métrage (-15 min)

Deux rôles féminins racontent une rencontre à travers un voyage dans différentes dimensions. Á chaque rencontre, les deux femmes vont se perdre un peu plus, jusqu’à la mort. Inspiré du genre néo noir et des drames psychologiques. Le film SUBLUNA est un drame, un cauchemar qui nous échappe, qui nous est caché, mais qui existe partout, tout autour de nous, d’un bout à l’autre de la Terre.

L’intrigue :

Une allée énigmatique. Une ouverture. Elle est une cible que l’on enferme dans une nouvelle réalité…Que c’est-t-il passé?

 

 

Les Corsettes :

Comment l’idée de ce projet vous est-elle venue?

Emmeline Cambrils:

Après plusieurs années de collaboration avec Dominique Birraldacci autour du son et de l’image, nous avons eu envie de réaliser un court-métrage. Cela nous permettait enfin d’aborder la notion de l’écriture et de mêler nos influences cinématographiques qui s’articulent autour de la science fiction du virtuel et des ambiances de film néo-noir. De plus, cela nous permettait de parler d’un sujet qui nous tient à cœur : la libération animale.

Les C. :

Où pourrons-nous voir le court-métrage?

 

E. C.:

Le court-métrage est en post-production, il sera terminé au mois d’août, il sera envoyé dans des festivals corses et internationaux, c’est en majorité pour cela que nous l’avons inscrit sur KissKissBankBank, afin de financer les inscriptions. Les gens qui choisiront de soutenir le projet pourront le voir en exclusivité sur un lien privé (selon le don).

Pour ceux qui veulent avoir un avant-goût, la bande-annonce :

https://youtu.be/tu9o-YtwVfQ

Les C.:

Quels sont vos futurs projets?

E. C.:

Nous écrivons avec Dominique un long métrage qui sera tourné en Corse, le sujet portera sur une héroïne qui vivra une aventure étrange toujours inspirée par la science fiction.

Pour ceux et celles qui veulent soutenir un projet et aider à finaliser la réalisation d’un court-métrage corse, vous pouvez faire un don (de 5 euros à 500 euros) sur la plateforme participative de KissKissBankBank : https://www.kisskissbankbank.com/subluna

Pour contacter directement le duo à l’origine du projet pouvez passer par le site de leur association: http://www.sannata.org/

Les projets féminins sont des entités assez rares et précieuses pour qu’il soit important de les soutenir et de les faire connaître.

On compte sur vous pour en parler et partager l’information.

 

Jacques Culioli sur les traces des soldats Corses de 14-18

poilu soldat corse statue verdun - Fleury-devant-Douaumont jacques culioli

Les Corsettes, qui s’intéressent à tous les sujets, sont parties à la rencontre de Jacques Culioli, chanteur, membre fondateur du groupe Arapà et créateur de l’association Aio Zitelli. Nous avons fait avec lui le voyage de mémoire qu’il organise avec l’association sur les traces des 173e et 373e RI de la guerre de 14-18.

Voici la vidéo de l’interview qu’il a bien voulu nous donner.

Interview de Jacques Culioli, chanteur du groupe Arapà, dans les pas des poilus près de Verdun:

 

 

Si cette vidéo vous a plu et qu’elle vous a donné envie d’en savoir plus, voici quelques liens pour poursuivre :

la page facebook de Jacques Culioli
La page facebook d’Aio Zitelli
Le site du groupe Arapà

Images naïves pour traduire le Corse #2

coquillage-dessin-shell-sketch-NephilimK

Demander à une cortenaise de traduire le mot coquillage… voilà une demande incongrue ! Pour cela j’ai demandé le renfort de Petru F. qui a également traduit une phrase où le mot est utilisé.

