Raffiné moderne et ludique: le Grand Musée du Parfum

nephilimk au grand musee du parfum

Ouvert au public depuis décembre dernier, le grand Musée du Parfum, installé dans les anciens murs de la maison de couture Christian Lacroix, s’est donné pour mission de valoriser l’un des savoir-faire qui continuent de faire resplendir à la France de part le monde.

Un musée loin des sentiers battus

Si vous vous attendiez à longer des allées de flacons vous comprendrez vite que ce n’est pas la direction qui a été choisie. Le parfum n’est pas traité comme un bel objet à exposer mais au sens de fragrance. La magie des odeurs et de leurs savants mélanges voilà un défi astucieusement relevé par ce musée.

Tout le parcours est dédié à l’expérimentation, aux sensations. On va donc pointer le nez de-ci de-là au gré des installations. Ces expériences sont souvent soutenues par les nouvelles technologies, de façon plus ou moins discrète mais toujours avec l’élégance de la mise en forme.

Pour ce qui de la scénographie la partie “jardin des parfum” est une oeuvre d’art en soi. La “galerie des séducteurs” nous rappelle que le parfum a traversé l’histoire. Que ce soit Cléôpatre et Marc-Antoine, ou encore Napoléon et Eugénie, on découvre leurs usages du parfum. Le peintre Bruno Bressolin a entièrement illustré cette section, et son usage des couleurs vives fait de cette galerie un bel accord entre plaisir des yeux et intérêt culturel.

Le Grand Musée du Parfum, j’y vais?

Le point très positif à retenir c’est que mon appréhension à me retrouver submerger de mélanges odorants a vite fait place à un agréable constat.

Au Grand Musée du Parfum vous êtes totalement à l’opposé d’une visite dans une grande chaîne de parfumerie, ici toutes les senteurs sont très (très) subtiles. Pas de maux de tête, vous ne garderez en souvenir que des odeurs que votre odorat aura fait l’exercice de repérer et d’appréhender.
L’autre point positif, c’est que ce musée reste encore assez confidentiel. Si, comme moi, vous tournez les talons devant les files d’attente des grands musée si vous n’êtes pas muni d’un coupe-file (Louvre, Orsay, Grand Palais…), voilà une nouvelle adresse à inscrire parmi celles que je vous ai proposées jusqu’ici sur ce site.

Le but d’un tel musée? Bien sûr celui de valoriser le patrimoine, mais aussi peut-être créer des vocations car, au sortir de votre visite, vous serez fixés sur la finesse de votre sens olfactif.

Le Grand Musée du Parfum
73 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Plus d’infos sur leur site ou leur page Facebook
De 10h30 à 19h – fermé le lundi
Métro Miromesnil / Champs Elysées Clemenceau

Consulter également:
Hors série “Connaissance des Arts”  dédié au Musée

Texte par Nephi

Photos par Romain Vives
(envoyez nous un message pour faire appel à ses services)

Journée internationale de la femme: Le 8 mars et après?

bibliotheque municipale ajaccio conference isula viva les corsettes

La Corse a compté 210 procès pour violences conjugales l’année passée (2016).

Pour cet article dédié à une réflexion autour de la Journée internationale de la femme, les Corsettes ont choisit  de laisser la parole un homme, Django, musicien, parolier et vidéaste vivant à Ajaccio. Voici le texte qu’il nous a transmis.

Django, un humain:

8 mars 2017. Journée internationale des droits des femmes. J’assiste à une conférence très intéressante à la bibliothèque municipale d’Ajaccio sur les violences faites aux femmes. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Après un récit sur le destin tragique de Vanina d’Ornano et le témoignage courageux (et rare) d’une victime de maltraitance, un débat entre les organisateurs et le public a lieu. Comme le fait remarquer à voix basse une dame non loin de moi, la jeunesse est quasiment absente. Les quatre-vingt-dix minutes passent très vite et je sors de la conférence avec une question qui me taraude, la condition féminine va-t-elle en s’améliorant ?

Car si on fait un petit tour d’horizon des actualités on ne semble pas être dans l’avancée… Quelques exemples me viennent tout de suite à l’esprit: Denis Baupin va porter plainte contre ses victimes,  l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke assure que « les femmes doivent gagner moins car elles sont moins intelligentes » , le droit à l’avortement est toujours et encore  remis en cause… L’ère moderne est-elle enfin celle de la femme… Je me demande. Car si on observe la situation mondiale, le constat reste effrayant. Viols, mariages forcés, attaques à l’acide … Au total, un tiers de la population féminine mondiale est victime de violences physiques et verbales.

Cela correspond à un milliard de femmes environ.

8 mars 2017. On en est et en tant qu’humain j’ai du mal à y croire.”

 

 

 

 

Les Corsettes remercie très sincèrement les intervenants, ainsi que l’association culturelle Isula Viva et Pierre-Paul Battesti pour avoir organisé cette conférence consacrée aux violences faites aux femmes (et aux hommes parfois), une démarche humaniste qui veut informer et réconcilier ce qu’on sépare sans cesse. Car la journée de la femme ne doit pas être un moment de clivage homme/femme mais bien un moment de réflexion sur l’humain et sur le chemin qu’il doit encore parcourir pour que le respect de la personne et l’épanouissement soient donner à tout un chacun.

