BD: le sanglier Razorbacu répond à nos questions!

razorbacu tome 6 couverture bd corse de sorlin

“Bonjour Razorbacu ! Alors parle-nous un peu de toi, on veut tout savoir !

– Salut, enchanté de vous rencontrer les Corsettes! Et bien je m’appelle Razorbacu et je suis le personnage principal d’une BD qui porte mon nom. Certains me comparent au Coyote de Bip Bip … il faut dire que je suis le sanglier le plus malchanceux de l’île de beauté!

Je suis né en février 2011 au travers d’une série de 9 planches noir et blanc que mon papa, Fabrice Sorlin, a proposé à la maison d’édition Corse de BD, Corsica Comix.

Mes premières aventures consistait en une parodie du film d’horreur de Russell Mulcahy, Razorback.

Ma première apparition publique se fait en Juin 2012 dans l’album « U Tintu ». Sur un ton très cartoon on y retrouve mes mésaventures de sanglier. Traqué par une famille de chasseur qui vie dans le village de Persu Persu, je dois survivre à ma condition de gibier.

Au cours des 6 albums édités chez Corsica Comix, il m’est arrivé de mourir 193 fois. Mais rassurez-vous je suis toujours là! Une fois passé le gag mortel qui fait rire petits et grands, mon papa en profite pour faire passer un message en deuxième lecture. Des thèmes comme l’écologie, le racisme, la spéculation, la maltraitance animal y sont abordés.

Le fil conducteur de tous ces albums est Rosette. Une petite cochonne dont je suis amoureux. Je voudrai bien l’épouser mais son père ne veut pas de sanglier dans leur famille. Avec le temps j’ai fini par me faire accepter. Alors que j’étais enfin heureux, un cochon du nom de Napoléon va prendre le pouvoir et m’accuser du meurtre de Neru, le père de Rosette.

Je vais devoir prendre la fuite afin de prouver mon innocence alors que les chasseurs et les grognards de Napoléon me traqueront. Cette nouvelle aventure vous la retrouverez dans le tome 6 « Wanted » qui sort le 24 juin 2017.

Les Corsettes:

Merci Razorbacu pour nous avoir accorder son interview, sans oublier Fabrice Sorlin ! ”

 

 

Dédicace samedi 24 juin à la librairie des Palmiers à Ajaccio et le 1 juillet à la FNAC Ajaccio

Vous pouvez vous procurer les albums en ligne sur le site de Corsica Comix

Les Silos: SolarWind de Laurent Grasso+timelaps vidéo

SolarWind, une oeuvre située aux abords de la Porte de France du 13ème arrondissement de Paris sur les Silos 13

 

Lundi 25 janvier 2016 sera inaugurée aux Portes de Paris une oeuvre nocturne qui sera désormais visible jusqu’au petit matin. Le point de vue le plus commun sera celui de l’automobiliste sur les voies du périphérique mais de nombreux autres points de vue seront heureusement possibles. A bord du tram T3a par exemple, vous pourrez en profiter très paisiblement.

Les nouveaux silos construits dans le prolongement de l’Avenue de France marquent avec cette installation de Laurent Grasso l’ère du Grand Paris et le quartier en pleine émulation artistique de la Bibliothèque François Mitterrand se voit ainsi prolongé via cette création en cohérence avec l’aspect futuriste de ce secteur. Cet artiste, habitué des œuvres monumentales, avec par exemple le projet “Nomiya” sur le toit du Palais de Tokyo, nous revient cette fois-ci avec une lumineuse retranscription de données scientifiques.

 

 

Telle une aurore boréale sans fin, Laurent Grasso a choisi de retranscrire dans cette œuvre les données recueillies par le CNES sur l’activité des vents solaires. C’est de cette retranscription subjective qu’on peut être amené à méditer sur la cohérence réfléchie et heureuse entre une architecture et une œuvre créative in situ. Leur mariage peut permettre d’animer le paysage urbain (voir ici industriel), de l’emplir de grâce. Quand la construction, répondant avant-tout à des besoins fonctionnels, ne peut répondre au désir des habitants de pouvoir contempler un environnement cohérent, l’artiste peut lui, travailler à la réinventer.

Cette illumination se fait ici via des leds dont la consommation réduite permet d’inscrire l’oeuvre dans une démarche éco-responsable. Le jeu rythmé des variations de teintes saturées nous propulse dans un XXIème siècle tel qu’il était postulé par les dessinateurs et les réalisateurs du XXème. L’architecture des silos eux-mêmes, qu’on doit au bureau d’architecte Ballus+Vialet (à noter les très inventifs bureaux surélevés qui s’arrondissent à la base des silos), se voit doter d’une dimension complémentaire; le mapping de lumière de SolarWind nous laisse rêver à une base spatiale, s’élevant seule sur une planète hostile et faisant paisiblement front aux éléments.

Découvrez les impressions étranges et irréelles de cette installation qui s’élèvera désormais dans la nuit, telle une sublime énigme.

Solarwind: Les Silos rencontrent Laurent Grasso

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

 

Rien ne vaut une video pour se faire une idée de cette oeuvre alors on vous en a concocté une petite rapidement, enjoy!

