Découverte! C’est quoi Fashion Scout?

Le monde de la mode est toujours en mouvement, qu’il aille de l’avant ou qu’il tourne en rond, qu’il nous ennuie puis nous émerveille, il se veut élitiste pour mieux entretenir le rêve. Les Corsettes sont des gourmandes, et si elles s’intéressent aux tendances, et à ce que la mode peut avoir de pointu ce n’est pas par snobisme. Nous adulons la beauté c’est un fait. Si le monde des apparences vous désintéresse, laissez-lui une dernière chance de vous captiver. Notre magazine n’est pas une revue de mode à but lucratif. Nous cherchons toujours à aller au-delà de la surface, là où les trésors se cachent; c’est la seule chose qui nous intéresse.

 

La Fashion Week de Paris s’est achevée il y a peu. En marge des défilés des grands créateurs dont la réputation n’est plus à faire et qui bénéficient d’une excellente visibilité via tous les supports média une quantité d’autres évènements annexes sont boudés par la presse. Voici notre petite découverte de l’année!

 

 

Le showroom Fashion Scout dans le marais

 

Cette année c’est un showroom qui nous a tapé dans l’oeil car il regroupait sous la bannière “Fashion Scout” les étoiles montantes du prêt-à-porter haut-de-gamme répérés dans le monde entier puis plébicités par cet organisme anglais. La plupart de leurs défilés se tiennent donc à Londres. Fashion Scout en est à sa 18ème saison mais sa notoriété bien qu’assise en Angleterre peine à se faire connaître dans l’une des places forte (pour ne pas dire fortifiée) du goût et du stylisme.

 

Paris Paris! Es-tu prête pour les crus Fashion Scout?!!

 

2 constats sur ce showroom parisien:

-une telle quantité de talents venus de divers horizons et regroupés dans un seul et même espace est presque difficile à croire, on est subjugué dès l’entrée par la palette qui s’offre à nous! Vu la jeunesse de ces créateurs, on a hâte de voir ce qu’ils nous réserveront dans les années qui viennent.

-mais second constat: peu (très peu) de visiteurs! Paris bouderait-il les jeunes créateurs? Ou la communication sur l’événement exclusivement anglophone coupe-t-elle les créateurs de possibles contacts de poids? Situé dans le marais les showroom font le buzz les uns après les autres, mais après 2 visites je n’ai croisé dans l’espace aucun francophone.

Une référence en termes d’exigence, Anna Wintour, est très souvent présente lors des défilés Fashion Scout, et fait également acquisitions de pièces. Les prix sont donnés sur demande mais pour la qualité seule des matières, on est souvent agréablement surpris; en effet la jeunesse de ces créateurs laisse envisageable l’acquisition de nombreuses pièces.

Focus sur 2 coups de coeur/découvertes à suivre de très près:

 

PETRA PTACKOVA

 

 

Une volée de cheveux blond, l’œil pétillant, le charme et le mystère des collections de Petra, se retrouve déjà dans sa personne. Aborder ses collections, c’est mettre le pied dans un monde qui joue et déjoue la réalité. Portées, ses créations vous habitent et vous transportent dans un monde qui généralement se dissimule et dont ces vêtements seraient la clef. Les vêtements de Petra suggère un environnement, ils se joue également des sexes.

 

 

La grande majorité de ses pièces peuvent être portées de manière très variée. Une pièce portée par un homme aura un tombé viril pour ne pas dire guerrier, la même pièce resserrée à la taille sera tout à coup très féminine. Certaines de ces créations sont des 2 en un, avec par exemple une seconde veste qui se porte repliée dans le dos. A tout moment les créations de Petra peuvent nous permettre de changer de peau, de réalité, de brouiller les pistes. Et elle a le tact de nous laisser choisir…

 

 

Oh I see twice, la collection de la résilience

La styliste prend son point de départ dans des créations plastiques, des tâches de couleurs en transparence, des coulures tout en verticalité, des motifs se répétant et mutant peu à peu. La collection d’hiver choisit de repousser la couleur, le vêtement se fait armure, carapace. Une jeune fille seule au milieu de la forêt est-elle la proie ou le prédateur? En jouant sur l’imaginaire, Petra engage à la réflexion et devant chacune de ces collections nous nous retrouvons comme devant certaines œuvres plastiques qui plus on les contemple, plus gagne en sens.