 

Remerciement à notre rédacteur invité Django pour son compte rendu ainsi que pour son implication dans la cause humaine dite encore malencontreusement “féminine”.

 

 

 

Les superbes théâtres du 14ème arrondissement

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Allez au théâtre quand on vit dans les arrondissements du Sud de Paris  n’est pas particulièrement dans les habitudes de vie. Aujourd’hui les Corsettes vous ouvrent les portes de 2 somptueux théâtres du 14ème qui sont bien connus des parisiens mais beaucoup moins des nouveaux arrivants.

Tous 2 situés à deux pas du métro Gaîté, leurs devantures respectives ne font pas particulièrement rêver ou du moins ne laisse présager, comme c’est souvent le cas pour les théâtres parisiens, de la qualité et du charme de leurs installations.

C’est donc non seulement pour leur programmation mais vous l’aurez compris également pour leur cadre que les Corsettes sont tombées sous le charme de ses 2 théâtres et ont si hâtes de vous les faire découvrir.

Plus besoin d ‘aller dans le 18ème pour rire aux éclats ou essuyer discrètement une petite larme d’émotion… si vous habitez le 15e, 14e ou encore 13e le quartier de Montparnasse vous est tout particulièrement accessible alors n’hésitez plus une seconde, il est grand temps de découvrir les joies d’une sortie théâtre dans le quartier qui au siècle dernier fut l’épicentre de la création artistique parisienne.

Le Théâtre de la Gaîté Montparnasse

Haut lieu de la distraction, la rue de la Gaité portait bien son nom au XIXème. En 1867, c’est donc une salle de café-concert qui ouvre ses portes pour mieux contribuer à animer les soirées des noctambules. Après la seconde guerre, c’est une salle dédiée au théâtre d’avant-garde. Juliette Greco y fait d’ailleurs ses débuts à tout juste 19 ans. Le théâtre a depuis été rénové et on a eu soin de garder en l’état le cadre de l’époque.

 

 

L’affiche est toujours variée. Actuellement vous pouvez par exemple assisté à Ivo Livi ou Le destin d’Yves Montand  qui rencontre un beau succès. Vous avez peut-être déjà remarqué cette affiche au détour d’un couloir de métro… c’est donc au Théâtre de la Gaité jusqu’à fin décembre et tarifs commencent à 18€.

En ses périodes de fête, nous avons également eu de bons échos sur Le Bossu de Notre Dame. C’est un spectacle pour toute la famille qui a tout pour plaire et divertir; les Corsettes essayeront d’y assister pour vous en dire un peu plus. Les places commencent à 14€ seulement.

Le Théâtre Montparnasse

Toujours dans le 14ème arrondissement de Paris et juste à côté du Théâtre de la Gaîté Montparnasse, on trouve le Théatre Montparnasse. Il y aurait de quoi les confondre de part leur nom mais leur style de programmation est cependant différent. La Gaîté aime à distraire; le  Montparnasse aime plus souvent à nous pousser à la réflexion. On peut donc y trouver des représentations plus axées “culture”. De grands auteurs et de très grands comédiens font ici vibrer les planches et les velours semblent amplis des échos de leur voix; la salle existe depuis le tout début du XIXe… c’est dire si c’est vrai!

 

Jusqu’à fin février, on a l’alléchante création “Poésie?” Fabrice Lucchini se laisse habiter par les vers de Rimbaud, le rythme de Céline, de Flaubert ou encore de Molière. Cette création est à voir jusqu’à fin février. C’est probablement un spectacle très couru, donc mieux vaut réserver à l’avance.

 

Les théâtres parisiens associés

La majorité des théâtres à Paris font parti de ce réseau. Pour trouver un spectacle ou une pièce de théâtre le plus simple est donc de garder un oeil sur leur site: www.theatresparisiensassocies.com

On peut d’ailleurs facilement consulter les spectacles par arrondissement ce qui est très pratique. Pour le 14ème arrondissement de Paris, d’autres salles existent (dont 2 du côté du métro Edgar Quinet: le Théâtre Rive Gauche et le Théâtre Edgar) mais nous n’avons pas encore poussé leur porte.

 

Idées et infos pratiques pour sortir une sortie théâtre dans le 14ème :

Consulter tous les spectacles du Théâtre Gaîté-Montparnasse

Consulter tous les spectacles du Théâtre Montparnasse

 

Que vous soyez en Corse ou à Paris, pas de jaloux découvrez par exemple dans cet article ce que Marianna Nativi et le Locu Teatrale ont à nous offrir actuellement à Ajaccio. Alors, on se fait une petite pièce ce soir les amis?

 

Adepte d’atypique? Ne manquez pas Gibert Peyre et ses automates

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L’univers de Gilbert Peyre est à découvrir grâce à la nouvelle exposition de la Halle Saint Pierre.

Inaugurée à la rentrée et courant jusqu’au 26 février, cette exposition monographique saura ravir tous les adeptes d’atypique et d’art singulier. La scénographie habituelle de la Halle Saint Pierre qui, en deux étages, nous fait passer de l’enfer au paradis, avec son rez-de-chaussée tout habillé de noir et à la lumière diffuse, et son premier étage tout de blanc vêtu, nous offre une nouvelle fois un parcours surprenant dans la création d’un artiste peu connu.