 

Pour garder la tête dans les étoiles: le site du CNES https://cnes.fr/fr

Crédits texte et photos: NephilimK

 

Remerciements à l’Agence Pierre-Laporte pour l’organisation de l’avant-première (celle-ci se déroulait dans des locaux surélevés et donc idéalement localisés pour les prises de vue)

Une expo en entrée libre? Climats Artificiels à la Fondation EDF

En plein débat sur le climat et faisant écho à la future conférence Paris climat 2015, l’espace de la Fondation EDF nous invite à réfléchir aux conséquences de l’homme sur son environnement à travers son exposition “Climat artificiels”.

Au travers du regard de divers auteurs, nous plongerons avec poésie dans le lugubre de notre avenir. L’exposition se situe dans une ancienne sous-station électrique au cœur du VIIe arrondissement de Paris (photo de la porte ?) qui accueille depuis toujours des expositions traitant du rapport de l’homme à la nature.

 

 

L’exposition se compose de trois salles avec des thématiques différentes. L’arrivée se fait sur le thème de l’eau : nous pouvons apercevoir diverses œuvres traitant de l’eau comme, par exemple, le « Condensation Cube »  de Hans Haacke qui met en scène de manière perpétuelle le mouvement de condensation de l’eau. Cloudscapes, l’installation centrale de l’architecte japonais Testuo Kondo, nous permet de traverser un nuage dont la composition reproduit celle de nos chers cumulo-nimbus mais les deux œuvres les plus envoûtantes sont sans conteste « La mer » de Ange Leccia et « Présage » de Hicham Berrada .

 

 

Tenant le premier plan, Ange Leccia, pionnier de l’art vidéo français, va mettre en œuvre le mouvement des vagues en bousculant la perspective. Un mouvement vertical se substitue au mouvement horizontal, bouleversant nos habitudes de mise en scène du mouvement. Et l’écume ainsi imagée de créer un espace qui se meut et se défait de manière immuable et poétique nous faisant regarder un paysage d’une autre manière.
En tant qu’insulaire, les éléments de la nature, leur force et leurs mystères sont au centre des recherches de cet artiste. Une fois de plus un écho à l’esthétique nippone nous rappelle que les ponts sont nombreux entre la Corse et le Japon. Vous pouvez découvrir dans un article précédent la collaboration entre l’artiste Yujin Suzuki et Les Corsettes qui mettait justement à l’honneur cette connivence insulaire.

La deuxième œuvre à retenir notre attention est celle de l’artiste Hicham Berrada, « Présage ». De formation scientifique, il va recréer des écosystèmes en atelier et les laisser ensuite évoluer, utilisant dans son laboratoire des mécaniques physiques et chimiques pour rejouer les métamorphoses et mutations de la Nature. De là se dégage un sentiment de beauté et de calme, le tout baignant dans la pénombre de l’installation. Un régal.

 

 

La deuxième partie de l’exposition laisse davantage de place au numérique et a pour thématique les catastrophes ordinaires, c’est-à-dire les calamités, naturelles ou non, telle que l’œuvre de Cécille Beau et Nicolas Mongermont, « Sillage » qui met en scène de manière visuelle et auditive un tremblement de terre. Petit coup de cœur pour Adrien Missika et sa « porte de l’enfer » qui signe là une œuvre onirique qui nous transporte dans un lieu bien insolite : le cratère de Darzava.

 

 

L’étage, quant à lui, est consacré à l’état de notre ciel. Davantage plastique, vous pourrez observer la somptueuse gravure sur verre de Charlotte Charbonnel ou bien l’installation « Village Green » de Vaughn Bell : une sympathique petite biosphère dans laquelle nous pouvons plonger nos têtes, ironisant sur notre besoin de dompter la nature et d’en être le garant. Une petite pensée aussi pour l’artiste Pavel Pepperstein qui parvient à nous subjuguer avec son travail sur les aquarelles, mêlant couleurs et typographie dans des toiles mélancoliques sur la présence de l’homme sur terre.

 

 

L’exposition est bien faite, et se laisse explorer sans désagrément, un peu brève peut-être. Si vous ne savez pas quoi faire de votre dimanche, allez donc vous perdre dans un de leurs nuages tant il est grisant de faire du beau avec quelque chose de si inquiétant .

 

 

“Climats artificiels” Fondation EDF

Adresse: 6 rue Récamier 75007 Paris
Accès Métro: Saint Germain des Près, Sèvres-Babylone
Du mardi au dimanche de 12h à 19h

4 octobre 2015 au 28 février 2016

 

Entrée libre

 

Crédits texte: Ghjulia
Crédits photos: Nephi

 

Découverte! C’est quoi Fashion Scout?

Le monde de la mode est toujours en mouvement, qu’il aille de l’avant ou qu’il tourne en rond, qu’il nous ennuie puis nous émerveille, il se veut élitiste pour mieux entretenir le rêve. Les Corsettes sont des gourmandes, et si elles s’intéressent aux tendances, et à ce que la mode peut avoir de pointu ce n’est pas par snobisme. Nous adulons la beauté c’est un fait. Si le monde des apparences vous désintéresse, laissez-lui une dernière chance de vous captiver. Notre magazine n’est pas une revue de mode à but lucratif. Nous cherchons toujours à aller au-delà de la surface, là où les trésors se cachent; c’est la seule chose qui nous intéresse.

 

La Fashion Week de Paris s’est achevée il y a peu. En marge des défilés des grands créateurs dont la réputation n’est plus à faire et qui bénéficient d’une excellente visibilité via tous les supports média une quantité d’autres évènements annexes sont boudés par la presse. Voici notre petite découverte de l’année!