 

 

Je vous conseille vivement de faire un tour sur son site qui est une pure merveille ou sur son e-shop qui fait parti du collectif renommé Not just a label.

 

 

INJURY

Injury n’est pas à proprement parlé une étoile montante car la marque a été fondée en 2004 à Sydney (Australie) par Eugene Leung. Repérée plus récemment à la Mercedes-Benz Fashion Week de Sydney puis à celle de Beijing, Injury avec son style très graphique et son usage de matières modernes fait office d’exception au milieu de la création australienne assez décevante de ces dernières années; conséquence logique, les médias internationaux se déplacent de moins en moins à Sydney et c’est tout à l’honneur de Fashion Scout d’avoir pris sous son aile ce petit nouveau qui n’en est plus un, car sans cela nous n’aurions sûrement jamais entendu parlé d’eux!

 

 

La rencontre des 2 créatifs complémentaires

Injury c’est avant-tout la rencontre réussie de 2 univers distincts. D’une part les influences architecturale et organique de Eugene Leung et de l’autre la précision des coupes, la féminité de sa collaboratrice Dan Tse.

Eugene dans son jeune âge ne s’est pas tout de suite orienté vers le stylisme, il commence par étudier avec passion l’architecture et cette influence reste toujours perceptible dans les collections. Il parle parfois de ses pièces comme des habitats, il pense avant tout à la structure pour pouvoir ensuite l’habiller. Le design suit donc un modus operandi qui se rapproche assez de celui de l’architecte qui après avoir posé des bases stables, laisse la main à l’architecture d’intérieur puis au décorateur. Les matériaux qui se modernisent, nous tiennent chaud, des coupes qui nous protège de part leur design propre, tout cela semble la parfaite métaphore de l’habitat transportable. Il faut également ajouter à cela ce soucis de marier des formes, des motifs, des textures aux effets organiques à des matériaux très modernes/techniques qui pour l’instant sont rarement utilisé en ce sens. On pourrait donc continuer ici le parallèle avec l’urbanisme qui fait s’accorder architecture et paysage.

 

 

Si Injury m’a aussi tapé dans l’œil, c’est aussi à cause mon fanatisme du noir (non je n’ai pas du tout un “perfecto complex”! oui bon peut-être…).  Rappelons que le noir, comme le blanc d’ailleurs n’est pas une couleur. C’est pour cela qu’il a cette capacité de sublimer le  moindre détail de couleur qui s’y superpose. Il engouffre, il retient la lumière, et crée des silhouettes qui captive l’oeil. Si vous aimez les contrastes de noir et blanc, ou de noir et de couleurs, Injury vous séduira à coup sûr car la marque ne cesse de rechercher comment sublimer le potentiel de l’obscurité…

 

 

Faites un tour sur le site de TheInjury et dites-moi ce que vous pensez de ce label qui hésite encore à venir tenter l’aventure en France… Après avoir discuté avec leurs dirigeants ils seraient peut-être tenter par l’idée d’un pop-shop sur Paris (si vous ne connaissez pas le concept de “magasin éphèmère” vous pouvez lire notre article sur le sujet). Je pourrais leur remonter vos avis à ce sujet qui auront plus de poids que le mien seul. Un showroom à Ajaccio pourrait aussi être une bonne idée, les rockers de bon goût pourraient y trouver leur compte!

 

 

Ici s’arrête cet aperçu de 2 Fashion Scouters cru 2015. De nombreux autres auraient pu avoir leur place dans cette chronique mais le but était avant-tout de vous faire connaître Fashion Scout pour que vous ne passiez à côté de leur prochain événement; vous pouvez pour cela suivre notre page Facebook pour être convié aux events.

Je tiens  pour finir à rappeler que cet article n’est sponsorisé par aucune marque #libertédelapressesubjective. Le seul sponsor est notre curiosité, nos coups de cœur et le fait que vous nous lisiez! N’hésitez pas à nous laisser des com’ si cet article vous a intéressé, merci merci et à très vite!

 

Remerciements à Marie-Hélène de TheMinimalista pour nous avoir présenté Petra Ptackova

 

 

Crédits texte/photos: @NephilimK