Gilbert Peyre crée des automates comme on en voit rarement. Grâce à des connaissances en mécanique et en électronique, cet artiste nous invite dans un univers poétique où le mécanique se mêle à l’organique. Toute l’exposition est donc en branle…  elle tape, crie, marche. Elle captive tout en dérangeant parfois. l’ambiance foraine n’est pas loin ! Les rouages sont mis à nu comme si la scène et les coulisses se mêlaient pour mieux brouiller les frontières.

 

 

Gilbert Peyre, qui travaille et réside à Paris, est né en 1947 en Haute-Provence. Il exerce tout d’abord divers métiers manuels puis monte à Paris à l’âge de 22 ans. Il gagne sa vie comme garçon de café et réalise à ce moment-là ses premières sculptures (en argile et papier) puis des jouets à roulette. Il s’installe finalement à Montmartre où il présente ses premières “sculptures-jouets” qui commencent à attirer l’attention grâce également à leur valeur artistique. Dans les années 90, il s’initie à l’électro-mécanique via un ami ingénieur puis apprend par lui-même la programmation informatique. Ses créations prennent de plus et plus d’envergure pour aboutir à une chorégraphie d’objets, à nulle autre pareille, telle qu’on peut la découvrir dans cette exposition.

 

 

Drôle, poétique, cinglante pour ne pas dire sanglante parfois… Préparez-vous à rentrer dans un conte enfantin et cruel. La récup’ se mêle à des dispositifs informatiques dans une chorégraphie où l’inerte se transforme et prend vie. Gilbert Peyre est un peu comme le père de Pinocchio qui d’un bout de bois tire un petit bonhomme qui marche et parle mais qui est aussi particulièrement espiègle.

On ne peut que saluer une nouvelle fois le choix de programmation de la Halle Saint Pierre qui offre de la visibilité à un artiste issu de cet art populaire, un art tout à la fois contemporain, accessible et qui par son unicité sait si bien nous faire vibrer.

 

Infos pratiques:

Gilbert Peyre- “L’électromécanomaniaque”

Jusqu’au 27 février 2017

Commissaire d’exposition: Martine Lusardy

La Halle Saint Pierre – 2 rue Ronsard, Paris 75018

Tous les jours – de 11h à 18h

Tarifs: 9€ (7€ en tarif réduit)

 

Crédits texte: Nephi

Crédits photo: Romain Vives (cf: http://manjari-partners.com/portfolios/romain-vives/)

 

 

Marrakech en hiver? Avis de voyage/ visite en photos

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Envie de soleil en hiver? Allons retrouver un teint hâlé au Maroc; et à Marrakech l’ensoleillement n’est pas le seul attrait. Le souk, les anciennes mosquées à visiter, l’intimité d’un riad… Les “pour” sont nombreux! Il y a aussi quelques “contre” qui sont peut-être plus subjectifs. En tant que femme (seule), il est fort probable que vous ne vous y sentiez pas du tout à l’aise. Les marocaines ne montrent pas leurs jambes et très majoritairement leurs cheveux non plus. Si vous êtes en groupe, les regards que vous attirerez seront nettement moins gênants que si vous voyagez seule.

En résumé le petit guide d’un séjour tranquille à Marrakech ,si vous êtes une femme, reviendrait à une attention particulière portée à votre tenue: aussi sexy que vous le voulez à l’intérieur de votre riad (hôtel) mais tenue très sage pour l’extérieur.

En hiver, il peut faire 30°, donc pensez à mettre 2 pantalons en lin opaque dans votre valise et vous pourrez ainsi chiner agréablement dans le souk toute la journée.

Pour ce voyage, je logeais dans un superbe riad un peu excentré et j’avoue que c’est bel et bien le quartier plus populaire dans lequel il était situé que j’ai trouvé le plus agréable. Les gens y étaient plus sincères et attachants que dans le centre touristique où vous êtes uniquement un billet sur pattes…

Balade dans la Medina (Souk): pâtisseries, produits de beauté et artisanat marocain

 

 

Le jardin de Majorelle, rue Yves Saint Laurent…

C’est le peintre orientaliste Jacques Majorelle en 1931 qui y crée un atelier d’artiste dans le style Art Déco avec la présence forte d’une teinte, un bleu qui deviendra emblématique. On peut d’ailleurs facilement se procurer au Maroc les pigments pour obtenir cet irradiant “bleu Majorelle”.

En 198o Yves Saint Laurent tombe amoureux de l’endroit et fait l’acquisition du Jardin (article Corsettes connexe sur Yves Saint Laurent) ; il y passera la fin de sa vie. La Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent y a érigé une stèle en son souvenir. L’entrée est un peu chère mais la fondation consacre l’entièreté de cet argent à l’entretien du lieu et à des actions culturelles et sociales au Maroc. Ce jardin est un endroit absolument atypique et chatoyant dont les couleurs vous resteront à jamais à l’esprit. Voici plein de photos pour vos mirettes!      http://www.jardinmajorelle.com

Un tour dans la palmeraie proche Marrakech

Vous pouvez le faire à dos de chameau, en habit traditionnel mais la palmeraie vaut aussi le détour pour ces palais cachés

Ancienne école coranique, Medersa Ben Youssef

Amoureux des mosaïques, votre mission sera de trouver cette école dans le dédale des rues de Marrakech! c’est un lieu au décor à couper le souffle tant le travail des mosaïques est exemplaire de diversité. A l’étage, se trouvent les anciennes chambres des élèves tel un souvenir de leurs vies détachées de tout confort matériel.