 

J’ai pris modèle sur des coquillages plus ou moins exotiques, exposés à la Grande galerie de l’évolution. Pour ceux que cela intéresserait voici leurs noms suivant la numérotation de la planche:

  1. Porcelaine oeuf
  2. Porcelaine tigre
  3. Peigne de Vénus
  4. Volute impériale
  5. 6. 7. Mitre pontificale/ épiscopale / commune

 

Traduire “coquillage” en langue corse

 

“J’aime aller à la plage pour me promener. Hier, j’ai trouvé dans le sable de beaux coquillages que j’ai offert à ma meilleure amie. Viens à la mer avec moi chercher des coquillages !”

“O chì piacè per mè d’andà à spassighjà mi in bor’di mare. Eri, aghju trovu qualchi bellu bicciurculu ch’aghju portu in rigalu à a mio amica a più cara. Veni puru cun mè à cantu di mare à circà i bicciurculi !”

 

Vous savez désormais comment traduire coquillage en langue corse!

Et vous pourrez aussi l’apprendre à vos enfants !

N’hésitez pas à proposer des mots que vous voudriez voir illustrer dans cette série d’images naïves pour apprendre le corse aux petits ET grands enfants.

 

A prestu !

Crédits images et textes: NephilimK

 

Dio Vi Salvi Regina, paroles de l’Hymne Corse pour fêter le 8 décembre

En ce 8 décembre, jour anniversaire de la Nation Corse, chantons l’hymne “Dio vi salvi regina”  qui célèbre la protectrice de notre île (voir la page wikipedia en langue corse) .

On pourrait traduire son titre par “Que Dieu Vous Garde, ô Reine”. Pour ceux qui ne connaissent pas cet hymne vous pouvez l’écouter dans 2 versions un peu plus bas dans l’article.

 

Dio Vi Salvi Regina

Dio vi salvi Regina
E Madre Universale
Per cui favor si sale
Al Paradiso.

Voi siete gioia e riso
Di tutti i sconsolati,
Di tutti i tribolati,
Unica speme.

A voi sospira e geme
Il nostro afflitto cuore,
In un mar di dolore
E d’amarezza.

Maria, mar di dolcezza
I vostri occhi pietosi,
Materni ed amorosi
A noi volgete.

Noi miseri accogliete
Nel vostro santo Velo
Il vostro Figlio in Cielo
A noi mostrate.

Gradite ed ascoltate,
O Vergine Maria,
Dolce, clemente e pia,
Gli affetti nostri.

Voi dei nemici nostri
A noi date vittoria ;
E poi l’Eterna gloria
In Paradiso.

 

Traduction en français

Que Dieu vous garde, Reine,
Et Mère universelle
Par qui on s’élève
Jusqu’au Paradis.

Vous êtes la joie et le rire
De tous les attristés,
De tous les tourmentés,
L’unique espérance..

Vers vous soupire et gémit
Notre cœur affligé
Dans une mer de douleur
Et d’amertume.

Marie, mer de douceur,
Vos yeux pieux
Maternels et aimants,
Tournez-les vers nous.

Nous, malheureux, accueillez-nous,
En votre saint Voile
Votre fils au Ciel
Montrez-le nous.

Acceptez et écoutez
Ô Vierge Marie,
Douce, clémente et pieuse,
Nos marques d’affection.

Sur nos ennemis
Donnez-nous la victoire ;
Et puis l’Éternelle gloire
Au Paradis

 

Le “Dio” est l’hymne corse depuis 1735.

Quelques vidéos pour l’écouter:

Petite découverte avec une interprétation du groupe allemand Annwn, passionné par les mythes régionaux entres autres.

Version live du groupe “Canta u populu corsu”

 

 

1755: la constitution de Paoli donne le droit de vote aux femmes corses

Au bonheur des dames!