 

 

Le showroom Fashion Scout dans le marais

 

Cette année c’est un showroom qui nous a tapé dans l’oeil car il regroupait sous la bannière “Fashion Scout” les étoiles montantes du prêt-à-porter haut-de-gamme répérés dans le monde entier puis plébicités par cet organisme anglais. La plupart de leurs défilés se tiennent donc à Londres. Fashion Scout en est à sa 18ème saison mais sa notoriété bien qu’assise en Angleterre peine à se faire connaître dans l’une des places forte (pour ne pas dire fortifiée) du goût et du stylisme.

 

Paris Paris! Es-tu prête pour les crus Fashion Scout?!!

 

2 constats sur ce showroom parisien:

-une telle quantité de talents venus de divers horizons et regroupés dans un seul et même espace est presque difficile à croire, on est subjugué dès l’entrée par la palette qui s’offre à nous! Vu la jeunesse de ces créateurs, on a hâte de voir ce qu’ils nous réserveront dans les années qui viennent.

-mais second constat: peu (très peu) de visiteurs! Paris bouderait-il les jeunes créateurs? Ou la communication sur l’événement exclusivement anglophone coupe-t-elle les créateurs de possibles contacts de poids? Situé dans le marais les showroom font le buzz les uns après les autres, mais après 2 visites je n’ai croisé dans l’espace aucun francophone.

Une référence en termes d’exigence, Anna Wintour, est très souvent présente lors des défilés Fashion Scout, et fait également acquisitions de pièces. Les prix sont donnés sur demande mais pour la qualité seule des matières, on est souvent agréablement surpris; en effet la jeunesse de ces créateurs laisse envisageable l’acquisition de nombreuses pièces.

Focus sur 2 coups de coeur/découvertes à suivre de très près:

 

PETRA PTACKOVA

 

 

Une volée de cheveux blond, l’œil pétillant, le charme et le mystère des collections de Petra, se retrouve déjà dans sa personne. Aborder ses collections, c’est mettre le pied dans un monde qui joue et déjoue la réalité. Portées, ses créations vous habitent et vous transportent dans un monde qui généralement se dissimule et dont ces vêtements seraient la clef. Les vêtements de Petra suggère un environnement, ils se joue également des sexes.

 

 

La grande majorité de ses pièces peuvent être portées de manière très variée. Une pièce portée par un homme aura un tombé viril pour ne pas dire guerrier, la même pièce resserrée à la taille sera tout à coup très féminine. Certaines de ces créations sont des 2 en un, avec par exemple une seconde veste qui se porte repliée dans le dos. A tout moment les créations de Petra peuvent nous permettre de changer de peau, de réalité, de brouiller les pistes. Et elle a le tact de nous laisser choisir…

 

 

Oh I see twice, la collection de la résilience

La styliste prend son point de départ dans des créations plastiques, des tâches de couleurs en transparence, des coulures tout en verticalité, des motifs se répétant et mutant peu à peu. La collection d’hiver choisit de repousser la couleur, le vêtement se fait armure, carapace. Une jeune fille seule au milieu de la forêt est-elle la proie ou le prédateur? En jouant sur l’imaginaire, Petra engage à la réflexion et devant chacune de ces collections nous nous retrouvons comme devant certaines œuvres plastiques qui plus on les contemple, plus gagne en sens.

 

 

Je vous conseille vivement de faire un tour sur son site qui est une pure merveille ou sur son e-shop qui fait parti du collectif renommé Not just a label.

 

 

INJURY

Injury n’est pas à proprement parlé une étoile montante car la marque a été fondée en 2004 à Sydney (Australie) par Eugene Leung. Repérée plus récemment à la Mercedes-Benz Fashion Week de Sydney puis à celle de Beijing, Injury avec son style très graphique et son usage de matières modernes fait office d’exception au milieu de la création australienne assez décevante de ces dernières années; conséquence logique, les médias internationaux se déplacent de moins en moins à Sydney et c’est tout à l’honneur de Fashion Scout d’avoir pris sous son aile ce petit nouveau qui n’en est plus un, car sans cela nous n’aurions sûrement jamais entendu parlé d’eux!

 

 

La rencontre des 2 créatifs complémentaires

Injury c’est avant-tout la rencontre réussie de 2 univers distincts. D’une part les influences architecturale et organique de Eugene Leung et de l’autre la précision des coupes, la féminité de sa collaboratrice Dan Tse.

Eugene dans son jeune âge ne s’est pas tout de suite orienté vers le stylisme, il commence par étudier avec passion l’architecture et cette influence reste toujours perceptible dans les collections. Il parle parfois de ses pièces comme des habitats, il pense avant tout à la structure pour pouvoir ensuite l’habiller. Le design suit donc un modus operandi qui se rapproche assez de celui de l’architecte qui après avoir posé des bases stables, laisse la main à l’architecture d’intérieur puis au décorateur. Les matériaux qui se modernisent, nous tiennent chaud, des coupes qui nous protège de part leur design propre, tout cela semble la parfaite métaphore de l’habitat transportable. Il faut également ajouter à cela ce soucis de marier des formes, des motifs, des textures aux effets organiques à des matériaux très modernes/techniques qui pour l’instant sont rarement utilisé en ce sens. On pourrait donc continuer ici le parallèle avec l’urbanisme qui fait s’accorder architecture et paysage.