 

Le Calme du Riad

Après une chaude journée sous le soleil d’hiver, retrouver la fraîcheur du Riad est un plaisir à tout point de vue. Un riad ne laisse jamais rien deviner de ses charmes depuis l’extérieur. Il est à mon sens la parfaite métaphore de la femme marocaine: sa beauté secrète fait son charme et aiguise la curiosité. La porte d’un riad ne s’entrouve qu’un instant,  les passants n’ont pas le temps d’entrevoir les trésors qu’il recèle. Dans le riad, tout est tourné vers l’intérieur et on oublie bien vite le monde extérieur… seul le minaret le plus proche saura vous le rappeler.

 

 

Remerciement à l’équipe de la Villa Andalouse pour son accueil. http://www.riadandalouse.com

Les Corsettes souhaitent bonne continuation à Youssef!

 

Coup de coeur BD au festival d’Ajaccio: “Chevalier des Sables” prix jeunesse

Fabien Grolleau, scénariste, et  Robin Raffalli, talentueux dessinateur corse, viennent de remporter le prix “Jeunesse” du Festival  International de la BD d’Ajaccio pour leur BD “Chevalier des Sables”. Les Corsettes, séduites par son graphisme si particulier à fort potentiel ludique, sont donc allées entre deux séances de dédicaces,  à la rencontre de son dessinateur Robin Raffalli. Le caractère enfantin de son trait saura captiver les petits et les grands enfants; c’est une ode à l’imagination dans laquelle on se laissera glisser avec plaisir.

 

 

 

                            Chevalier des sables,     Volume 1, Le colosse de Jéricho

 

Les Corsettes :

« Depuis quand dessinez-vous ? »

Robin Raffalli :

– J’ai toujours dessiné.  J’ai toujours aimé ce medium.

– Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

– Après un baccalauréat  Scientifique, je me suis formé à L’@telier  ; cette formation en animation fut des plus bénéfiques grâce à des collaborations très enrichissantes.  A Angoulême, j’ai travaillé sur la série  Mandarine & Cow qu’on peut voir sur Fance 4. J’étais “layoutman”. J’ai travaillé sur des animés durant cinq ans.

– Quels sont les dessinateurs qui vous inspirent ?

– André Franquin , Jaques Azam et  Christophe Blain.

– Comment avez-vous rencontré Fabien Grolleau, le scénariste sur “Chevalier de Sables ?”

– C’est  un ami commun qui nous a mis en contact.

– Merci Robin Raffalli et encore bravo!

La BD “Chevalier des Sables” mêle Histoire (Godefroy de Bouillon, les croisades…) et fiction; un lecteur adulte pourra y déceler un thème toujours d’actualité : les conquêtes et les batailles qui se dénouent par des forces inattendues, et les solutions au conflit qui n’en sont pas moins préjudiciables…

 

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

Les lecteurs auxquels j’ai pu m’adresser étaient conquis et c’est donc tout naturellement que cette BD a remporté le prix “Jeunesse” de cette année au Festival Internional de BD d’Ajaccio  .

Le tome 2 sortira en mars 2016, et Les Corsettes ont hâte de le lire!

 

 

Le chevalier des sables, éditions Sarbacane, est disponible dans toutes les bonnes librairies (Album d’Ajaccio et de Bastia notamment)

Vous pouvez prendre connaissance du travail de Robin Raffalli sur son site internet .

Et aussi l’encourager via son Facebook : Robin Raffalli

 

 

 

De l’Art Brut en Off de la FIAC 2015? L’Outsider Art Fair à l’Hôtel du Duc!

Le somptueux hôtel particulier du Duc de Morny, fondateur sous Napoléon III du cercle des chemins de fer, accueille la troisième édition de l’Outsider Art Fair en off de celle qu’on ne présente plus… et oui c’est le week-end de la FIAC.

 

 

L’Outsider Art Fair grandit et s’établit à l’Hôtel du Duc

L’Outsider Art Fair est événement d’envergure mondiale qui permet la rencontre chaque année, et depuis 3 ans déjà, de galeristes internationaux et de collectionneurs/passionnés. Dans une époque où l’art est dominé par l’idée et le concept, ce retour à l’art brut, son quasi opposé, est à la fois déroutant et régalant. L’art brut n’a pas pour vocation première d’être vu, il naît de la psyché torturée des artistes, de leur solitude, fantasmes, peurs… Il est tantôt exutoire, tantôt échappatoire. L’art brut, c’est le fruit des tripes de ces auteurs.

 

 

Ce sont aussi dans la majorité des cas des histoires atypiques. Vrai soulagement en ce monde dévoyé par le conformisme de la pensée que de voir poindre en ces lieux tant d’originalité!

L’art brut ? Qu’est-ce donc que ceci?

L’art brut regroupe des productions réalisées par des gens rarement issus des grandes écoles d’art, c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas été formées aux pratiques artistiques de manière académique. Etre autodidacte est un trait récurent dans l’art brut. Ces « singuliers de l’art », comme on les appelle, œuvrent bien loin des normes esthétiques. Dubuffet, l’inventeur du terme, définissait l’art brut comme une forme d’art spontanée, sans prétention sociale ou culturelle et sans démarche intellectuelle.

