BD: le sanglier Razorbacu répond à nos questions!

razorbacu tome 6 couverture bd corse de sorlin

“Bonjour Razorbacu ! Alors parle-nous un peu de toi, on veut tout savoir !

– Salut, enchanté de vous rencontrer les Corsettes! Et bien je m’appelle Razorbacu et je suis le personnage principal d’une BD qui porte mon nom. Certains me comparent au Coyote de Bip Bip … il faut dire que je suis le sanglier le plus malchanceux de l’île de beauté!

Je suis né en février 2011 au travers d’une série de 9 planches noir et blanc que mon papa, Fabrice Sorlin, a proposé à la maison d’édition Corse de BD, Corsica Comix.

Mes premières aventures consistait en une parodie du film d’horreur de Russell Mulcahy, Razorback.

Ma première apparition publique se fait en Juin 2012 dans l’album « U Tintu ». Sur un ton très cartoon on y retrouve mes mésaventures de sanglier. Traqué par une famille de chasseur qui vie dans le village de Persu Persu, je dois survivre à ma condition de gibier.

Au cours des 6 albums édités chez Corsica Comix, il m’est arrivé de mourir 193 fois. Mais rassurez-vous je suis toujours là! Une fois passé le gag mortel qui fait rire petits et grands, mon papa en profite pour faire passer un message en deuxième lecture. Des thèmes comme l’écologie, le racisme, la spéculation, la maltraitance animal y sont abordés.

Le fil conducteur de tous ces albums est Rosette. Une petite cochonne dont je suis amoureux. Je voudrai bien l’épouser mais son père ne veut pas de sanglier dans leur famille. Avec le temps j’ai fini par me faire accepter. Alors que j’étais enfin heureux, un cochon du nom de Napoléon va prendre le pouvoir et m’accuser du meurtre de Neru, le père de Rosette.

Je vais devoir prendre la fuite afin de prouver mon innocence alors que les chasseurs et les grognards de Napoléon me traqueront. Cette nouvelle aventure vous la retrouverez dans le tome 6 « Wanted » qui sort le 24 juin 2017.

Les Corsettes:

Merci Razorbacu pour nous avoir accorder son interview, sans oublier Fabrice Sorlin ! ”

 

 

Dédicace samedi 24 juin à la librairie des Palmiers à Ajaccio et le 1 juillet à la FNAC Ajaccio

Vous pouvez vous procurer les albums en ligne sur le site de Corsica Comix

Coup de coeur BD au festival d’Ajaccio: “Chevalier des Sables” prix jeunesse

Fabien Grolleau, scénariste, et  Robin Raffalli, talentueux dessinateur corse, viennent de remporter le prix “Jeunesse” du Festival  International de la BD d’Ajaccio pour leur BD “Chevalier des Sables”. Les Corsettes, séduites par son graphisme si particulier à fort potentiel ludique, sont donc allées entre deux séances de dédicaces,  à la rencontre de son dessinateur Robin Raffalli. Le caractère enfantin de son trait saura captiver les petits et les grands enfants; c’est une ode à l’imagination dans laquelle on se laissera glisser avec plaisir.

 

 

 

                            Chevalier des sables,     Volume 1, Le colosse de Jéricho

 

Les Corsettes :

« Depuis quand dessinez-vous ? »

Robin Raffalli :

– J’ai toujours dessiné.  J’ai toujours aimé ce medium.

– Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

– Après un baccalauréat  Scientifique, je me suis formé à L’@telier  ; cette formation en animation fut des plus bénéfiques grâce à des collaborations très enrichissantes.  A Angoulême, j’ai travaillé sur la série  Mandarine & Cow qu’on peut voir sur Fance 4. J’étais “layoutman”. J’ai travaillé sur des animés durant cinq ans.

– Quels sont les dessinateurs qui vous inspirent ?

– André Franquin , Jaques Azam et  Christophe Blain.

