Raffiné moderne et ludique: le Grand Musée du Parfum

nephilimk au grand musee du parfum

Ouvert au public depuis décembre dernier, le grand Musée du Parfum, installé dans les anciens murs de la maison de couture Christian Lacroix, s’est donné pour mission de valoriser l’un des savoir-faire qui continuent de faire resplendir à la France de part le monde.

Un musée loin des sentiers battus

Si vous vous attendiez à longer des allées de flacons vous comprendrez vite que ce n’est pas la direction qui a été choisie. Le parfum n’est pas traité comme un bel objet à exposer mais au sens de fragrance. La magie des odeurs et de leurs savants mélanges voilà un défi astucieusement relevé par ce musée.

Tout le parcours est dédié à l’expérimentation, aux sensations. On va donc pointer le nez de-ci de-là au gré des installations. Ces expériences sont souvent soutenues par les nouvelles technologies, de façon plus ou moins discrète mais toujours avec l’élégance de la mise en forme.

Pour ce qui de la scénographie la partie “jardin des parfum” est une oeuvre d’art en soi. La “galerie des séducteurs” nous rappelle que le parfum a traversé l’histoire. Que ce soit Cléôpatre et Marc-Antoine, ou encore Napoléon et Eugénie, on découvre leurs usages du parfum. Le peintre Bruno Bressolin a entièrement illustré cette section, et son usage des couleurs vives fait de cette galerie un bel accord entre plaisir des yeux et intérêt culturel.

Le Grand Musée du Parfum, j’y vais?

Le point très positif à retenir c’est que mon appréhension à me retrouver submerger de mélanges odorants a vite fait place à un agréable constat.

Au Grand Musée du Parfum vous êtes totalement à l’opposé d’une visite dans une grande chaîne de parfumerie, ici toutes les senteurs sont très (très) subtiles. Pas de maux de tête, vous ne garderez en souvenir que des odeurs que votre odorat aura fait l’exercice de repérer et d’appréhender.
L’autre point positif, c’est que ce musée reste encore assez confidentiel. Si, comme moi, vous tournez les talons devant les files d’attente des grands musée si vous n’êtes pas muni d’un coupe-file (Louvre, Orsay, Grand Palais…), voilà une nouvelle adresse à inscrire parmi celles que je vous ai proposées jusqu’ici sur ce site.

Le but d’un tel musée? Bien sûr celui de valoriser le patrimoine, mais aussi peut-être créer des vocations car, au sortir de votre visite, vous serez fixés sur la finesse de votre sens olfactif.

Le Grand Musée du Parfum
73 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Plus d’infos sur leur site ou leur page Facebook
De 10h30 à 19h – fermé le lundi
Métro Miromesnil / Champs Elysées Clemenceau

Consulter également:
Hors série “Connaissance des Arts”  dédié au Musée

Texte par Nephi

Photos par Romain Vives
(envoyez nous un message pour faire appel à ses services)

Voyage dans l’univers intime du peintre Fanfan Salvini

Les Corsettes sont parties en immersion dans l’atelier du peintre Fanfan Salvini.

Une après-midi autour d’une tasse de thé, discussion sur l’artiste et sa vie…

Les Corsettes :

«  Vous qui avez donné des cours de dessin,
quel est votre ressenti quand à l’enseignement des arts à l’école ? »

Fanfan Salvini :
« Je serais d’accord pour rencontrer des enfants leur ‘faire voir’ le processus créatif. Aider les enfants à cultiver leurs instinct . Le ‘moment créatif ‘ est fait de courage. »

 

 

Nous avons ensuite tenté de disséquer et de comprendre le moment fragile où naît un tableau.

En parcourant son grand atelier nous avons contemplé quantités de toiles, de croquis, d’ esquisses…

Son style graphique est reconnaissable d’entre mille; ses paysages nous apprennent à voir les visages et réciproquement.