Face à la demande des collectionneurs, toujours plus nombreux pour cette forme d’art en résurgence, les galeristes ont redoublé d’efforts pour présenter ici de nombreux profils originaux, de belles histoires et surtout des tonnes d’œuvres envoûtantes. La librairie de la Halle Saint Pierre tient d’ailleurs un stand au premier étage qui saura abreuver votre soif d’informations sur le sujet.

 

 

Au vu de la taille de l’exposition, nous ne pouvons vous parler de tous les artistes et vous donner un avis objectif sur chacun d’entres eux… voici donc plutôt une petite sélection de nos coups de cœur!

 

2 japonais et 1 française : les Palmes des Corsettes

Pour commencer nous allons décerner la palme du « roi des Français » à l’artiste japonais Tagami. Une histoire digne de l’éloge de la paresse de Paul Lafargue. Un oracle fait un jour au père du jeune Tagami une prophétie : “Ton fils sera un vaurien”. Le petit bougre grandit, acquiert une licence de philo, mais rien ne le motive en effet. En bon Tanguy des temps modernes, ses parents le mettent à la porte de chez lui à 30 ans. Le voilà qui se met à dessiner frénétiquement, jour et nuit. Il appelle son père et lui annonce qu’il sait ce qu’il va faire de sa vie, mais qu’il n’en vivra jamais et demande à son père de le nourrir. Le père lui répond interloqué : « mais si demain je venais à mourir ? » Le fils prodigue lui répond alors: “Je mourrais aussi”.

Ne pleurez pas car cette histoire a en prime une happy end : aujourd’hui Tagami est marié et vit de son art, mais finie la torture, le sombre, les lignes accérées… place à la joie, aux couleurs, à la vie! Il est un homme heureux aujourd’hui, artiste singulier travaillant autant le détail que la couleur, il vous émerveillera par son inventivité.

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Restons aux pays de la poésie, sous les cerisiers, et allons faire un tour sur le travail d’un autre japonais : Shinichi Sawada, figure cette fois-ci emblématique et reconnu de l’art brut japonais.
Il façonne des créatures étranges et déstabilisantes issues de son imaginaire, parmi lesquelles un ver qui nous a étrangement rappelé le ver des sables des romans  du cycle de Dune de Herbert. Autiste, pensionnaire dans un hôpital de la ville de Kusatsu, il sera rapidement orienté vers un atelier de création artistique où il s’adonnera à son art. Il est exposé dans de nombreuses institutions internationales et plus récemment à la Biennale de Venise et à la Halle Saint Pierre lors de l’exposition dédiée à l’art brut japonais. Laissez-vous envoûter par ces créatures aux corps hérissées de pics et aux visages qui semblent, l’espace d’un instant, vous fixer.

 

 

Les japonais sont souvent des précurseurs en matière d’art brut pourtant notre cher hexagone n’est pas en reste. L’artiste suivante est notre “Coup de cœur Corsettes” :

 

Anais Eychenne maîtrise une ancienne technique de dessin sur tissu indienne nommée le Kalamkari. Cette pratique ancestrale et complexe lui permet de créer des œuvres riches et détaillés. L’équilibre de ses œuvres est sidérant. En regardant ses toiles ont est frappés : rien ne peux être ni enlevé, ni rajouté. La précision du trait, tout, semble comme mathématique, on cherche un sens à ce que l’on voit. Finalement, on se laisse porter par le trait, le sens esthétique de ce monde cyclique et donc harmonieux. Découverte par un organisme situé à Saint-Sever-du-Moustier dans l’Aveyron, Les Arts Buissoniers, cette collaboration permet à cette artiste introvertie de s’exposer à Paris le temps de la foire. Les photos ne rendant que très difficilement de son art minutieux, n’hésitez pas à aller jusque dans cette petite galerie aveyronnaise pour comprendre à quel point “Ce coup de coeur des Corsettes” est tout sauf usurpé!

 

 

Bien que nous ayons choisis ces artistes,  il existe dans la proposition de toutes les galeries de l’Outsider Art Fair , de très nombreuses pépites qui sauront attirer votre attention! Remerciement spécial à Rebecca Hoffman et à toute l’équipe de évènement qui assure d’une belle visite, tant par l’accueil, que par la mise en place et l’attention donnée aux artistes.

 

L’art c’est comme le cidre c’est meilleur quand c’est brut

Ce dernier week-end d’octobre, si vous êtes sur Paris, ruez-vous donc sur l’occasion pour aller découvrir le travail de ces originaux aux histoires peu communes mais dotés d’une sacrée âme. Faire le pari de l’art brut est risqué : bien qu’en pleine résurgence, son étrangeté est incomprise. Pourtant quelle bouffée d’oxygène! La folie ne m’a jamais parue si belle et convaincante qu’en ces lieux… et tant mieux! Tout semble neuf, rien ne se ressemble, chaque œuvre semble être une fenêtre sur l’âme de son auteur. C’est peut-être pour cela que l’art brut revient, c’est un art franc, sincère, dans son sens le plus simple. Les derniers d’entre nous à l’être sont-ils les fous ? Devant tous ces créateurs, je m’incline et l’espace d’un instant je me tais et regarde.