– Comment avez-vous rencontré Fabien Grolleau, le scénariste sur “Chevalier de Sables ?”

– C’est  un ami commun qui nous a mis en contact.

– Merci Robin Raffalli et encore bravo!

La BD “Chevalier des Sables” mêle Histoire (Godefroy de Bouillon, les croisades…) et fiction; un lecteur adulte pourra y déceler un thème toujours d’actualité : les conquêtes et les batailles qui se dénouent par des forces inattendues, et les solutions au conflit qui n’en sont pas moins préjudiciables…

 

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

Les lecteurs auxquels j’ai pu m’adresser étaient conquis et c’est donc tout naturellement que cette BD a remporté le prix “Jeunesse” de cette année au Festival Internional de BD d’Ajaccio  .

Le tome 2 sortira en mars 2016, et Les Corsettes ont hâte de le lire!

 

 

Le chevalier des sables, éditions Sarbacane, est disponible dans toutes les bonnes librairies (Album d’Ajaccio et de Bastia notamment)

Vous pouvez prendre connaissance du travail de Robin Raffalli sur son site internet .

Et aussi l’encourager via son Facebook : Robin Raffalli

 

 

 

Le projet BD “Popi Blues” avant l’arrivée du Festival BD à Bastia 2015

Le mois de Mars marque les réjouissances annuelles du festival de la BD à Bastia qui révèle les nouveaux talents qu’il serait triste de méconnaître et rend aussi hommage à des icônes.

 

 

Je me rappelle encore avec émotion de l’exposition d’Enki Bilal en 2007 qui nous avait permis de découvrir le virage illustratif de l’auteur avec des œuvres poignantes cherchant à répondre aux possibles interrogations quant au classement de la BD dans les arts mineurs ou majeurs…

Cette reconnaissance de la BD comme un art (même si elle est dite 9ème art depuis 1964) reste toujours un combat dont seuls quelques élus bénéficient. Enki Bilal reste une exception puisque la plupart des auteurs qui remportent cette reconnaissance ne sont plus de ce monde (Hergé reste l’indétrônable figure sacralisée de la BD). J’ai récemment appris que cette expositions des calques d’Enki Bilal que nous avions pu découvrir en avant-première à Bastia (avant même Angoulême ou Paris qui bénéficient généralement de la primauté sur bien des évènements) était le fait de Pascal Orsini. Bien avant les autres, il a choisi de militer pour la reconnaissance de la BD en tant qu’art, et a choisi de faire de Bilal cet artiste-symbole. Commissaire de nombreuses expositions, il a donc propulsé cet auteur de BD au rang d’artiste de renommée internationale et, avec lui, permis d’ouvrir la perspective que nos albums illustrés sagement rangés dans nos bibliothèques pouvaient être le fruit de personnes au génie sous-estimé.

 

 

BD à Bastia, pour cette édition 2015, se déroulera du 26 au 29 mars et je vous invite à aller consulter le programme sur le site du centre culturel Una Volta.

 

Étant dans ma phase BD, je vais pouvoir en profiter pour vous parler d’un projet d’un jeune corse Polobor Risterucci! C’est un auteur de BD talentueux dont j’ai pu découvrir récemment le travail en ligne. Il fait montre d’une maturité étonnante et, voulant soutenir son projet de financement (déjà très bien parti!) visant une publication papier, j’ai voulu qu’il réponde à toutes mes questions pour pouvoir vous faire partager avec justesse son univers. Allez c’est parti pour le monde de Popi Blues!

 

 

L’histoire est une sorte de road movie qui suit 2 protagonistes “échappés” de maison de retraite. Le personnage principal est un vieux monsieur qui, bien qu’ayant été passionné de musique toute sa vie, n’a jamais sauté le pas et osé vivre pleinement sa passion. L’action débute sur un satellite gravitant autour de la lune mais où les pratiques vis-à-vis des personnes âgées sont une projection des pratiques actuelles.