 

 

Si Injury m’a aussi tapé dans l’œil, c’est aussi à cause mon fanatisme du noir (non je n’ai pas du tout un “perfecto complex”! oui bon peut-être…).  Rappelons que le noir, comme le blanc d’ailleurs n’est pas une couleur. C’est pour cela qu’il a cette capacité de sublimer le  moindre détail de couleur qui s’y superpose. Il engouffre, il retient la lumière, et crée des silhouettes qui captive l’oeil. Si vous aimez les contrastes de noir et blanc, ou de noir et de couleurs, Injury vous séduira à coup sûr car la marque ne cesse de rechercher comment sublimer le potentiel de l’obscurité…

 

 

Faites un tour sur le site de TheInjury et dites-moi ce que vous pensez de ce label qui hésite encore à venir tenter l’aventure en France… Après avoir discuté avec leurs dirigeants ils seraient peut-être tenter par l’idée d’un pop-shop sur Paris (si vous ne connaissez pas le concept de “magasin éphèmère” vous pouvez lire notre article sur le sujet). Je pourrais leur remonter vos avis à ce sujet qui auront plus de poids que le mien seul. Un showroom à Ajaccio pourrait aussi être une bonne idée, les rockers de bon goût pourraient y trouver leur compte!

 

 

Ici s’arrête cet aperçu de 2 Fashion Scouters cru 2015. De nombreux autres auraient pu avoir leur place dans cette chronique mais le but était avant-tout de vous faire connaître Fashion Scout pour que vous ne passiez à côté de leur prochain événement; vous pouvez pour cela suivre notre page Facebook pour être convié aux events.

Je tiens  pour finir à rappeler que cet article n’est sponsorisé par aucune marque #libertédelapressesubjective. Le seul sponsor est notre curiosité, nos coups de cœur et le fait que vous nous lisiez! N’hésitez pas à nous laisser des com’ si cet article vous a intéressé, merci merci et à très vite!

 

Remerciements à Marie-Hélène de TheMinimalista pour nous avoir présenté Petra Ptackova

 

 

Crédits texte/photos: @NephilimK

Le projet BD “Popi Blues” avant l’arrivée du Festival BD à Bastia 2015

Le mois de Mars marque les réjouissances annuelles du festival de la BD à Bastia qui révèle les nouveaux talents qu’il serait triste de méconnaître et rend aussi hommage à des icônes.

 

 

Je me rappelle encore avec émotion de l’exposition d’Enki Bilal en 2007 qui nous avait permis de découvrir le virage illustratif de l’auteur avec des œuvres poignantes cherchant à répondre aux possibles interrogations quant au classement de la BD dans les arts mineurs ou majeurs…

Cette reconnaissance de la BD comme un art (même si elle est dite 9ème art depuis 1964) reste toujours un combat dont seuls quelques élus bénéficient. Enki Bilal reste une exception puisque la plupart des auteurs qui remportent cette reconnaissance ne sont plus de ce monde (Hergé reste l’indétrônable figure sacralisée de la BD). J’ai récemment appris que cette expositions des calques d’Enki Bilal que nous avions pu découvrir en avant-première à Bastia (avant même Angoulême ou Paris qui bénéficient généralement de la primauté sur bien des évènements) était le fait de Pascal Orsini. Bien avant les autres, il a choisi de militer pour la reconnaissance de la BD en tant qu’art, et a choisi de faire de Bilal cet artiste-symbole. Commissaire de nombreuses expositions, il a donc propulsé cet auteur de BD au rang d’artiste de renommée internationale et, avec lui, permis d’ouvrir la perspective que nos albums illustrés sagement rangés dans nos bibliothèques pouvaient être le fruit de personnes au génie sous-estimé.

 

 

BD à Bastia, pour cette édition 2015, se déroulera du 26 au 29 mars et je vous invite à aller consulter le programme sur le site du centre culturel Una Volta.

 

Étant dans ma phase BD, je vais pouvoir en profiter pour vous parler d’un projet d’un jeune corse Polobor Risterucci! C’est un auteur de BD talentueux dont j’ai pu découvrir récemment le travail en ligne. Il fait montre d’une maturité étonnante et, voulant soutenir son projet de financement (déjà très bien parti!) visant une publication papier, j’ai voulu qu’il réponde à toutes mes questions pour pouvoir vous faire partager avec justesse son univers. Allez c’est parti pour le monde de Popi Blues!

 

 

L’histoire est une sorte de road movie qui suit 2 protagonistes “échappés” de maison de retraite. Le personnage principal est un vieux monsieur qui, bien qu’ayant été passionné de musique toute sa vie, n’a jamais sauté le pas et osé vivre pleinement sa passion. L’action débute sur un satellite gravitant autour de la lune mais où les pratiques vis-à-vis des personnes âgées sont une projection des pratiques actuelles.

Le héros, Albert, bien qu’encore vaillant, se résigne peu à peu à y finir ses jours, mais la rencontre avec Jeanne fait prendre tout à coup un tournant à sa vie. Cette vieille dame, qui refuse la fatalité à laquelle on les promet, l’embarque avec elle dans une aventure à la Thelma et Louise. Les deux croulants encore verts s’échappent et ouvrent devant eux (et nous lecteurs) le champ des possibles. Avec Jeanne, Albert accède peu à peu à ce sentiment enivrant de liberté, seul l’auteur sait où cela va le mener…

Cette histoire a germé il y a quelques années dans l’esprit de l’auteur mais c’est une version revue et murie qu’il nous offre désormais avec ce titre.