Les couleurs de ses compositions sont auto-génératrices : elles contaminent les créations suivantes. «Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.  ». Cette phrase de Nicolas Boileau s’applique à la recherche chromatique de Fanfan Salvini.
Les creux (en teintes sombres) encapsulent la vie et les pleins (teintes claires) font respirer la composition.
La couleur est tantôt appliquée en pâte scintillante (à base d’huile d’œillette) pour rappeler l’ agitation, tantôt saupoudré en pigments presque sans liant, pour donner un aspect vaporeux presque mystique  .
Le cadrage est déterminé in situ, en effet, l’artiste peint toujours d’après nature. Pour les portraits l’espace autour est choisi par rapport au modèle et pour les paysages (triptyque , grand ou petit format) ce sont les forces naturelles qui décident.
Fanfan Salvini est un amoureux des paysages corses, et cette «  passion » selon ses termes, le porte à travailler jusqu’à la souffrance pour rendre hommage à sa terre, tara corsa.

 

 

Fanfan Salvini expose depuis 1987 principalement en Corse même si l’artiste s’exporte très bien sur le continent.

Si vous voulez le suivre, vous pouvez visiter son site.

Son Facebook quant à lui vous permettra de vous tenir au courant de son actualité et de ses expositions.

Si vous êtes en ce moment dans la région de Marseille, ne manquez pas d’aller voir ses tableaux à Bollène lors de la foire de Saint Martin. Tous les renseignements sont dans ce lien.

 

Les Corsettes vous souhaitent une journée des plus colorées, et on espère que vous reviendrez bientôt parcourir nos articles, toujours à la découverte des talents qui nous entourent!

 

 

De l’Art Brut en Off de la FIAC 2015? L’Outsider Art Fair à l’Hôtel du Duc!

Le somptueux hôtel particulier du Duc de Morny, fondateur sous Napoléon III du cercle des chemins de fer, accueille la troisième édition de l’Outsider Art Fair en off de celle qu’on ne présente plus… et oui c’est le week-end de la FIAC.

 

 

L’Outsider Art Fair grandit et s’établit à l’Hôtel du Duc

L’Outsider Art Fair est événement d’envergure mondiale qui permet la rencontre chaque année, et depuis 3 ans déjà, de galeristes internationaux et de collectionneurs/passionnés. Dans une époque où l’art est dominé par l’idée et le concept, ce retour à l’art brut, son quasi opposé, est à la fois déroutant et régalant. L’art brut n’a pas pour vocation première d’être vu, il naît de la psyché torturée des artistes, de leur solitude, fantasmes, peurs… Il est tantôt exutoire, tantôt échappatoire. L’art brut, c’est le fruit des tripes de ces auteurs.

 

 

Ce sont aussi dans la majorité des cas des histoires atypiques. Vrai soulagement en ce monde dévoyé par le conformisme de la pensée que de voir poindre en ces lieux tant d’originalité!

L’art brut ? Qu’est-ce donc que ceci?

L’art brut regroupe des productions réalisées par des gens rarement issus des grandes écoles d’art, c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas été formées aux pratiques artistiques de manière académique. Etre autodidacte est un trait récurent dans l’art brut. Ces « singuliers de l’art », comme on les appelle, œuvrent bien loin des normes esthétiques. Dubuffet, l’inventeur du terme, définissait l’art brut comme une forme d’art spontanée, sans prétention sociale ou culturelle et sans démarche intellectuelle.

Face à la demande des collectionneurs, toujours plus nombreux pour cette forme d’art en résurgence, les galeristes ont redoublé d’efforts pour présenter ici de nombreux profils originaux, de belles histoires et surtout des tonnes d’œuvres envoûtantes. La librairie de la Halle Saint Pierre tient d’ailleurs un stand au premier étage qui saura abreuver votre soif d’informations sur le sujet.

 

 

Au vu de la taille de l’exposition, nous ne pouvons vous parler de tous les artistes et vous donner un avis objectif sur chacun d’entres eux… voici donc plutôt une petite sélection de nos coups de cœur!

 

2 japonais et 1 française : les Palmes des Corsettes

Pour commencer nous allons décerner la palme du « roi des Français » à l’artiste japonais Tagami. Une histoire digne de l’éloge de la paresse de Paul Lafargue. Un oracle fait un jour au père du jeune Tagami une prophétie : “Ton fils sera un vaurien”. Le petit bougre grandit, acquiert une licence de philo, mais rien ne le motive en effet. En bon Tanguy des temps modernes, ses parents le mettent à la porte de chez lui à 30 ans. Le voilà qui se met à dessiner frénétiquement, jour et nuit. Il appelle son père et lui annonce qu’il sait ce qu’il va faire de sa vie, mais qu’il n’en vivra jamais et demande à son père de le nourrir. Le père lui répond interloqué : « mais si demain je venais à mourir ? » Le fils prodigue lui répond alors: “Je mourrais aussi”.