Le héros, Albert, bien qu’encore vaillant, se résigne peu à peu à y finir ses jours, mais la rencontre avec Jeanne fait prendre tout à coup un tournant à sa vie. Cette vieille dame, qui refuse la fatalité à laquelle on les promet, l’embarque avec elle dans une aventure à la Thelma et Louise. Les deux croulants encore verts s’échappent et ouvrent devant eux (et nous lecteurs) le champ des possibles. Avec Jeanne, Albert accède peu à peu à ce sentiment enivrant de liberté, seul l’auteur sait où cela va le mener…

Cette histoire a germé il y a quelques années dans l’esprit de l’auteur mais c’est une version revue et murie qu’il nous offre désormais avec ce titre.

 

 

Polobor Risterucci est originaire de Saint Pierre de Venaco et a passé sa scolarité à Corté puis à Bastia. Depuis tout petit il se passionne pour des auteurs tels que Moebius, Régis Loisel ou encore Frederic Peters. Il ne passe pas un jour sans son carnet de croquis à la main et a partagé avec moi l’anecdote de son exil étudiant sur le continent qui est suffisamment drôle pour que je vous en fasse part à mon tour…

L’été de son BAC, Polo le passe en compagnie de ses amis au village, il pense que ses rêves de BD ne sont pas à sa portée et semble se faire une raison au fil des semaines. Sa mère l’appelle “Mon fils je t’ai inscrit dans une école en Belgique, tu passes l’entretien la semaine prochaine”. C’est ainsi que Polo Risterucci débarque en short le 1er septembre à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Tournai. Reçu au concours d’entrée on lui indique que les cours commencent dans 3 jours… le temps d’acheter pulls et chaussettes en laine!

Si j’ai voulu reporter ici l’histoire de cette arrivée sur le continent c’est qu’elle a aussi une subtile influence sur le thème de son roman graphique en cours. Le regard d’un Corse se porte sur certains détails du vieux continent que seule une personne extérieure peut avoir. Ainsi Polo remarque peu à peu et avec étonnement que les personnes âgées se retrouvent très tôt remisées en maison de retraite, bien avant qu’il ne soit plus possible à leurs familles de s’occuper d’elles. Lui, dont les grands-parents vivent toujours avec sa famille, s’interroge sur toutes ces vies dont on fige définitivement l’essor, ces rêves à peine réalisés, la résignation consentie, les regrets…

 

 

Si graphiquement le style de Polobor Risterucci est clairement celui du roman graphique franco-belge, ses influences principales restent cinématographiques. J’ai déjà cité Thelma et Louise pour son côté road movie mais, plus évidents, il faudra citer les hommages non dissimulés à Blade Runner (encore un film des talentueux débuts de Ridley Scott!). Polo est d’ailleurs souvent surnommé par ses amis “Popi Runner”. Le statut des robots, leur intégration à la société voilà encore des thèmes abordés.

Le scénario est finalisé, et sur les 92 pages prévues, nombreuses sont celles déjà consultables (en voici quelques unes ci-dessous).

 

 

Parce que les grandes maisons d’édition telles que Casterman, Soleil… prennent rarement au sérieux les auteurs sans qu’ils passent par la case auto-édition, j’espère que vous vous joindrez à nous pour soutenir son projet en crowdfunding. La date limite est fixée au 25 mai et le projet est déjà financé à 25%. Avec une participation de 20 euros vous obtenez la version papier, ce qui sera au final très proche du prix de vente de l’album! Et si vous voulez vraiment aider cet auteur, les paliers supérieurs rajoutent des dessins dédicacés, des gravures numérotées, voire même une planche originale pour la plus haute dotation…des collectors que vous pourrez fièrement exposer, d’autant que cet auteur est appelé à une belle et longue carrière vu la passion qui l’anime!

 

 

Lien du financement participatif/crowdfounding

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Crédit texte: NephilimK