Voici que s’achève la journée internationale de la femme, et j’avoue en éprouver un certain soulagement car ce jour tant qu’il sera célébré aura ce goût amer: celui de se sentir désignée comme un corps différent au sein de la société, celui de se voir rappeler les maltraitances diverses et variées subies à chaque instant aux 4 coins du globe. A cela s’ajoute plus vilement, l’engorgement de ma boîte mail, saturée d’offres “hommage” me permettant de bénéficier de réduction X ou Y sur des produits dont le prix de départ est en prévision gonflé… En résumé c’est une journée dédiée “aux femmes victimes/consommatrices”. Il n’y a pas à dire, si cette république me demandait mon avis sur le maintien de cette journée, je voterais “non merci j’ai eu ma part”, mais la république si elle sait “fêter” les femmes ne semble pas très encline à les consulter.

 

La journée internationale de la femme c’est avant tout un souvenir. Le souvenir des luttes féministes ménées au début du XXème siècle. En France, aux Etats-Unis, en Russie… c’est à l’initiative de l’allemande Clara Zetkin que la première journée internationale de la femme a lieu le 19 mars 1911. Le droit de vote! Des droits équivalents aux hommes dans le travail! Cette journée est initialement un combat et c’est grâce à une poignée de femmes et d’hommes que le droit d’accéder aux urnes est accordé peu à peu à nous toutes, heureuses occidentales!

 

 

*Pour tous exceptés…

C’est justement en repensant à cette scandaleuse épopée du Droit de Vote* que je me suis souvenue que si les françaises avaient du attendre 1944 (ça me fait toujours un peu froid dans le dos le rappel de cette date), ils n’avaient pas fallu attendre le XXème siècle pour que le sujet soit débattu. Nos bienheureuses ancêtres insulaires furent de part le monde les toutes premières à se voir octroyer le droit de vote. En effet en 1755, la République de Paoli octroie très clairement le droit de vote aux femmes dans sa constitution. Pascal Paoli était inspiré par les lumières de France et d’Europe; les français qui s’emparent de l’île en 1769 suivront d’autres inspirations et supprimeront hélas immédiatement ce droit.

 

 

1755-1769, un record historique

Mais est-ce l’unique symbole historique de l’égalité homme-femme en Corse?

Sur ce point historique plus technique je laisse la main à Anna car elle doit avoir quelques précisions à nous donner.

 

La famille en Corse au 14ème siècle est au centre de la société, elle en est le pilier. Cette conception méditerranéenne dérive du système grec dans lequel il ne peut y avoir de communauté politique (cité) sans communauté domestique. Néanmoins, eu égard au caractère patriarcal et aristocratique de la famille Corse, il est intéressant de constater que les femmes ont bénéficié de droits relativement tôt, notamment en matière de succession, avec les statuts de San Colombano dans un addendum de 1498. Le principe de l’égalité successorale énonce ainsi qu’en l’absence de testament du défunt, le “bien” du père doit être attribué au fils mâle ou à la fille légitime ou au bâtard. Leur acceptation de cette succession est pour eux un devoir, ils ne sauraient y renoncer comme cela était permis dans certains statuts comme ceux de Florence. La coutume traditionnelle Corse admet la succession de pleins droits: les héritiers en sont donc les bénéficiaires réservataires. Ces derniers ne peuvent être que les descendants en ligne direct du père. Dès lors, il semble intéressant de souligner l’égalité entre les descendants, sans privilèges accordés à l’un d’entre eux quelque soit leur âge ou leur sexe. En dépit de la pater familias, il est intéressant d’observer les droits des femmes selon les sociétés et selon les époques. Les sociétés méditerranéennes sont parfois assimilées à tord à des sociétés hostiles aux femmes mais les statuts de San Colombano nous montrent l’avancée du combat pour les droits des femmes sur certains aspects.

Humhum.. Merci Anna pour ce point historique de droit! De mon côté je vais peut-être relire 2 fois ce paragraphe car je ne suis pas encore remise du choc de ce scoop!

A prestu!

 

Crédits texte:

Nephilimk (part1)

 Anna M. (part2)

 

A tous les hommes et les femmes de bonne volonté, allez-en paix!