 

 

Polobor Risterucci est originaire de Saint Pierre de Venaco et a passé sa scolarité à Corté puis à Bastia. Depuis tout petit il se passionne pour des auteurs tels que Moebius, Régis Loisel ou encore Frederic Peters. Il ne passe pas un jour sans son carnet de croquis à la main et a partagé avec moi l’anecdote de son exil étudiant sur le continent qui est suffisamment drôle pour que je vous en fasse part à mon tour…

L’été de son BAC, Polo le passe en compagnie de ses amis au village, il pense que ses rêves de BD ne sont pas à sa portée et semble se faire une raison au fil des semaines. Sa mère l’appelle “Mon fils je t’ai inscrit dans une école en Belgique, tu passes l’entretien la semaine prochaine”. C’est ainsi que Polo Risterucci débarque en short le 1er septembre à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Tournai. Reçu au concours d’entrée on lui indique que les cours commencent dans 3 jours… le temps d’acheter pulls et chaussettes en laine!

Si j’ai voulu reporter ici l’histoire de cette arrivée sur le continent c’est qu’elle a aussi une subtile influence sur le thème de son roman graphique en cours. Le regard d’un Corse se porte sur certains détails du vieux continent que seule une personne extérieure peut avoir. Ainsi Polo remarque peu à peu et avec étonnement que les personnes âgées se retrouvent très tôt remisées en maison de retraite, bien avant qu’il ne soit plus possible à leurs familles de s’occuper d’elles. Lui, dont les grands-parents vivent toujours avec sa famille, s’interroge sur toutes ces vies dont on fige définitivement l’essor, ces rêves à peine réalisés, la résignation consentie, les regrets…

 

 

Si graphiquement le style de Polobor Risterucci est clairement celui du roman graphique franco-belge, ses influences principales restent cinématographiques. J’ai déjà cité Thelma et Louise pour son côté road movie mais, plus évidents, il faudra citer les hommages non dissimulés à Blade Runner (encore un film des talentueux débuts de Ridley Scott!). Polo est d’ailleurs souvent surnommé par ses amis “Popi Runner”. Le statut des robots, leur intégration à la société voilà encore des thèmes abordés.

Le scénario est finalisé, et sur les 92 pages prévues, nombreuses sont celles déjà consultables (en voici quelques unes ci-dessous).

 

 

Parce que les grandes maisons d’édition telles que Casterman, Soleil… prennent rarement au sérieux les auteurs sans qu’ils passent par la case auto-édition, j’espère que vous vous joindrez à nous pour soutenir son projet en crowdfunding. La date limite est fixée au 25 mai et le projet est déjà financé à 25%. Avec une participation de 20 euros vous obtenez la version papier, ce qui sera au final très proche du prix de vente de l’album! Et si vous voulez vraiment aider cet auteur, les paliers supérieurs rajoutent des dessins dédicacés, des gravures numérotées, voire même une planche originale pour la plus haute dotation…des collectors que vous pourrez fièrement exposer, d’autant que cet auteur est appelé à une belle et longue carrière vu la passion qui l’anime!

 

 

Lien du financement participatif/crowdfounding

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Si vos finances sont au plus bas, partager cet article sera également une participation notable!

 

Crédit texte: NephilimK

MiniARTextil, un concept d’expo atypique

Les amoureux de la culture vivant ou séjournant à Paris savent bien une chose, pour accéder au dernier évènement en vogue il faut commencer par s’armer de patience. Les files d’attente sont parfois en elles-même d’incongru happening auquel le visiteur se doit de participer bon gré mal gré. Venue de ma petite île et ayant conservé mon côté flegmatique j’avoue portant ne pas parvenir à me plier à cette épreuve du piétinement consenti; peut-être l’engouement des parisiens pour le yoga ou d’autres pratiques de relaxation annexes trouverait-il ici un début d’explication… voilà un excellent thème pour un article d’investigation!

Si vous êtes du même tempéramment que moi, et que vous ne pouvez malgré tout vous passer de votre dose régulière de découvertes culturelles, voici mes 3 astuces:

-pour les musées nationaux et autres structures importantes, ne jamais manquer de consulter leur site qui présente souvent les jours et les heures les plus creuses pour les visites

-acheter ses billets “coupe-file” en ligne en accord avec ces heures

-débusquer sur internet les expositions moins médiatisées qui pourront se révéler être de pur moment de bonheur aussi bien pour leur contenu que par leur accessibilité (ô joie! il n’y a pas de file d’attente… il y a bien une exposition ici?!!)

En ce 2 mars, j’ai choisi de vous parlez de mon exposition coup de coeur correspondant à ce dernier critère.

MiniARTextil se tient jusqu’au 21 mars au Beffroi de Montrouge.  C’est une exposition qui a lieu chaque année courant mars et qui a eu le mérite de me charmer il y a 3 ans et de n’avoir cessé par la suite de m’enthousiasmer. Cette année marque la 11ème édition et est à ce jour la plus réussie sur le plan scénographique.