 

Crédits texte Ghjulia, crédits photo NephilimK

 

Outsider Art Fair

38 galeries internationales s’exposent

Adresse: Hôtel du Duc,  22 rue de la Michodière, entrée libre aux passionnés!

Du 22 au 25 octobre

Accès métro: Opéra ou Quatre Septembre

Prolonger la visite:

Hey ACTE3 à la Halle Saint Pierre, notre article à ce sujet

 

Visite de l’expo Hey! L’acte 3 à la Halle Saint Pierre (avis et photos)

La rentrée de septembre à Paris est toujours marquée par son florilège de nouvelles expositions. S’il fallait n’en choisir qu’une? Voici la réponse des Corsettes: courrez voir le dernier volet de l’exposition Hey! Modern Art & Pop culture!

L’Acte 2 avait eu lieu en 2013 et c’est après 2 longues années d’attente que la trilogie Hey! revient… enfin!

La Halle Saint Pierre, écrin de la contre-culture et de l’art brut

Niché au pied du Sacré Coeur, l’espace d’exposition que constitue la Halle Saint Pierre vaut le détour ne serait-ce que si vous affectionnez les architectures de la fin 19ème. Aérienne. Toute de verre et de métal mêlés, cette halle donne sur les arbres foisonnant des jardins de la butte Montmartre. Coincidence ou pas, ce lieu calme et en marge des allées touristiques, est depuis 1995 le centre d’exposition des arts  marginaux, où les artistes ne s’inscrivant pas dans des parcours traditionnels et académiques se révèlent aux visiteurs dans un espace qui les valorise.

 

 

A l’origine de cette exposition temporaire: Hey! Une revue d’art atypique

Créée en 2010 par le duo Anne et Pierre, la revue Hey! est unique en son genre. Cette revue trimestrielle d’art, bilingue (français/anglais), est édité par Ankama. Construite comme un cabinet de curiosités, chaque numero met en lumière le travail de nombreux artistes, dont le point commun est de se situer aux marges des courants artistiques. Underground? Lowbrow art? Art outsider? Street art? Art brut ou populaire? La plupart des artistes qu’on peut y découvrir s’inquiète peu de ces étiquettes puisqu’ils se jouent des codes. L’imaginaire, le figuratif, et des sources d’inspirations populaires et assumés sont peut-être ce qui les rassemblent. On ressent chez chacun d’eux ce besoin d’expression individuelle et libertaire, encore plus à une époque où l’art conceptuel tend à rompre cette relation intime, secrète entre l’artiste et sa création.

Visite de l’expo Hey! Acte III

La scénographie  de cette exposition s’articule sur 2 étages: tout d’abord l’étage du bas, mangé par l’obscurité puis le premier étage, où on redouvre alors la lumière après un acte d’ascension par l’escalier central. Par leur co-existance, ces 2 espaces se valorisent et dialoguent, tel une métaphore du clair-obscur picturale…

 

 

Frisson d’effroi, frisson de plaisir, les yeux s’écarquillent

On aime, on déteste… comment être indifférent? ici rien de désincarné ou d’aseptisé! On se rapproche souvent car la minutie est souvent élevée à son plus haut niveau. Le travail du dessin et les techniques classiques sont assumés.

Voici un aperçu en photo de quelques oeuvres. Bien évidemment on ne veut surtout pas tout vous montrer car on rendrait votre visite moins percutante… cependant pour nos lecteurs corses qui n’auront pas l’occasion de monter sur Paris d’ici janvier nous tenions à vous montrer un aperçu de ce qu’on appelle la contre-culture. Nombreux sont les jeunes artistes (encore plus certainement en Corse) qui se sentent rejeté car les galeries ne veulent pas montrer leur travaux. La nouvelle génération gonflent les bancs de la création marginale. Heureusement internet est là, exposant aux yeux de tous, la création populaire, foncièrement figurative et ne répondant à aucune demande provenant du marché. L’expression individuelle est un besoin fondamental et aucun dictact ne saurait la décourager.

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Libre, sincère, sombre ou provocante, merci encore au magazine “Hey!” d’aller sans-cesse à la rencontre de cette création et de nous montrer pour le dernier volet de cette trilogie d’exposition, des artistes qui ont su tracer leur chemin, jusqu’à une forme de reconnaissance, sans jamais faire cas des on-dits.

 

 

Le pays des imaginaires s’exposent jusqu’en janvier 2016, ne manquez pas ce voyage surréel!

Les artistes des visuels de gauche à droite:
Xoang Choi (sculpture)   L’actualité de sa création
Ryden Mark   Voir son site
Menichetti Eudes   Voir son site Galerie d’exposition
Garcia Camille Rose   Voir son site
Partington Claire   Voir son site
Bohnert Hervé   Voir son site
Halili Gregory  En savoir plus
Kokubo Norimitsu (détail)   Voir plus d’oeuvres
Hirakawa Hiroshi   Voir son site
Glendinning Lucy  Voir son site
Simon Deborah  Voir son site
Misemono-Goya
Christopher Conn Askew (oeuvres et portrait au côté de sa “Carmelia“/affiche de Hey! Act3 2015)   Son site

 

La Halle Saint Pierre, 2 rue ronsard  75018 Paris

Accès: Métro Anvers

Exposition Hey! Act3 /Acte 3 du 18 septembre 2015 au 13 mars 2016

Horaires: du lundi au samedi 11h-18h / dimache 12h-18h

 

Crédit texte et photos: Nephilimk

 

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Un tour au siège de Google France + notre 1er jeu concours en bonus!

