Raffiné moderne et ludique: le Grand Musée du Parfum

nephilimk au grand musee du parfum

Ouvert au public depuis décembre dernier, le grand Musée du Parfum, installé dans les anciens murs de la maison de couture Christian Lacroix, s’est donné pour mission de valoriser l’un des savoir-faire qui continuent de faire resplendir à la France de part le monde.

Un musée loin des sentiers battus

Si vous vous attendiez à longer des allées de flacons vous comprendrez vite que ce n’est pas la direction qui a été choisie. Le parfum n’est pas traité comme un bel objet à exposer mais au sens de fragrance. La magie des odeurs et de leurs savants mélanges voilà un défi astucieusement relevé par ce musée.

Tout le parcours est dédié à l’expérimentation, aux sensations. On va donc pointer le nez de-ci de-là au gré des installations. Ces expériences sont souvent soutenues par les nouvelles technologies, de façon plus ou moins discrète mais toujours avec l’élégance de la mise en forme.

Pour ce qui de la scénographie la partie “jardin des parfum” est une oeuvre d’art en soi. La “galerie des séducteurs” nous rappelle que le parfum a traversé l’histoire. Que ce soit Cléôpatre et Marc-Antoine, ou encore Napoléon et Eugénie, on découvre leurs usages du parfum. Le peintre Bruno Bressolin a entièrement illustré cette section, et son usage des couleurs vives fait de cette galerie un bel accord entre plaisir des yeux et intérêt culturel.

Le Grand Musée du Parfum, j’y vais?

Le point très positif à retenir c’est que mon appréhension à me retrouver submerger de mélanges odorants a vite fait place à un agréable constat.

Au Grand Musée du Parfum vous êtes totalement à l’opposé d’une visite dans une grande chaîne de parfumerie, ici toutes les senteurs sont très (très) subtiles. Pas de maux de tête, vous ne garderez en souvenir que des odeurs que votre odorat aura fait l’exercice de repérer et d’appréhender.
L’autre point positif, c’est que ce musée reste encore assez confidentiel. Si, comme moi, vous tournez les talons devant les files d’attente des grands musée si vous n’êtes pas muni d’un coupe-file (Louvre, Orsay, Grand Palais…), voilà une nouvelle adresse à inscrire parmi celles que je vous ai proposées jusqu’ici sur ce site.

Le but d’un tel musée? Bien sûr celui de valoriser le patrimoine, mais aussi peut-être créer des vocations car, au sortir de votre visite, vous serez fixés sur la finesse de votre sens olfactif.

Le Grand Musée du Parfum
73 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Plus d’infos sur leur site ou leur page Facebook
De 10h30 à 19h – fermé le lundi
Métro Miromesnil / Champs Elysées Clemenceau

Consulter également:
Hors série “Connaissance des Arts”  dédié au Musée

Texte par Nephi

Photos par Romain Vives
(envoyez nous un message pour faire appel à ses services)

2 Décembre 1804 : Sacre de Napoléon

Nous sommes le 2 décembre 2014 et en ce jour symbolique Les Corsettes ont tenu à rendre hommage à un des hommes d’État qui a sans doute le plus marqué l’histoire constitutionnelle et culturelle française: Napoléon Ier. Loin de vouloir exposer toute considération politique, nous vous proposons de remonter avec nous jusqu’en 1799 pour aborder quelques événements clefs de la période napoléonienne qui s’achèvera en 1815 avec la chute de l’Empire. 

« La révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée. Elle est finie. » Le Général Bonaparte, l’un des héritiers de la révolution française, en arrivant au pouvoir fait régner l’ordre et met fin au régime de la « Terreur », plus tôt instauré par Robespierre et ses pairs.

Napoléon est en Egypte lorsque qu’un coup d’État, le 30 prairial de l’an VII (18 juin 1799), chasse les modérés du Directoire au profit des Jacobins. Un homme, l’un des 5 nouveaux directeurs à la tête du Gouvernement, dessine déjà un nouvel avenir constitutionnel pour la France : Emmanuel Sieyès. Persuadé que seule une dictature militaire peut empêcher un retour à la monarchie, l’Abbé Sieyès cherche un « sabre pour exécuter ce que la tête pense » mais Napoléon n’est pas un exécutant. Il ne se contentera pas de satisfaire les velléités de Sieyès, il va prendre les rênes et rendre son accession au pouvoir légitime. Il a su s’allier aux bonnes personnes pour cela, en outre son frère Lucien Bonaparte vient de se faire élire à la tête du Conseil des Cinq-Cents (Chambre basse), sa stratégie est affinée et la chance lui sourit.