 

 

MiniArtTextil est une exposition sur le textile contemporain qui a été initiée en 1991 en Lombardie dans la ville de Côme par l’association Arte&Arte. C’est en partenariat avec cette ville que l’exposition ne cesse depuis de se développer (2015 correspondant plutôt donc à la 24ème édition) en s’intéressant à des artistes aux nationalités de plus en plus diversifiées.

Hormis le thème (cette année c’est celui de “Géa” qui signifie la Terre en grec), une contrainte toute particulière est donnée aux artistes participants, celle d’élaborer une petite pièce ne dépassant pas les 20cm3. 54 créations qui mêlent divers matériaux et techniques de tissage sont ainsi présentées dans le cadre d’une scénographie très moderne à l’éclairage bien étudié. Ici on ne prend surtout pas de recul devant les oeuvres, au contraire! Plus on s’approche, plus on s’émerveille devant les détails et la finesse que recèle chaque cm2 , l’étrangeté des matières et les innovations auxquelles on a fait appel; on se questionne sur les techniques, et on se réjouit devant ces ouvrages tissés qui les uns après les autres se dévoilent à ceux qui veulent bien prendre le temps de les observer minutieusement.

Si les miniatures sont le cœur révélateur de cette manifestation, elles ont pour écrin 10 installations textiles dont les proportions paraissent monumentales comparées à la réjouissante petitesse qu’elles enserrent.

Pour vous donner un aperçu voici quelques photos qui peuvent donner une idée de ce que vous pourrez découvrir. Je vous conseille au moins de cliquer sur les photos pour les agrandir, même si mes prises de vue ne font que suggérer les impressions qu’on peut avoir face à elles.

 

De gauche à droite:

Lina Ringeliene “Abloom” (viscères d’animaux, pierres volcaniques)

Monica Hengel “La comucopia di Gea” (soie, cocons de Bombyx Mori, fil métal)

Yoshiko Sashida “Shell IV” (argile, fils, couleurs acryliques)

Hiromi Murotani “Pangaea” (fil et chiffon de coton)

Irina Kolosnikova “Growing up” (organdis et fil métallique)

Sumiko Tasaka “A vessel for share” Prix Arte&Arte 2014 (papier de métal, aluminium, soie)

Frank Connet “Untitled” (cuivre galvanisé et tissu shibori)

 

Evidemment j’ai eu un coup de cœur pour la grande installation centrale du japonais Manabu Hangai “Wonder Forest”. On appréciera les jeux d’ombres créés par cette accueillante forêt mouvante et onirique. Je n’ai pu m’empêcher de me sentir tel un insouciant Totoro dans sa retraite boisée. Ceux qui n’auront pas la même dévotion que moi pour l’oeuvre de Miyazaki pourront avoir des ressentis moins enfantins,  d’ailleurs n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires!

 

 

Autres installations intéressantes, l’immense tenture en fil de coton avec ses inclusions de céramique “Mother” de Junko Imada  (la photo en bannière de l’article n’en montre qu’une partie et je vous conseille fortement de faire un tour sur son site officiel pour en avoir un meilleur aperçu) ou encore les papillons de Patricia Polese “I love you I” qui mêlent fils de métal et tissage en chanvre. Les ajouts de jeux d’ombres liés à la scénographie sont encore ici en parfaite adéquation.  6 galeries sont partenaires de l’évènement avec des oeuvres présentées d’une part au Beffroi et d’autre part dans leur enceinte respective.

Ci-dessous à droite on peut voir un détail de l’oeuvre “Sound of nature” de Noriko Narahira et je vous invite à aller découvrir une autre de ses installations qui joue davantage sur la spatialité à la galerie Yukiko Kawase dans le 11ème. Noriko Narahira qui était présente lors de ma visite au Beffroi a pu me parler de l’une des techniques qu’elle utilise. Avec ces créations tissées, elle offre au visiteur des sensations visuelles qui font écho à la nature, à son caractère changeant et à l’ordre qui naît du désordre.  Pour cela, elle sélectionne avec soin des tissus de coton américain qu’elle choisit pour leurs imprimés à fleurs ou à pois dans des teintes chatoyantes; la torsion va créer de nouveaux motifs, de nouveaux contrastes dans le tissu lui-même puis d’autres nouveaux quand elle les nouera les uns aux autres. L’articulation de tous ces éléments finit par créer un tout très vivant et plein d’harmonie.

 

 

De nombreuses autres découvertes vous attendent, alors j’attends vos retours. Vous pouvez  prolonger la visite avec un parcours hors-les-murs. Cette année une visite guidée dans les fondations participantes de la Cité Universitaire est aussi proposée. La prochaine aura lieu le 14 mars à 16h. J’ai participé à celle du 28 février et je rédige un article à ce sujet. Par la suite je pourrais peut-être vous parlez  également de ce lieu encore peu connu des parisiens qu’est le Beffroi situé à 200 mètres des limites de la capitale. Pour ceux qu’un exil temporaire de Paris effraierait, il faut noter que la sortie du M4 “Mairie de Montrouge” y donne directement accès:)

 

 

MiniARTextil  “GEA” 11ème édition

Adresse et horaires:

Beffroi- Montrouge- 2 place Emile Cresp

Du 27 février au 21 mars 2015

Ouvert tous les jours de 12h à 19h

Détail parcours Hors-les-murs

Entrée libre

 

Remerciements à Andrea Volpi et à Andrea Ponsini commissaire de l’exposition

 

Crédits photos et texte: NephilimK

Investigation! Les “pop-up stores” c’est quoi?!

Ce n’est pas le printemps? Qu’à cela ne tienne! Depuis plus d’un an les “pop-up stores” ou magasins éphémères fleurissent dans les ruelles de Paris. Il y a peu de temps encore, mon avis était mitigé au regard de ce qui semblait être un simple effet de mode. En effet tous les ingrédients paraissaient être réunis pour appâter le petit pigeon bobo toujours en manque de beaux endroits où montrer sa personne bien faite en sortant de chez son meilleur ami le barbier… Cependant le phénomène persistant, me voilà bien obligée de m’intéresser un peu plus sérieusement à ce concept  et je dois avouer que depuis peu je serais presque devenue une militante! Plus de pop-up siouplé!

Partons du principe qu’il n’y rien de plus déprimant que les grandes avenues interchangeables des mégalopoles, où le choix  pour faire quelques emplettes se limite de plus en plus aux grandes chaînes (dont les collections monotones contentent tout le monde et personne à  la fois). Je ne parlerais même pas des méthodes de fabrication, l’unique objectif étant de maximiser les marges en s’asseyant toujours un peu plus sur les droits fondamentaux des employés de leurs usines; et nous voilà nous aussi, pauvres consommateurs, forcés de regarder ailleurs honteusement…

C’est là que le concept du pop-up store prend tout son sens!

L’alternative aux grandes marques peut se trouver assez facilement sur internet mais il reste difficile de s’y faire connaître. Avoir son propre magasin à l’année est une option que les petites marques peuvent rarement se permettre en particulier dans une ville telle que Paris où les loyers sont excessifs.

Grâce aux pop-up j’ai pu découvrir cette année toutes sortes de créateurs talentueux dans des domaines très divers. Un évènement ’boutique éphémère’ peut durer de quelques jours à quelques mois, mais cela permet de faire des découvertes, de pouvoir rencontrer des gens qui aiment ce qu’ils font, d’avoir facilement une traçabilité sur les méthodes de création… au lieu de la pulsion d’achat on retrouve un plaisir durable dans le fait d’acquérir quelque chose de qualité. Dans un même lieu se succèdent au fil des mois toutes sortes d’univers, certains m’interpellent, d’autres moins; qu’à cela ne tienne puiqu’ils ont au moins toujours le mérite de sortir de l’ordinaire!

En parlant d’ordinaire j’ai justement choisi un parfait exemple de pop-up à l’opposé du mainstream pour que vous puissiez vous faire une idée de ce que ce genre d’event peut réserver comme surprise…

 

 

Au détour d’une ruelle à 2 pas du boulevard Saint Germain, Miki Enomoto propose depuis quelque temps déjà un espace dédié aux créateurs en mal de boutique. Elle aide également à la mise en place avec ce soucis du détail qui fait le charme des japonaises.  Mardi dernier avait donc lieu le vernissage du nouveau pop-up qui se tiendra jusqu’à fin mars…

Plongée dans un univers tendre et décalé, découverte du style romantique “lolita”.

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A 17h, une heure parfaite pour boire le thé et manger quelques gâteaux j’arrive donc devant la boutique et déjà je me sens aspiré dans un autre monde. Derrière une vitrine joliment agrémentée, de très nombreuses jeunes filles conversent le sourire aux lèvres. Elles ont toutes mis un soin tout particulier à leur toilette et  portent toutes des robes très bien finies, avec de nombreux rubans, détails en dentelle, des bijoux et accessoires de cheveux; le style ‘lolita’ qui est arrivé depuis le Japon jusque dans nos contrées il y a maintenant une dizaine d’année respecte quelques codes mais laisse aussi un grande place à la créativité. Hormis cela, le charme principal de ce style est je pense de se créer un univers bien à soi, et de partager des moments hors du temps; les jeunes femmes se comportent avec élégance et retenu, et portent avec fierté une tenue longuement réfléchie tout en admirant celles de leurs compagnes.

Cette petite réception était l’occasion de découvrir les nouvelles créations des 5 stylistes qui prenaient leur marque dans la boutique.

 

 

Ces designers ont pour point commun le “hand-made“. La qualité des matières correspond à du haut-de-gamme et les prix au regard de la qualité sont tout à fait raisonnables. Avec un peu de chance une création sera à votre taille mais si ce n’est pas le cas, une autre pièce pourra être créée suivant des mensurations exactes et rarement avec un surcôut. Si le total look est assez difficile à porter dans la vie de tous les jours, on aura certainement plaisir à se glisser dans une petite robe parfaitement coupée avec une étoffe de bonne tenue; les sautoirs de perle ou encore les pendentifs à inclusion pourront même être portés sur une tenue de working girl.

Autre point commun de ces stylistes, c’est qu’ils ne nous viennent pas du Japon mais bien de toute l’Europe!

Shinku Rose vient d’Angleterre, ses créations phares sont des petits chapeaux à l’aspect victorien ou encore des création plus décalées comme le mix couronne/cage à oiseau à porter de préférence incliner sur la chevelure. On retrouve également des cols en fourrure, parfait pour se sentir au chaud même en robe.

 

 

CloudBerry Lady est axé principalement sur la conception de robes aux coupes romantiques qui charmeront divers styles de lolita (et oui il y a de nombreuses branches dans ce style!). Les romantiques mais aussi les guro lolitas pourront apprécier la qualité des imprimés qui sont nés d’une collaboration entre la styliste de la marque et l’illustratrice Minna Ainoan.  Sirènes ou insectes, les teintes restent douces. Ces créations partent souvent pour le Japon, ou  L’atelier Pierrot les propose aux tokyoites connaisseuses. Plus abordables justement, on pourra succomber pour des créations réalisées avec des tissus importés du Japon (mention spéciale pour les jupes dont les motifs Alice au pays des merveilles sont un plaisir des yeux!).

 

 

Medusa Couture est une marque Suisse; la styliste Mara a une prédilection pour les étoffes épaisses qui se marient parfaitement aux cols en fourrure de Shinku Rose (mention spéciale pour ses robes à imprimé livresque!)

 

 

En continuant notre tour d’Europe, nous voici en Allemagne avec Li-Paro et ses pendantifs à inclusion  d’une rare finesse et qui remportaient déjà au cours du vernissage beaucoup de succès. J’ignore s’il en reste encore, mais il est toujours possible de passer commande au magasin jusqu’au 10 mars.

Ergi quant à elle vient de Suède et présentait ses bonnets de fourrures, blanc à  petites oreilles pointues de chat ou à grandes oreilles de lapin (porté ici par la supa cute Miyu) Pour un cadeau ultra kawai en plein hiver, les créations d’Ergi sont sûrement les plus en accord avec la saison, tout comme le sont les cols de Shinku Rose!

 

 

En plus des 5 stylistes, on pouvait découvrir le travail de l’illustratrice digital finlandaise Sirkku Tuomela. Travaillant aussi bien dans le game-design que dans la BD, ces illustrations sont encadrées dans le style rococo qui pourrait être du meilleur effet posées sur une coiffeuse.

 

Ce pop-up store ne vous tente pas? Evidemment chaque événement a sa particularité et n’est de toute façon pas censé intéresser tout le monde mais sachez que Paris regorge de pop-up de toutes sortes et qu’internet est le meilleur endroit pour trouver les informations pour débusquer des pop store en cours dans les thèmes qui vous intéressent (musique, fooding, mobilier design.. et parfois un joyeux mix de tout ça!)

La prochaine fois que vous montez faire les boutiques à Paris, cherchez les pop-up! Vous ne le regretterez pas et vous aurez au minimum une bonne anecdote à raconter:)

 

Pop-Up Store “Les filles Frou Frou”

Du 24 février au 10 mars

 

Guiq’Chaq (local pour pop-up store, quartier Saint Germain)

3 rue Mazet 75006 Paris

Métro Odéon

TEL: 01 43 26 78 55

 

 

Crédits texte et photos: NephilimK

Que faire un samedi soir à Paris?

Ou l’acte I de l’art de choisir au lieu de laisser Google le faire pour vous.

Paris la nuit fait rêver les pérégrins, transporte les amants et réveille les passants.

Paris la nuit, c’est un compromis du Spleen et de l’Idéal, un carrousel qui vous traine et vous emmène jusque dans les lymbes, le temps d’une danse ou de toute une nuit.

La foule se presse dans les rues, les trains filent, défilent; le soleil est chassé par les nuances de gris qu’offre le ciel et le froid nous saisit. Pour lutter contre la solitude, un lieu offre son intimité, comme une alcôve flamboyante qui se veut rassurante. Le Maria Magdalena.

Les frères Maselli importent le nom de Bali et apportent la touche mediterranéenne suffisante pour charmer nos grâces. Entre charme oriental et décadence parisienne, le pari était risqué mais le résultat est sans conteste convaincant.

La magie du lieu est notament due aux livres qui tapissent le plafond de Dorothée FLAGEOLLET et aux petits papier, non pas de riz et d’Arménie mais signés Marjorie COLAS, qui ornent la partie restaurant et intronisent une atmosphère merveilleuse.

Pour plus d’informations sur Dorothée FLAGEOLLET et Marjorie COLAS: http://dorotheeflageollet.com/dorotheeflageollet/Accueil.html

http://www.marjoriecolas-shop.com/

“Le harem du sultan”, un nom de cocktail évocateur, des saveurs qui éveillent nos sens et nous offrent une palette de sapidités délicieuse. Les ornements décoratifs ajoutés à une lumière tamisée offrent aussi bien une table de choix pour dîner qu’un bar pour flâner. En témoigne l’adage inscrit: “Ici, on ne boit pas, on cotoie les anges.”

Parce que le mystère attire indéniablement les curieux, je vous laisserai constater par vous-même l’ambiance particulière de l’étage du bas. Le concept est innovant, original et presque provocateur lorsque l’on se rappelle qui est Marie-Madeleine dans les traditions chrétiennes.

Mais soyons francs, l’ambivalence nous plait, les extrêmes sont le reflet de nos ressentis enfouis et le Maria Magdalena, l’occasion de les exprimer…

“Et qu’est ce que la liberté d’expression? Sans la liberté d’offenser, elle cesse d’exister.”

Je vous laisse méditer sur cette affirmation d’un auteur que j’affectionne particulièrement, dont je vous dévoilerai le nom bientôt, peut-être…

Photos

Adresse et accès:

Maria Magdalena

41, rue La Rochefoucault

75 009 Paris

Ouvert du mardi au samedi de 19h00 à 5h00

Métro Saint-Georges ligne 12, Pigalle ligne 2 et 12 ou Blanche ligne 2