Il y a quelques temps déjà, les Corsettes ont été conviées au siège de Google France à l’occasion des WomenTechMakers 2015. Nous ne vous avions pas fait profiter de cette expérience et il est temps de revenir sur cet évènement et surtout partager avec vous quelques photos pour satisfaire votre curiosité!

 

Petit flash-back donc.. La réception d’un mail avec une invitation pour un évènement se tenant le 1er avril au siège parisien de Google me laisse dubitative…  j’avoue avoir craint une blague mesquine!

Heureusement cette date était bien un hasard de calendrier et aucun clin d’œil ne fut fait au “April fool’s day”.

Je me présentais donc le jour dit au 8 rue de Londres. A cette adresse, vous vous retrouverez nez-à-nez avec des barreaux aux couleurs du dieu du web, effet “prison google” garanti… mais on peut déjà entrevoir la cour et les somptueux bâtiments qui laissent présager du meilleur des accueils.

 

 

L’édition 2015 des Women Techmakers se tenait dans l’aile gauche de cet immense hôtel particulier que Google France a investi en 2011. Les WTM15 sont l’occasion d’écouter des intervenantes au succès établi dans le domaine des nouvelles technologies, secteur à large dominante masculine. Google, avec ce partenariat, tient aussi par la même occasion à encourager les femmes à choisir cette voie et à leur montrer que le secteur n’attend qu’elles… Le cahier donné pour la prise de notes m’a permis de faire quelques sketchs et voici même une bannière en prime !

 

 

Environ 500 personnes travaillent au siège français de Google et contrairement à ce qu’on pourrait penser ce ne sont pas que des communicants ! De très nombreux projets sont développés en France, et Google est donc un employeur auquel vous devriez vous intéresser si vous êtes, ou souhaitez être, ingénieur informatique (travailler “dans les techs” comme on se dit dans ce milieu).

 

 

De mon point de vue, cet évènement était une réussite; non seulement j’y ai écouté de nombreuses femmes dont le parcours est inspirant (mention spéciale à Kat Borlongan CEO de Fivebyfive!) mais j’ai également pu y étoffer mon réseau. En effet les contacts et autres soutiens sont une chose dont on peut hélas rarement se passer lorsqu’on vise ou occupe un poste à responsabilité. C’est bien l’une des principales difficultés rencontrées par les femmes du secteur actuellement. C’est pour cela que des initiatives telles que Girlz in Web ont été créées. Cette association organise très souvent des networkings qui sont des occasions renouvelées pour cultiver son réseau.

Bien que l’évènement se tenait dans l’auditorium principal, je suis allée fureter là où cela semblait être permis pour vous livrer quelques photos.

 

J’ai également pu visiter le fameux “Centre Culturel” de Google. Le site web qui va de pair vous permet de consulter des œuvres dans une définition quasi imbattable sur la toile et cela dans le respect des institutions et des droits d’auteur. Le fait de zoomer à un tel niveau de détail permet très souvent d’en découvrir des clés de lecture et ce lieu à Google Paris est dédié justement à cette démonstration. L’ œuvre court soudain sur les murs de la salle, dans un mouvement fluide. Cette initiative de numérisation HD s’enrichit ici d’une nouvelle facette artistique.

 

 

Jeu Concours! Gagnez le Cardboard de Google grâce aux Corsettes!

Lors de WTM15  j’ai eu l’occasion de découvrir le Cardboard de Google (je le surnomme “Oculus Rift en carton” car son nom n’est pas forcément éclairant). Voici le lien vers le site officiel.

Les petits malins de Google ont pris à contre-pied les propositions fort coûteuses de lunettes ou de casque de réalité virtuelle. Une carte postale de 2 cm d’épaisseur en carton? Non c’est un cardboard à monter comme un grand avec vos petites mimines! Au final vous aurez le plaisir d’y insérer votre smartphone (la taille de mon S4 est l’une des tailles idéales je pense) et en téléchargeant les applications dédiées vous aurez le plaisir de découvrir les sensations de l’immersion totale!

 

 

Le concept est parti de Google France ce qui explique que l’une des premières app’ ait pour thème Versailles. Remercions donc l’ingénieur David Coz et son ami Damien Henry qui sont à la source de cette idée éco-friendly s’il en est! C’est au final grâce à eux que Les Corsettes vous proposent aujourd’hui de gagner un Cardboard…

 

 

Gagnez un cardbord tout beau tout neuf et épatez vos amis!

Modalités:

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Le gagnant sera contacté par mail et recevra un Cardboard à monter avec sa petite nièce !

Bonne chance et à bientôt dans la réalité virtualisée 😉

 

 

 

Le PS de la pinailleuse : Messieurs et mes quelques dames qui travaillez au 8 rue de Londres, enjoignez à qui de droit de repenser votre grille d’entrée… des formes plus originales ou des ajouts à l’existante peut-être… Vous emploierez à bon escient le savoir-faire d’un ferronnier qui vous donnera le meilleur de lui-même… ou encore proposez-le à l’un des artistes que vous hébergez. Ils pourront j’en suis sûre, tout en conservant votre code couleur, transformer votre grille “effet prison” en un portail s’harmonisant mieux aux magnifiques bâtiments dont il a la garde et que vous avez la chance d’occuper ^^.