Le matin du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le « petit Caporal » est serein, il a réuni des troupes grâce notamment au soutien de Sieyès et de Murat mais espère que ce coup d’Etat se déroulera sans effusion de sang. Mais les députés n’entendent pas le laisser prendre le pouvoir et s’insurgent, Napoléon est mis « hors-la-loi ». Une phrase prononcé par Sieyès montre bien la détermination du bloc sous le commandement du Général : « Ils nous mettent hors la loi ? Et bien général, il faut les mettre hors la salle ! »

Napoléon sera ensuite nommé Consul par les français lors du vote de la Constitution de l’an VIII puis Consul à vie par un sénatus-consulte en 1802 pour se faire sacrer Empereur le 2 décembre 1804. Napoléon se fait sacrer Empereur des français à Notre-Dame de Paris lors d’une somptueuse cérémonie. Bonaparte a l’art d’arriver à ses fins avec deux caractéristiques qui lui sont propres : noblesse et détermination. Parmi les invités, le Pape Pie VII qui est présent mais ne couronnera pas Bonaparte puisque l’Empereur le fera tout seul.

 

Gravure illustrant Napoléon dans sa jeunesse et dans sa vieillesse (artiste inconnu)
Gravure illustrant Napoléon dans sa jeunesse et dans sa vieillesse (artiste inconnu)

 

Dès son arrivée au pouvoir, Bonaparte travaille à apporter ses idées à la France. Sur le plan juridique, pour clarifier et simplifier la loi, il fait élaborer par quatre rédacteurs le « Code civil des français ». Si le Code civil (aujourd’hui largement remanié) constitue un apport, c’est parce qu’il est rédigé avec un style noble et parce qu’il permet une codification afin d’unifier le droit sur le territoire français. Cette œuvre inspirera d’autres pays européens comme l’Allemagne pour rédiger plus tard leur Bürgerliches Gesetzbuch, le Code civil allemand. Il l’affirme lui-même à Saint-Hélène : « Ma vraie gloire, ce n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code civil. »

Dans une France où l’économie est repartie grâce aux guerres qui jouent un rôle d’accélérateur, le Code du commerce est créé en 1807. Le premier Empire marque la consécration de la destruction de la féodalité et son remplacement par une société de classes; les Bourbons restaurés n’ont pu revenir sur cette transformation. Le premier Empire crée également des Institutions prestigieuses (Conseil d’État, préfectures, Cour des comptes créée en 1807, Université impériale établie en 1808) qui ont traversé tous les régimes, avec quelques remaniements, pour parvenir jusqu’à nous.

Outre le prestige de la France conféré par les victoires de Bonaparte, l’Empereur souhaite le rayonnement culturel de Paris. Il souhaite en faire la capitale culturelle, politique et même religieuse (lorsqu’il pense à fixer la résidence du Pape dans un palais connexe à Notre-Dame) de l’Europe. Toujours déterminé à aller au bout de ses ambitions, il dirige la ville et entreprend des travaux dont nous héritons aujourd’hui grâce à des monuments comme les ponts d’Iéna et des Arts, l’arc de triomphe, la place de la Madeleine, les fontaines, le palais Brongniart à la Bourse ou encore la rue de Rivoli. En outre, des mesures techniques d’organisation interviennent avec un réseau de ravitaillement (marchés, halles…) adduction d’eau (Canal de l’Ourcq), quais, égouts, numérotage des maisons.

L’Empereur gouverne avec le Sénat qui ne le contredit jamais, il n’hésite pas à légiférer au moyen de Sénatus-consultes du Sénat ou décrets, il a écarté le Tribunat et la Chambre basse et gouverne seul la France. Les sénateurs, bien trop occupés à vivre dans la légèreté, convergent constamment dans la même direction que l’Empereur. Cette centralisation du pouvoir conduit à la chute de l’Empire en 1815. Le Sénat, l’organe avec lequel l’Empereur gouvernait prononcera finalement sa destitution et la bataille de Waterloo le mènera en exil à Saint Hélène ou il meurt le 5 mai 1821 à 17h49.

 

Ier volet d’une série de 3 articles. A paraître: le destin tragique du Roi de Rome, le retour de l’Empire avec Napoléon III

A lire en ligne: les lettres de Napoléon à Joséphine

En ligne sur LesCorsettes:  Citation de Sieyès sur  la politique de Napoléon

 

Bannière: détail du tableau de Jacques-Louis David “Napoléon franchissant le Grand-Saint-Bernard