Ne pleurez pas car cette histoire a en prime une happy end : aujourd’hui Tagami est marié et vit de son art, mais finie la torture, le sombre, les lignes accérées… place à la joie, aux couleurs, à la vie! Il est un homme heureux aujourd’hui, artiste singulier travaillant autant le détail que la couleur, il vous émerveillera par son inventivité.

Cliquez pour élargir et voir le nom de l’artiste
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Restons aux pays de la poésie, sous les cerisiers, et allons faire un tour sur le travail d’un autre japonais : Shinichi Sawada, figure cette fois-ci emblématique et reconnu de l’art brut japonais.
Il façonne des créatures étranges et déstabilisantes issues de son imaginaire, parmi lesquelles un ver qui nous a étrangement rappelé le ver des sables des romans  du cycle de Dune de Herbert. Autiste, pensionnaire dans un hôpital de la ville de Kusatsu, il sera rapidement orienté vers un atelier de création artistique où il s’adonnera à son art. Il est exposé dans de nombreuses institutions internationales et plus récemment à la Biennale de Venise et à la Halle Saint Pierre lors de l’exposition dédiée à l’art brut japonais. Laissez-vous envoûter par ces créatures aux corps hérissées de pics et aux visages qui semblent, l’espace d’un instant, vous fixer.

 

 

Les japonais sont souvent des précurseurs en matière d’art brut pourtant notre cher hexagone n’est pas en reste. L’artiste suivante est notre “Coup de cœur Corsettes” :

 

Anais Eychenne maîtrise une ancienne technique de dessin sur tissu indienne nommée le Kalamkari. Cette pratique ancestrale et complexe lui permet de créer des œuvres riches et détaillés. L’équilibre de ses œuvres est sidérant. En regardant ses toiles ont est frappés : rien ne peux être ni enlevé, ni rajouté. La précision du trait, tout, semble comme mathématique, on cherche un sens à ce que l’on voit. Finalement, on se laisse porter par le trait, le sens esthétique de ce monde cyclique et donc harmonieux. Découverte par un organisme situé à Saint-Sever-du-Moustier dans l’Aveyron, Les Arts Buissoniers, cette collaboration permet à cette artiste introvertie de s’exposer à Paris le temps de la foire. Les photos ne rendant que très difficilement de son art minutieux, n’hésitez pas à aller jusque dans cette petite galerie aveyronnaise pour comprendre à quel point “Ce coup de coeur des Corsettes” est tout sauf usurpé!

 

 

Bien que nous ayons choisis ces artistes,  il existe dans la proposition de toutes les galeries de l’Outsider Art Fair , de très nombreuses pépites qui sauront attirer votre attention! Remerciement spécial à Rebecca Hoffman et à toute l’équipe de évènement qui assure d’une belle visite, tant par l’accueil, que par la mise en place et l’attention donnée aux artistes.

 

L’art c’est comme le cidre c’est meilleur quand c’est brut

Ce dernier week-end d’octobre, si vous êtes sur Paris, ruez-vous donc sur l’occasion pour aller découvrir le travail de ces originaux aux histoires peu communes mais dotés d’une sacrée âme. Faire le pari de l’art brut est risqué : bien qu’en pleine résurgence, son étrangeté est incomprise. Pourtant quelle bouffée d’oxygène! La folie ne m’a jamais parue si belle et convaincante qu’en ces lieux… et tant mieux! Tout semble neuf, rien ne se ressemble, chaque œuvre semble être une fenêtre sur l’âme de son auteur. C’est peut-être pour cela que l’art brut revient, c’est un art franc, sincère, dans son sens le plus simple. Les derniers d’entre nous à l’être sont-ils les fous ? Devant tous ces créateurs, je m’incline et l’espace d’un instant je me tais et regarde.

 

Crédits texte Ghjulia, crédits photo NephilimK

 

Outsider Art Fair

38 galeries internationales s’exposent

Adresse: Hôtel du Duc,  22 rue de la Michodière, entrée libre aux passionnés!

Du 22 au 25 octobre

Accès métro: Opéra ou Quatre Septembre

Prolonger la visite:

Hey ACTE3 à la Halle Saint Pierre, notre article à ce sujet

 

Une expo en entrée libre? Climats Artificiels à la Fondation EDF

En plein débat sur le climat et faisant écho à la future conférence Paris climat 2015, l’espace de la Fondation EDF nous invite à réfléchir aux conséquences de l’homme sur son environnement à travers son exposition “Climat artificiels”.

Au travers du regard de divers auteurs, nous plongerons avec poésie dans le lugubre de notre avenir. L’exposition se situe dans une ancienne sous-station électrique au cœur du VIIe arrondissement de Paris (photo de la porte ?) qui accueille depuis toujours des expositions traitant du rapport de l’homme à la nature.

 

 

L’exposition se compose de trois salles avec des thématiques différentes. L’arrivée se fait sur le thème de l’eau : nous pouvons apercevoir diverses œuvres traitant de l’eau comme, par exemple, le « Condensation Cube »  de Hans Haacke qui met en scène de manière perpétuelle le mouvement de condensation de l’eau. Cloudscapes, l’installation centrale de l’architecte japonais Testuo Kondo, nous permet de traverser un nuage dont la composition reproduit celle de nos chers cumulo-nimbus mais les deux œuvres les plus envoûtantes sont sans conteste « La mer » de Ange Leccia et « Présage » de Hicham Berrada .

 

 

Tenant le premier plan, Ange Leccia, pionnier de l’art vidéo français, va mettre en œuvre le mouvement des vagues en bousculant la perspective. Un mouvement vertical se substitue au mouvement horizontal, bouleversant nos habitudes de mise en scène du mouvement. Et l’écume ainsi imagée de créer un espace qui se meut et se défait de manière immuable et poétique nous faisant regarder un paysage d’une autre manière.
En tant qu’insulaire, les éléments de la nature, leur force et leurs mystères sont au centre des recherches de cet artiste. Une fois de plus un écho à l’esthétique nippone nous rappelle que les ponts sont nombreux entre la Corse et le Japon. Vous pouvez découvrir dans un article précédent la collaboration entre l’artiste Yujin Suzuki et Les Corsettes qui mettait justement à l’honneur cette connivence insulaire.

La deuxième œuvre à retenir notre attention est celle de l’artiste Hicham Berrada, « Présage ». De formation scientifique, il va recréer des écosystèmes en atelier et les laisser ensuite évoluer, utilisant dans son laboratoire des mécaniques physiques et chimiques pour rejouer les métamorphoses et mutations de la Nature. De là se dégage un sentiment de beauté et de calme, le tout baignant dans la pénombre de l’installation. Un régal.

 

 

La deuxième partie de l’exposition laisse davantage de place au numérique et a pour thématique les catastrophes ordinaires, c’est-à-dire les calamités, naturelles ou non, telle que l’œuvre de Cécille Beau et Nicolas Mongermont, « Sillage » qui met en scène de manière visuelle et auditive un tremblement de terre. Petit coup de cœur pour Adrien Missika et sa « porte de l’enfer » qui signe là une œuvre onirique qui nous transporte dans un lieu bien insolite : le cratère de Darzava.

 

 

L’étage, quant à lui, est consacré à l’état de notre ciel. Davantage plastique, vous pourrez observer la somptueuse gravure sur verre de Charlotte Charbonnel ou bien l’installation « Village Green » de Vaughn Bell : une sympathique petite biosphère dans laquelle nous pouvons plonger nos têtes, ironisant sur notre besoin de dompter la nature et d’en être le garant. Une petite pensée aussi pour l’artiste Pavel Pepperstein qui parvient à nous subjuguer avec son travail sur les aquarelles, mêlant couleurs et typographie dans des toiles mélancoliques sur la présence de l’homme sur terre.

 

 

L’exposition est bien faite, et se laisse explorer sans désagrément, un peu brève peut-être. Si vous ne savez pas quoi faire de votre dimanche, allez donc vous perdre dans un de leurs nuages tant il est grisant de faire du beau avec quelque chose de si inquiétant .

 

 

“Climats artificiels” Fondation EDF

Adresse: 6 rue Récamier 75007 Paris
Accès Métro: Saint Germain des Près, Sèvres-Babylone
Du mardi au dimanche de 12h à 19h

4 octobre 2015 au 28 février 2016

 

Entrée libre

 

Crédits texte: Ghjulia
Crédits photos: Nephi

 

Visite de l’expo Hey! L’acte 3 à la Halle Saint Pierre (avis et photos)

La rentrée de septembre à Paris est toujours marquée par son florilège de nouvelles expositions. S’il fallait n’en choisir qu’une? Voici la réponse des Corsettes: courrez voir le dernier volet de l’exposition Hey! Modern Art & Pop culture!

L’Acte 2 avait eu lieu en 2013 et c’est après 2 longues années d’attente que la trilogie Hey! revient… enfin!

La Halle Saint Pierre, écrin de la contre-culture et de l’art brut

Niché au pied du Sacré Coeur, l’espace d’exposition que constitue la Halle Saint Pierre vaut le détour ne serait-ce que si vous affectionnez les architectures de la fin 19ème. Aérienne. Toute de verre et de métal mêlés, cette halle donne sur les arbres foisonnant des jardins de la butte Montmartre. Coincidence ou pas, ce lieu calme et en marge des allées touristiques, est depuis 1995 le centre d’exposition des arts  marginaux, où les artistes ne s’inscrivant pas dans des parcours traditionnels et académiques se révèlent aux visiteurs dans un espace qui les valorise.

 

 

A l’origine de cette exposition temporaire: Hey! Une revue d’art atypique

Créée en 2010 par le duo Anne et Pierre, la revue Hey! est unique en son genre. Cette revue trimestrielle d’art, bilingue (français/anglais), est édité par Ankama. Construite comme un cabinet de curiosités, chaque numero met en lumière le travail de nombreux artistes, dont le point commun est de se situer aux marges des courants artistiques. Underground? Lowbrow art? Art outsider? Street art? Art brut ou populaire? La plupart des artistes qu’on peut y découvrir s’inquiète peu de ces étiquettes puisqu’ils se jouent des codes. L’imaginaire, le figuratif, et des sources d’inspirations populaires et assumés sont peut-être ce qui les rassemblent. On ressent chez chacun d’eux ce besoin d’expression individuelle et libertaire, encore plus à une époque où l’art conceptuel tend à rompre cette relation intime, secrète entre l’artiste et sa création.

Visite de l’expo Hey! Acte III

La scénographie  de cette exposition s’articule sur 2 étages: tout d’abord l’étage du bas, mangé par l’obscurité puis le premier étage, où on redouvre alors la lumière après un acte d’ascension par l’escalier central. Par leur co-existance, ces 2 espaces se valorisent et dialoguent, tel une métaphore du clair-obscur picturale…

 

 

Frisson d’effroi, frisson de plaisir, les yeux s’écarquillent

On aime, on déteste… comment être indifférent? ici rien de désincarné ou d’aseptisé! On se rapproche souvent car la minutie est souvent élevée à son plus haut niveau. Le travail du dessin et les techniques classiques sont assumés.

Voici un aperçu en photo de quelques oeuvres. Bien évidemment on ne veut surtout pas tout vous montrer car on rendrait votre visite moins percutante… cependant pour nos lecteurs corses qui n’auront pas l’occasion de monter sur Paris d’ici janvier nous tenions à vous montrer un aperçu de ce qu’on appelle la contre-culture. Nombreux sont les jeunes artistes (encore plus certainement en Corse) qui se sentent rejeté car les galeries ne veulent pas montrer leur travaux. La nouvelle génération gonflent les bancs de la création marginale. Heureusement internet est là, exposant aux yeux de tous, la création populaire, foncièrement figurative et ne répondant à aucune demande provenant du marché. L’expression individuelle est un besoin fondamental et aucun dictact ne saurait la décourager.

Cliquez pour élargir et voir le nom de l’artiste
Click to enlarge and see the artist’s name

 

Libre, sincère, sombre ou provocante, merci encore au magazine “Hey!” d’aller sans-cesse à la rencontre de cette création et de nous montrer pour le dernier volet de cette trilogie d’exposition, des artistes qui ont su tracer leur chemin, jusqu’à une forme de reconnaissance, sans jamais faire cas des on-dits.

 

 

Le pays des imaginaires s’exposent jusqu’en janvier 2016, ne manquez pas ce voyage surréel!

Les artistes des visuels de gauche à droite:
Xoang Choi (sculpture)   L’actualité de sa création
Ryden Mark   Voir son site
Menichetti Eudes   Voir son site Galerie d’exposition
Garcia Camille Rose   Voir son site
Partington Claire   Voir son site
Bohnert Hervé   Voir son site
Halili Gregory  En savoir plus
Kokubo Norimitsu (détail)   Voir plus d’oeuvres
Hirakawa Hiroshi   Voir son site
Glendinning Lucy  Voir son site
Simon Deborah  Voir son site
Misemono-Goya
Christopher Conn Askew (oeuvres et portrait au côté de sa “Carmelia“/affiche de Hey! Act3 2015)   Son site

 

La Halle Saint Pierre, 2 rue ronsard  75018 Paris

Accès: Métro Anvers

Exposition Hey! Act3 /Acte 3 du 18 septembre 2015 au 13 mars 2016

Horaires: du lundi au samedi 11h-18h / dimache 12h-18h

 

Crédit texte et photos: Nephilimk

 

Vous avez pu lire notre avis à présent donnez-nous le vôtre!

 

Yujin Suzuki, artiste shodo, et NephilimK, artiste symbolique, créent…

calligraphie japonaise tradionnelle et moderne

Le quartier de Saint Germain est toujours en pleine ébullition durant le mois de juin. Chaque jour plusieurs vernissages ont lieu; ce rythme effréné d’expositions précède les calmes latitudes de la période estivale.

C’est donc en fin d’après-midi que les Corsettes firent la rencontre inattendue d’un  maître en shodo.

 

 

Le Shodo ou la Voie de la Calligraphie

Mélant les anciennes techniques du “Suiboku” ( peinture traditionnel à l’encre noir) , du “Hanga” ( gravure sur bois), et du ” Sho”, Yujin Suzuki a collaboré avec des réalisateurs tel que Takeshi Kitano (Aniki, mon frère). Réalisant pour l’ouverture de sa première exposition personnelle à Paris une performance live, il avait revêtu sa tenue traditionnelle bouddhiste et on sentait un mélange de gène et de fierté mêlées sous les applaudissements qu’il recevait. Cette attitude étant des plus rafraîchissantes dans une contrée parisienne où la nonchalance altière est généralement de mise, nous avons voulu appréhender l’univers de cet artiste. Après plusieurs rendez-vous il est peu à peu apparu que bien que n’ayant pas de langues communes pour communiquer aisément, de nombreux comportements japonais si exotiques au milieu d’une communauté francilienne étaient pour le moins très souvent similaires aux attitudes corses.. était-ce l’insularité? l’attachement aux traditions?

 

 

Initiation d’un projet plastique de 2 artistes insulaires

C’est donc à Paris que l’artiste japonais Yujin Suzuki  et l’artiste d’origine corse NephilimK se sont rencontrés. Ces 2 insulaires ont au fil du temps relevé tant et tant de connivences entre leurs contrées d’origine qu’ils ont voulu pousser plus loin la réflexion. NephilimK a donc mis en place un concept artistique en adéquation avec leurs recherches et pouvant s’intégrer à la scénographie de l’exposition en cours.

Les Corsettes sont donc revenus quelques jours plus tard à la galerie pour assister en live à la création d’une oeuvre fruit de nombreuses recherches de leur part.

Lors de leur première rencontre Maître Suzuki méconnaissait totalement la Corse, son histoire, ses traditions, ses paysages…  A notre retour, son cahier regorgeait de recherches historiques, de concepts et de points communs qu’ils avaient été eux-même surpris de découvrir entre deux territoires apparemment si différents. Les nombreuses invasions, l’attachement particulier à la nature furent des choses sur lesquels il questionna beaucoup NephilimK. “Il avait noté, entre autres, le terme de “persévérance” qui me surprit et me toucha” ajoute l’artiste.

 

 

Création de l’oeuvre calligraphique

Lors de la réalisation d’une oeuvre, l’artiste calligraphe injecte dans son trait les concepts qu’il souhaite faire ressortir visuellement. Yujin Suzuki et NephilimK sont donc tombés d’accord pour exploiter le concept protéiforme du “Kachofugetsu”. Ce concept japonais intègre de nombreuses choses mais on peut retenir 2 notions essentielles qui sont d’un côté la beauté et la diversité de la nature et de l’autre le fait d’apprécier les sensations que celle-ci procure. C’est un concept emprunt d’harmonie et de féminité.

Voici l’unique site (en anglais) qui en donne une définition détaillée.

En japonais, la Corse se désigne par le mot anglais “Corsica” et ne s’écrit pas avec des caractères traditionnelles. Parce que le Japon qui se dit “NiHon” c’est à dire littéralement “levé de soleil”, le choix d’utiliser l’expression “Ile de Beauté” est apparu naturel.

Je vous laisse donc découvrir la réalisation de l’oeuvre.

Bi no Shima/NiHon            Ile de Beauté/Pays du soleil levant

 

 

 

Voici donc via des techniques traditionnelles, 2 terres liées par un concept commun celui du Kacho-fugetsu. 

N’hésitez pas à me laisser vos impressions sur cette oeuvre et si vous avez des questions j’en déferrerai à l’artiste pour y répondre le plus justement.

 

 

Exposition “Yujin Suzuki, artiste de Shodo”

Jusqu’au 5 juillet, du lundi au samedi, 16h-22h

Galerie Guiq Chaq, rue Mazet quartier Saint Germain Paris

Remerciement à Yujin Suzuki

Site officiel de NephilimK :cliquer ici

 

 

Remerciement à la galeriste Mikiko Enomoto pour son aide à la traduction.

Pour être tenu au courant des prochains événements de cette galerie vous pouvez rejoindre cette page.

 

 

Les lunettes “Cardboard” de Google sont encore à gagner dans l’article précédent. Tirage au sort parmi les 20 premiers participants… Bonne chance et à bientôt!

MiniARTextil, un concept d’expo atypique

Les amoureux de la culture vivant ou séjournant à Paris savent bien une chose, pour accéder au dernier évènement en vogue il faut commencer par s’armer de patience. Les files d’attente sont parfois en elles-même d’incongru happening auquel le visiteur se doit de participer bon gré mal gré. Venue de ma petite île et ayant conservé mon côté flegmatique j’avoue portant ne pas parvenir à me plier à cette épreuve du piétinement consenti; peut-être l’engouement des parisiens pour le yoga ou d’autres pratiques de relaxation annexes trouverait-il ici un début d’explication… voilà un excellent thème pour un article d’investigation!

Si vous êtes du même tempéramment que moi, et que vous ne pouvez malgré tout vous passer de votre dose régulière de découvertes culturelles, voici mes 3 astuces:

-pour les musées nationaux et autres structures importantes, ne jamais manquer de consulter leur site qui présente souvent les jours et les heures les plus creuses pour les visites

-acheter ses billets “coupe-file” en ligne en accord avec ces heures

-débusquer sur internet les expositions moins médiatisées qui pourront se révéler être de pur moment de bonheur aussi bien pour leur contenu que par leur accessibilité (ô joie! il n’y a pas de file d’attente… il y a bien une exposition ici?!!)

En ce 2 mars, j’ai choisi de vous parlez de mon exposition coup de coeur correspondant à ce dernier critère.

MiniARTextil se tient jusqu’au 21 mars au Beffroi de Montrouge.  C’est une exposition qui a lieu chaque année courant mars et qui a eu le mérite de me charmer il y a 3 ans et de n’avoir cessé par la suite de m’enthousiasmer. Cette année marque la 11ème édition et est à ce jour la plus réussie sur le plan scénographique.

 

 

MiniArtTextil est une exposition sur le textile contemporain qui a été initiée en 1991 en Lombardie dans la ville de Côme par l’association Arte&Arte. C’est en partenariat avec cette ville que l’exposition ne cesse depuis de se développer (2015 correspondant plutôt donc à la 24ème édition) en s’intéressant à des artistes aux nationalités de plus en plus diversifiées.

Hormis le thème (cette année c’est celui de “Géa” qui signifie la Terre en grec), une contrainte toute particulière est donnée aux artistes participants, celle d’élaborer une petite pièce ne dépassant pas les 20cm3. 54 créations qui mêlent divers matériaux et techniques de tissage sont ainsi présentées dans le cadre d’une scénographie très moderne à l’éclairage bien étudié. Ici on ne prend surtout pas de recul devant les oeuvres, au contraire! Plus on s’approche, plus on s’émerveille devant les détails et la finesse que recèle chaque cm2 , l’étrangeté des matières et les innovations auxquelles on a fait appel; on se questionne sur les techniques, et on se réjouit devant ces ouvrages tissés qui les uns après les autres se dévoilent à ceux qui veulent bien prendre le temps de les observer minutieusement.

Si les miniatures sont le cœur révélateur de cette manifestation, elles ont pour écrin 10 installations textiles dont les proportions paraissent monumentales comparées à la réjouissante petitesse qu’elles enserrent.

Pour vous donner un aperçu voici quelques photos qui peuvent donner une idée de ce que vous pourrez découvrir. Je vous conseille au moins de cliquer sur les photos pour les agrandir, même si mes prises de vue ne font que suggérer les impressions qu’on peut avoir face à elles.

 

De gauche à droite:

Lina Ringeliene “Abloom” (viscères d’animaux, pierres volcaniques)

Monica Hengel “La comucopia di Gea” (soie, cocons de Bombyx Mori, fil métal)

Yoshiko Sashida “Shell IV” (argile, fils, couleurs acryliques)

Hiromi Murotani “Pangaea” (fil et chiffon de coton)

Irina Kolosnikova “Growing up” (organdis et fil métallique)

Sumiko Tasaka “A vessel for share” Prix Arte&Arte 2014 (papier de métal, aluminium, soie)

Frank Connet “Untitled” (cuivre galvanisé et tissu shibori)

 

Evidemment j’ai eu un coup de cœur pour la grande installation centrale du japonais Manabu Hangai “Wonder Forest”. On appréciera les jeux d’ombres créés par cette accueillante forêt mouvante et onirique. Je n’ai pu m’empêcher de me sentir tel un insouciant Totoro dans sa retraite boisée. Ceux qui n’auront pas la même dévotion que moi pour l’oeuvre de Miyazaki pourront avoir des ressentis moins enfantins,  d’ailleurs n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires!

 

 

Autres installations intéressantes, l’immense tenture en fil de coton avec ses inclusions de céramique “Mother” de Junko Imada  (la photo en bannière de l’article n’en montre qu’une partie et je vous conseille fortement de faire un tour sur son site officiel pour en avoir un meilleur aperçu) ou encore les papillons de Patricia Polese “I love you I” qui mêlent fils de métal et tissage en chanvre. Les ajouts de jeux d’ombres liés à la scénographie sont encore ici en parfaite adéquation.  6 galeries sont partenaires de l’évènement avec des oeuvres présentées d’une part au Beffroi et d’autre part dans leur enceinte respective.

Ci-dessous à droite on peut voir un détail de l’oeuvre “Sound of nature” de Noriko Narahira et je vous invite à aller découvrir une autre de ses installations qui joue davantage sur la spatialité à la galerie Yukiko Kawase dans le 11ème. Noriko Narahira qui était présente lors de ma visite au Beffroi a pu me parler de l’une des techniques qu’elle utilise. Avec ces créations tissées, elle offre au visiteur des sensations visuelles qui font écho à la nature, à son caractère changeant et à l’ordre qui naît du désordre.  Pour cela, elle sélectionne avec soin des tissus de coton américain qu’elle choisit pour leurs imprimés à fleurs ou à pois dans des teintes chatoyantes; la torsion va créer de nouveaux motifs, de nouveaux contrastes dans le tissu lui-même puis d’autres nouveaux quand elle les nouera les uns aux autres. L’articulation de tous ces éléments finit par créer un tout très vivant et plein d’harmonie.

 

 

De nombreuses autres découvertes vous attendent, alors j’attends vos retours. Vous pouvez  prolonger la visite avec un parcours hors-les-murs. Cette année une visite guidée dans les fondations participantes de la Cité Universitaire est aussi proposée. La prochaine aura lieu le 14 mars à 16h. J’ai participé à celle du 28 février et je rédige un article à ce sujet. Par la suite je pourrais peut-être vous parlez  également de ce lieu encore peu connu des parisiens qu’est le Beffroi situé à 200 mètres des limites de la capitale. Pour ceux qu’un exil temporaire de Paris effraierait, il faut noter que la sortie du M4 “Mairie de Montrouge” y donne directement accès:)

 

 

MiniARTextil  “GEA” 11ème édition

Adresse et horaires:

Beffroi- Montrouge- 2 place Emile Cresp

Du 27 février au 21 mars 2015

Ouvert tous les jours de 12h à 19h

Détail parcours Hors-les-murs

Entrée libre

 

Remerciements à Andrea Volpi et à Andrea Ponsini commissaire de l’exposition

 

Crédits photos et texte: NephilimK