 

Exposition Yves Saint Laurent: 1971 la collection du SCANDALE

Du 19 mars au 19 juillet

Les prochains mois s’annoncent ensoleillés et je vous propose de faire un tour à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. Vous pourrez y découvrir une collection printemps/été hors du commun puisqu’elle a influé sur toutes les années 70 particulièrement dans la rue mais a aussi ouvert une nouvelle voie à la haute-couture.

 

Que vous réserve cette nouvelle exposition?

La scénographie joue avec bonheur sur 2 plans, celui de la pièce et celui de son esquisse. En toile de fond nous avons les silhouettes fluides et élancées esquissées par Saint Laurent; elles ne sont pas que la genèse des pièces, au contraire elles permettent d’insuffler de la vie aux pièces présentées au-devant d’elles. Si les voiles des robes resteront retombés, ils sont tout en légéreté et retrouvent leur liberté sur les murs des allées.

 

 

“Libération” la collection qui déplait aux bien-pensants

Jusqu’à cette collection de 1971 Yves Saint Laurent s’est imposé comme le digne héritier de la tradition française de la haute-couture. Depuis la “robe Mondrian” le monde entier a les yeux rivés sur ses collections qui mêlent comme par magie l’innovation et le classicisme des lignes. Cette nouvelle collection vient contrarier les attentes; si Yves Saint Laurent va se réapproprier d’une part la mode des années 40, époque encore trop proche pour ne pas rappeler à certains des souvenirs difficiles, il ne désigne pas clairement cette période en utilisant le terme de “libération”. C’est un mot qui s’applique tout autant à lui-même qu’à toutes les jeunes femmes qu’il veut habiller.

 

 

En se libérant Yves donne naissance au look frondeur de la jeune femme des années 70, celle qui s’assume en tout. On parlait de l’élégance de la femme YSL, l’année 71 resplendit de force en revisitant l’élégant vestiaire des années 40. Cette femme moderne qu’il présente joue de ses pouvoirs avec nonchalance, elle ne sourie pas pour plaire mais parce qu’elle jouit d’elle-même. Le rouge de l’anémone, la fourure… la femme est passionnée, sauvage, effrontée, elle porte un rouge franc sur les lèvres, le vêtement ne prend pas le dessus sur elle mais l’encourage à se libérer.

 

Le public lors du défilé est offusqué, il Déteste, il Hue. Si Saint Laurent s’attendait à créer la suprise, il ne s’attendait pas à une telle déferlante de critiques. La presse l’incendie. Il se dira “triste et flatté”. Aux questions il répondra tour à tour

“Ce n’est pas tant visuellement que moralement que les gens ont été choqués.”

“Les jeunes, eux, n’ ont pas de mémoire”

Il choisit de poser nu devant l’objectif de JeanLoup Sieff pour le lancement de son premier parfum pour homme. Le scandale joue les prolongations pour mieux plaire à toute la nouvelle génération. En effet la jeunesse s’empare de ce style, le retro sera bientôt partout.

 

 

Dans la contreverse, YSL renaît idôle et cette collection “Libération” sera a posteriori la “libération de la haute-couture”. Il la pousse à entrer dans la modernité qui marquait déjà , elle exceptée, toutes les autres formes d’arts.

 

En complément, je ne saurais que trop vous conseiller le film “Saint Laurent” de Bertrand Bonello qui parcourt les années 1967/1976 et qui est une pure merveille. Le public lui a réservé un accueil très mitigé à sa sortie (alors que la critique l’encensait) et leurs critiques sont encore plus dures sur AlloCiné. Je ne me l’explique que parce que Bonello est autant un réalisateur qu’un artiste plasticien. Ce film est un chef d’oeuvre a bien des niveaux et Gaspard Ulliel joue un YSL complexe, impertinent, très séduisant… En espérant que vous aurez l’occasion d’en juger par vous-même. Voici le lien de la bande-annonce.

 

Je vous laisse avec ces 2 portraits rêveurs réalisés par Andy Warhol (vous me pardonnerez les reflets…) qui ne font pas partie de l’expo mais sont accrochés dans un salon privé de la fondation. Je trouve que ces esquisses au fusain du maître du pop art répondent de manière touchante aux crayonnés préparatoires du maître de l’élégance. Le crayon ne fige jamais vraiment les choses et il laisse toujours ouverte la possibilité de les voir reprendre vie sous nos yeux.

 

 

 

Crédits texte et photos: NephilimK

 

 

Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

Yves Saint Laurent 1971: La collection du scandale (du 19mars au 19 juillet 2015)

Commissaire d’exposition: Olivier Saillard

Scénographie (très réussie!): Nathalie Crinière, agence NC

Adresse: 3 rue Léonce Reynaud, Paris 16ème   Métro9 Alma-Marceau

Tarifs: 7€ /réduit 5€ / gratuité enfant de moins de 10ans et demandeur d’emploi

Horaires: 11h/18h (fermé le lundi)

 

Ne manquez pas également le 16 avril à 19h

Yves Saint Laurent 1961 – 1971 : 10 ans pour révolutionner la mode

Avec Pierre Bergé, président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent